14/08/2026
En 2011, le magazine allemand DOGS – Europas bestes Hundemagazin publie « Urhund », un reportage de Philip Alsen , photographié par Debra Bardowicks , réalisé directement au Maroc auprès des populations pastorales et de leurs chiens.
Les auteurs décrivent des chiens autochtones très divers par leur taille, leur robe et leur morphologie. Ils précisent :
« Ihre Größe variiert von kniehoch bis zu 65 Zentimeter. »
Soit une taille pouvant atteindre 65 cm dans le contexte pastoral traditionnel, sans sélection moderne orientée vers la grande taille. Le fait que certains sujets issus de sélection puissent aujourd’hui dépasser 70 cm montre également que le potentiel de grande taille existe dans cette population.
Mais la donnée essentielle est la diversité.
Cette diversité était déjà décrite historiquement chez les chiens des transhumants du Maroc central. Dans L’Habitation chez les transhumants du Maroc central, on lit :
« Les chiens sont des gardiens sûrs et vigilants […] Ils sont de toutes races, de toutes tailles et de tous poils. »
Cette observation est capitale : la diversité des chiens gardiens marocains n’est pas une invention récente ni nécessairement le signe d’une dégradation du type. Elle appartient à l’histoire même des populations pastorales.
Des tailles, ossatures, robes et pelages différents permettent à une population fonctionnelle de conserver un éventail plus large de caractères et de capacités d’adaptation. Ce qui réunissait ces chiens n’était pas une uniformité esthétique absolue, mais leur fonction : garder, surveiller, résister au milieu et accompagner les populations pastorales.
C’est précisément notre conception d’un élevage responsable : sélectionner sans uniformiser.
L’uniformité visuelle peut donner une impression trompeuse d’« authenticité ». Lorsqu’une préférence esthétique particulière finit par être considérée comme l’unique type correct, elle peut conduire à utiliser excessivement certaines lignées et à appauvrir progressivement la diversité génétique.
Préserver l’Aïdi, ce n’est pas fabriquer des copies conformes. C’est préserver sa rusticité, sa fonctionnalité, sa santé et la diversité qui constitue son patrimoine vivant.