13/10/2026
Un jour, sûrement. Je ne sais pas si je l’attends avec impatience. Je ne sais même pas s’il arrivera, à moins de ne plus être là. Certains jours, je me dis qu’il ne viendra jamais, d’autres, je me surprends à penser : « Pourvu qu’il arrive vite. »
Les chiens, eux, ne m’ont apporté que du bonheur : qu’ils m’aient ignoré d’emblée, qu’ils aient voulu partager avec moi leurs folies, leurs jeux, leurs câlins, ou qu’ils aient souhaité vouloir me dévorer tout cru, ils sont tous devenus mes amis dans la finalité.
Pendant des décennies, je n’ai connu que du plaisir à travailler avec les chiens, leurs maîtres et leurs maîtresses, ainsi qu’avec tous ceux qui exerçaient le même métier que moi, professionnels ou bénévoles dans les clubs. On travaillait, on s’entraidait, on partageait et on avançait. Les disputes étaient rares et, de toute façon, ne duraient pas. Il y avait bien quelques cas isolés, mais ils étaient loin de représenter la majorité. Les gens se respectaient, même lorsqu’ils n’étaient pas d’accord.
Aujourd’hui, c’est l’inverse. Heureusement, il reste beaucoup de personnes sensées. Mais ce qui me désespère, c’est le nombre de comportements que je juge aberrants dans ce métier, bien loin de la passion du chien. C'est aussi des convictions et des pensées qui m'apparaissent souvent comme des éléments psychotiques.
Bien sûr, on me demandera ce que signifie « être normal ». Alors regardons les résultats. Nous sommes en 2026 : si la profession avait évolué dans le bon sens et si ceux qui prétendent la révolutionner sont sur la bonne voie, assisterions-nous à une telle flambée des abandons, à des associations de protection animale saturées et incapables d’accueillir davantage de chiens ? Si les façons de penser de nos « sachants du chien actuels » allaient dans la bonne direction, pourquoi les euthanasies augmenteraient-elles ? Puisque nous parlons de normalité, ces chiffres devraient logiquement baisser de façon régulière. Or, c’est loin d’être le cas.
Je vois déja quelques personnes dont le poil s’herisse. Alors petite précision. L’éducation n’est pas seule fautive. Mais elle y apporte sa contribution.
Les échanges ont disparu. Il n’y a presque plus de volonté de transmettre, de montrer ou d’apprendre les uns des autres. Nous vivons dans une forme d’anarchie où l’on a l’impression qu’il ne reste que deux camps antagonistes.
Alors oui, un jour, peut-être, je laisserai tous ces émeutiers s’injurier et ne penser qu’à eux. Ce jour viendra sans doute. Et peut-être sera-t-il, pour moi, un jour de fête.
Dans cette cacophonie destructrice actuelle, ce sera un jour de fete.
Cordialement. Hervé Pupier