18/06/2026
Ce post explique tout : les approches frontales sont très souvent stressantes pour les chiens. Beaucoup réagissent en conséquence pour se faire entendre : charger, aboyer, taper des pattes etc
Ils ne sont pas mal éduqués
Ils ne sont pas agressifs
Ils sont stressés, douloureux, ils communiquent entre eux pour éviter une rencontre trop brusque et intrusive.
Mais l'humain ne le voit pas, et force les choses, alors certains prennent sur eux mais d'autres explosent, et c'est normal !
Pensez à nous, pensez aux autres, pensez aux chiens
J'ai encore trop souvent de mauvaises expériences avec mes groupes
Ça ne coûte rien de se décaler, de garder ses distances, d'attendre que quelqu'un passe au lieu s'engager sur un chemin étroit et s'imposer.
Si je suis capable de le faire avec parfois plus de 150kgs de chiens, qui peuvent bloquer, fixer, charger et aboyer, je pense que vous aussi 🙂
Aujourd’hui, on va parler d'un p'tit sujet pas Ouf du tout...
Les croisements en balade… et les comportements qui en découlent
Beaucoup de gardiens se questionnent parce que leur chien réagit lors des rencontres : aboiements, tensions en laisse, charges, évitements… Et très souvent, ces comportements sont perçus comme un problème venant du chien.
Mais si on replace les choses dans leur contexte, la lecture change.
Les environnements dans lesquels on promène nos chiens jouent un rôle énorme. Parcs très fréquentés, sentiers étroits, pistes cyclables, chemins balisés… Ce sont des lieux où les trajectoires sont contraintes, où l’on a peu de marge de manœuvre.
Or, les chiens, eux, ne sont pas faits pour se rencontrer de cette façon.
Les observations en éthologie montrent qu’ils privilégient des approches en courbe, avec des ajustements progressifs de distance, des évitements, des détours. Tout un ensemble de stratégies qui permettent de réduire la tension et de communiquer sans conflit.
À l’inverse, les croisements frontaux, ceux qu’on impose, souvent en laisse, sont perçus comme intrusifs, voire menaçants.
Sur le plan neurobiologique, cela peut activer l’amygdale, impliquée dans la détection du danger, et entraîner une réponse émotionnelle forte, avec notamment une augmentation du cortisol.
Autrement dit, le chien ne « surréagit » pas. Il s’adapte à une situation qu’il perçoit comme risquée.
Ses comportements (aboyer, tirer, figer, fuir ou charger) sont des réponses cohérentes dans un contexte qui ne lui permet pas d’utiliser ses stratégies naturelles.
Ce que ça implique pour nous, en tant que gardiens, c’est d’anticiper davantage ces situations :
- observer l’environnement en amont
- créer de la distance dès que possible
- privilégier les trajectoires en courbe
- se décaler, contourner, faire demi-tour si nécessaire
Et aussi… prendre en compte notre propre état émotionnel.
Parce que oui, quand on appréhende un croisement, qu’on se crispe, qu’on anticipe « la réaction », le chien le perçoit. Et cette tension peut influencer sa propre lecture de la situation.
Finalement, beaucoup de chiens que l’on qualifie aujourd’hui de « réactifs » étaient, au départ, parfaitement à l’aise. C’est souvent la répétition de situations inadaptées, associée à une méconnaissance de leurs besoins et de leurs signaux, qui les sensibilise progressivement.
Là où on aurait pu simplement adapter l’environnement et les trajectoires, on se retrouve ensuite à devoir mettre en place des protocoles de désensibilisation.
Mieux comprendre le chien en amont, c’est aussi éviter de créer, malgré nous, les difficultés que l’on cherche ensuite à résoudre.
🐾🐾 Bienvenue dans Un monde de Wouf 🐾🐾