09/09/2026
Sauvons le Gobra !
Le Gobra est un zébu sénégalais que l’on retrouve principalement dans les zones pastorales et sylvo-pastorales, notamment dans le Nord et le centre du pays. Cette race très rustique se distingue par sa remarquable résistance aux conditions climatiques difficiles et sa grande capacité d’adaptation aux changements de son environnement. Le Gobra compte parmi les plus grandes races bovines d’Afrique. Il possède d’excellentes aptitudes bouchères, avec un gain moyen quotidien (GMQ) de 600 à 1000 g et un rendement en carcasse oscillant entre 55 et 65 %. Il assure ainsi la plus grande part de l’offre en viande bovine au Sénégal.
Pourtant, cette belle race, prolifique, robuste et particulièrement adaptée à la transhumance, est aujourd’hui menacée de disparition pour trois raisons principales :
1. La raréfaction des pâturages, qui se rétrécissent d’année en année sous l’effet de l’extension des exploitations agricoles, de l’urbanisation galopante et surtout des feux de brousse, souvent difficiles à maîtriser.
2. La reproduction trop lente, liée à la sous-alimentation, à la consanguinité et surtout à l’absence d’une véritable sélection des meilleures vaches.
3. Le croisement avec des races étrangères, qui constitue sans doute l’une des plus grandes menaces pour le Gobra. L’amélioration génétique est une nécessité pour répondre à la demande croissante en lait et en viande. Mais elle doit être rigoureusement encadrée. Les croisements tous azimuts, sans objectifs clairement définis, risquent à terme d’effacer nos races locales.
À côté des programmes d’amélioration génétique, qui doivent être encadrés et contrôlés, il faut donc préserver le Gobra, une race parfaitement adaptée à nos réalités climatiques, écologiques et socioculturelles, à la transhumance et, plus largement, à l’équilibre de nos écosystèmes.
Abou Kane