22/10/2026
Chacun est libre d’utiliser les méthodes qu’il souhaite. En tant que professionnel du chien, je considère qu’il est important d’expliquer clairement les méthodes et les techniques que j’utilise, mais aussi celles auxquelles je ne recours pas.
Concernant l’agressivité entre congénères
J’utilise la référence au maître ou à la maîtresse, l’habituation progressive à la présence visuelle et à l’approche d’autres chiens, ainsi que les notions de pouvoir, de devoir et de tolérance.
Je n’ai jamais prétendu pouvoir rendre un chien agressif envers ses congénères ami avec tous les chiens, quelles que soient les origines de son comportement, même si, dans de rares cas, cela peut être possible. Obtenir qu’il reste à l’écoute de son maître et qu’il tolère la présence de ses congénères constitue déjà un grand pas.
Dans le cadre de l’habituation, il est souvent nécessaire de faire appel à des chiens équilibrés et sociables. Il faut toutefois les observer attentivement afin de s’assurer qu’ils ne sont pas perturbés par un chien qui manifeste des signaux d’agression ou tente de passer à l’attaque. C’est au maître, et donc à l’éducateur, d’apprendre à reconnaître ces signaux et à développer cette tolérance aux congénères.
Lorsque les progrès du chien et l’évolution de son état émotionnel le permettent, il est parfois possible d’aller plus loin. Ce travail peut être long, mais il doit respecter tous les chiens concernés.
Je ne lâche jamais un chien présenté comme un « régulateur » sur un chien agressif envers ses congénères dans le but de lui « apprendre la vie » ou de le soumettre par la force.
Sans entrer ici dans tous les détails, que je pourrai aborder ultérieurement, j’ai l’habitude de me poser de nombreuses questions.
Je ne mets pas en œuvre une méthode si je n’en comprends pas les effets possibles.
Je m’interroge notamment sur les différents états émotionnels traversés par les deux chiens : le chien présenté comme régulateur et le chien agressif envers ses congénères. Je me demande également si le fait que ce dernier se soumette au chien régulateur garantit que les difficultés seront résolues avec les autres chiens qu’il rencontrera dans la vie réelle, d’autant que le chien agressif est muselé, tandis que l’autre ne l’est pas.
L’expérience m’a appris qu’un chien accompagné et régulé par son maître peut apprendre à tolérer ses congénères et à ne plus manifester d’agressivité visible. C’est déjà un progrès important, qui se généralise à la présence des différents chiens lorsque le maître est là. En son absence, la situation peut être tout autre.
C’est pourquoi je privilégie des méthodes et des techniques dont je comprends les effets et les limites. Leur mise en œuvre doit aussi tenir compte de plusieurs facteurs : la force et les intentions du chien agressif, ses émotions et les éléments qui les déclenchent.
Cordialement,
Hervé Pupier