09/08/2026
🧬LA SÉLECTION DE NOS CHIENS DE SPORT🧬
Ce post risque d’être un peu long, donc je vais tenter d’être concise. 😅
Puis il risque de ne pas forcément plaire ni aux puristes, ni aux amateurs de course. Ou peut-être que oui !
Mais comme dit Otis dans Mission Cléopâtre : "Je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres."
Voici la rencontre du jour : la sélection de nos chiens de sport.
Je suis une humaine qui réfléchit H24. Vraiment. Je peux partir promener mes chiens avec une question en tête et revenir deux heures plus t**d avec trois nouvelles réflexions😂.
Donc forcément, quand je découvre un nouveau milieu, j’observe, je pose des questions, je regarde les pedigrees, j’écoute et je réfléchis.
Dans ce monde de la course de lévriers que je découvre avec mes deux mecs Whippets, je rencontre différents profils.
Il y a le Whippet de lignée beauté, comme Edgar sur cette photo — merci Daniela, son humaine, de m’avoir permis d’utiliser cette illustration.
Il y a le Whippet de lignée travail, comme Talis, ici leurre en gu**le après un racing au cynodrome.
Et puis, à peine arrivée dans ce monde, on me parle d’un autre type de Whippet : le Greypet.
Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, il désignerait des Whippets issus de lignées dans lesquelles du sang de Greyhound aurait été introduit à un moment donné.
Alors attention : je parle ici de rumeur et d’indices historiques informels, pas d’un fait établi !
Il existe, dans le milieu, une histoire autour de certaines lignées et de certains ancêtres auxquels on attribue cette origine. Mais lorsqu’on cherche une information écrite, documentée et officiellement établie… je n’en trouve pas.
Et je ne vais donc pas transformer une hypothèse en vérité.
En revanche, ce qui existe bel et bien aujourd’hui, ce sont des chiens présentant des caractéristiques et des performances suffisamment différentes pour que la question mérite, à mon sens, d’être posée.
Je suis donc allée regarder certains pedigrees d’affixes ayant produit des chiens particulièrement rapides en cynodrome, puis les ancêtres communs.
Et vous savez ce que j’ai vu ?
De la sélection. Comme dans tout élevage, finalement.
Des chiens rapides reproduits parce qu’ils sont rapides.
Des ancêtres particulièrement performants qui reviennent régulièrement. Des lignées qui se concentrent. Du linebreeding.
Et donc, au fil des générations, une sélection qui peut produire des chiens de plus en plus adaptés à une fonction donnée.
Et là, je me suis dit :
Mais… c’est exactement ce que fait un éleveur qui cherche à produire un chien de sport🧐.
L’éleveuse de mes chiens, par exemple, cherche à produire des Whippets capables de courir, oui, mais aussi capables d’être des chiens de famille, avec un tempérament agréable et un fonctionnement polyvalent.
Des chiens qui peuvent faire plusieurs choses.
Et ça, je peux vous le confirmer personnellement 😄.
Talis m’a accompagné dans mon travail de thérapie psychomotrice en médiation animale. Avec son frère & lui, nous faisons de la détection sportive, de l’obéissance, du frisbee, du fitness, de la canitrott… et du racing & coursing.
Concernant les lignées beauté, elles aussi sont évidemment le résultat d’une sélection.
Simplement, les critères de sélection ne sont pas exactement les mêmes.
Cela peut donner des chiens parfaitement capables de courir, mais qui seront statistiquement moins performants en racing que des chiens dont la sélection a été beaucoup plus orientée vers la vitesse.
Et jusque-là... où est le problème ?
À mes yeux, il n’y en a pas.
Si des éleveurs veulent produire des Whippets particulièrement performants en course, je peux comprendre la démarche.
De la même manière que je comprends parfaitement la logique des Breed Sport Mix : on cherche un chien fonctionnel, motivé et performant pour une activité donnée.
Greyster, Eurohound, Lurcher, Border Whippet… On sélectionne des chiens pour répondre à une fonction.
Mais justement, c’est là que ma réflexion se complique.
Parce que si je trouve parfaitement logique de sélectionner des chiens pour être toujours plus performants dans une discipline, je dois aussi reconnaître qu'en compétition, ce n’est pas forcément très juste.
Le racing a d’ailleurs déjà mis en place des catégories, notamment de vitesse, justement pour essayer de faire courir les chiens entre eux. C’est plutôt logique.
Et là, je suis directement concernée. Talis se retrouve régulièrement à courir dans ces catégories avec les chiens les plus rapides. Bien sûr que j’ai envie que Talis performe. J’aime quand il est dans les meilleurs. J’aime quand il progresse. J’aime le voir donner le meilleur de lui-même.
Mais j’aime aussi le voir rentrer de sa course en pleine forme. Et c’est aussi pour ça que nous travaillons le fitness : parce que la performance ne m’intéresse pas beaucoup si elle se fait au détriment du chien.
Si je mets un chien dont les lignées ont été sélectionnées pendant des générations sur la vitesse face à un chien dont la sélection a davantage cherché la polyvalence, forcément, le potentiel n’est pas nécessairement le même.
Ce n’est pas une critique du chien d’en face. C’est simplement une différence qui existe.
Et je comprends parfaitement que cette différence puisse être vécue comme une injustice en compétition.
Je peux comprendre la sélection qui produit ces chiens extrêmement performants.
Et je peux comprendre la frustration de ceux qui doivent courir contre eux.
Les deux me semblent légitimes.
Finalement, plus je réfléchis à cette histoire de Greypet, moins je crois que mon sujet est réellement le Greypet.
Ce qui m’intéresse, c’est ce que la sélection finit par faire à une population.
À force de choisir certains individus plutôt que d’autres, parce qu’ils courent plus vite, travaillent mieux, correspondent davantage à un standard ou possèdent les qualités que l’on recherche, on finit par façonner quelque chose.
Et alors, à quel moment parle-t-on encore simplement de sélection au sein d’une race ? À quel moment commence-t-on à parler de lignées, de types, de populations différentes ? Et surtout, qu’est-ce que cela change dans notre regard sur ces chiens ?
Je trouve assez fascinant que deux personnes puissent regarder exactement le même phénomène et y voir deux choses complètement différentes : pour l’une, une sélection parfaitement cohérente de chiens performants ; pour l’autre, une compétition devenue moins équitable.
Les deux peuvent avoir raison. Je ne cherche donc pas à conclure.
Je n’ai ni la réponse, ni la vérité, ni même la certitude d’avoir terminé ma réflexion.
Je suis juste cette humaine qui réfléchit H24 et qui, parfois, part d’une course de Whippets pour finir par se demander ce que nous sommes réellement en train de fabriquer lorsque nous sélectionnons un animal génération après génération.
Peut-être que finalement, ce qui m'intéresse le plus, c'est comprendre où nous voulons aller avec nos chiens 💟