20/08/2026
Ce que personne ne voit derrière la vie d’un éleveur… ❤️🐾
De l’extérieur, ça peut sembler merveilleux.
Des naissances.
Des petits corps qui grandissent.
Des photos attendrissantes.
Des familles heureuses.
Des moments de tendresse à longueur de journée.
Et oui…
Il y a tout ça.
Mais il y a aussi tout ce que personne ne voit.
Parce qu’aimer ses chiens au point d’en faire sa vie, ce n’est pas seulement vivre entouré de bonheur.
C’est aussi accepter de porter des inquiétudes que peu de gens comprennent.
C’est avoir le sommeil léger au moindre bruit.
Se relever pour vérifier.
Regarder.
Toucher.
Écouter.
Se demander si celui qui dort un peu plus longtemps va bien.
Si celui qui mange moins cache quelque chose.
Si cette respiration est normale.
Et recommencer à surveiller quelques minutes plus t**d… juste pour être certain.
C’est ça aussi, ma réalité.
Et parfois, je me demande si les personnes qui jugent les éleveurs imaginent seulement ce qui se passe derrière une photo publiée sur les réseaux.
Elles voient un chiot.
Moi, je vois des heures de travail.
Elles voient une portée.
Moi, je vois les rendez-vous, les examens, les frais, les déplacements, les imprévus et les nuits passées à attendre que tout se passe bien.
Elles voient le résultat.
Moi, je connais tout ce qu’il a fallu traverser pour y arriver.
Et quoi qu’on fasse, il y aura toujours quelqu’un pour avoir quelque chose à redire.
Si on élève, on nous accuse de contribuer au problème des abandons.
Si on fait les choses sérieusement, on nous reproche encore autre chose.
Si on dépense énormément pour nos animaux, certains pensent qu’on exagère.
Si on refuse de faire comme tout le monde, on nous critique.
Au fond, on finit par comprendre une chose :
on ne pourra jamais satisfaire tout le monde.
Alors j’ai arrêté d’essayer.
Je préfère consacrer mon énergie à ceux qui vivent avec moi.
Mes chiens.
Eux ne me jugent pas.
Eux ne me demandent pas de me justifier.
Ils ne savent pas ce que les gens racontent.
Ils savent simplement que je suis là.
Et moi, je sais que je dois être là pour eux.
Toujours.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les vacances sont devenues quelque chose de presque abstrait pour moi.
Je pourrais vous dire que je n’ai pas le temps de partir.
Mais ce serait seulement une partie de la vérité.
La vraie raison est beaucoup plus simple :
je n’ai confiance qu’en moi pour prendre soin de mes chiens.
Je connais chacun d’eux.
Je connais leurs habitudes.
Leurs réactions.
Leurs petites particularités.
Je sais lorsqu’un comportement n’est pas habituel.
Je sais qui a besoin de plus d’attention.
Et surtout, je sais que si quelque chose se passe mal pendant mon absence, je m’en voudrai de ne pas avoir été là.
Alors je ne pars pas.
Je reste.
Je reporte les projets.
Je laisse passer les occasions.
Je regarde les autres préparer leurs valises pendant que, moi, je pense à ceux qui restent à la maison.
Et parfois, je l’avoue…
ça me manque.
J’aimerais connaître cette sensation de fermer une porte derrière soi sans avoir dix mille pensées qui traversent la tête.
Prendre quelques jours.
Respirer.
Dormir ailleurs.
Découvrir un endroit.
Ne rien organiser.
Ne rien surveiller.
Ne pas calculer combien de temps je peux rester loin.
Mais je n’y arrive pas.
Parce que mes chiens passent avant.
Et ce choix-là, je l’assume.
Même lorsqu’il me pèse.
Même lorsqu’il m’empêche de faire certaines choses.
Même lorsque je me demande parfois si je ne me suis pas construit une vie dont il est devenu impossible de s’échapper.
Ma vie tourne autour d’eux.
Mes journées.
Mes nuits.
Mes projets.
Mes déplacements.
Mes décisions.
Tout finit toujours par revenir à la même question :
« Et eux, comment je fais ? »
Même les relations avec les autres deviennent parfois compliquées.
Vivre avec plusieurs chiens n’est pas toujours compatible avec la vie que les autres imaginent.
Alors on s’éloigne.
On choisit la tranquillité.
On préfère un endroit où personne ne viendra se plaindre du bruit, des aboiements ou de la présence des animaux.
Et nous voilà parfois installés loin de tout.
Avec pour voisins les champs, le vent, le brouillard et quelques oiseaux qui semblent être les seuls à connaître notre existence. 😂
Sur une jolie publication, ça paraît idyllique.
Dans la vraie vie, quand c’est ton quotidien toute l’année…
c’est parfois beaucoup moins romantique.
Et puis il y a les autres éleveurs.
On pourrait penser que partager la même passion crée naturellement une forme de solidarité.
Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.
Il y a les comparaisons.
Les petites phrases.
Les histoires qui circulent.
Les critiques.
Les rancœurs.
Les personnes qui parlent sans savoir.
Les rivalités parfois absurdes.
Et au milieu de tout ça, il faut continuer à avancer sans se laisser aspirer.
Parce que pendant que certains parlent…
nous, on continue de travailler.
Et le plus difficile, c’est peut-être cette impression que les efforts ne garantissent jamais que tout ira bien.
On peut se documenter.
Se former.
Chercher à faire les choses correctement.
Faire attention à chaque détail.
Dépenser sans compter lorsqu’un animal en a besoin.
Se remettre constamment en question.
Et malgré tout…
la vie peut décider de nous mettre une nouvelle épreuve sur le chemin.
C’est là que l’on ressent parfois cette profonde injustice.
On voit des personnes qui semblent prendre beaucoup moins de précautions et qui avancent sans rencontrer la moitié des difficultés auxquelles nous faisons face.
Et nous, on encaisse.
Encore.
Encore une fois.
Jusqu’au moment où on n’a plus envie d’être fort.
Il y a des soirs où j’ai simplement envie de dire :
« Stop. Je n’en peux plus. »
Pas parce que je n’aime plus mes chiens.
Bien au contraire.
Mais parce que parfois, aimer autant devient épuisant.
Il y a des nuits où je suis tellement fatigué que mes yeux se ferment tout seuls.
Et pourtant, je reste debout.
Parce qu’un petit a besoin d’être nourri.
Parce qu’une naissance approche.
Parce qu’un comportement m’inquiète.
Parce que je ne peux pas me permettre de me dire :
« On verra demain. »
Avec eux, demain peut être trop t**d.
Alors je reste éveillé.
Je donne un biberon.
Puis un autre.
Je nettoie.
Je vérifie.
Je recommence.
Je regarde chacun d’entre eux.
Et même lorsque tout semble aller correctement, mon cerveau continue de chercher ce qui pourrait mal tourner.
C’est épuisant.
Parce qu’on ne se repose jamais vraiment.
Physiquement, peut-être.
Mentalement, rarement.
Et il y a parfois ce moment, seul dans la maison, lorsque tout le monde dort enfin…
où les émotions remontent.
La fatigue.
La peur.
Le doute.
Et quelques larmes.
Pas forcément parce qu’il s’est passé quelque chose de grave.
Parfois, tout va bien.
C’est simplement que le corps et la tête disent :
« Là, j’en ai assez. »
Et dans ces moments-là, une pensée terrible peut surgir :
« Est-ce que je suis vraiment capable de continuer comme ça ? »
Alors on imagine une autre vie.
Une vie beaucoup plus simple.
Se réveiller sans avoir besoin de vérifier qui va bien.
Pouvoir dormir t**d.
Accepter une invitation sans réfléchir à l’organisation derrière.
Partir spontanément.
Réserver un séjour sans devoir calculer qui restera à la maison.
Faire une petite escapade sans transformer ça en opération logistique digne d’un départ pour l’autre bout du monde. 😂
Pouvoir, juste une fois, penser à soi.
Et puis il y a cette autre envie…
celle de disparaître un peu des regards.
Ne plus avoir à expliquer.
Ne plus avoir à se défendre.
Ne plus avoir à supporter les jugements de personnes qui ne connaissent rien à notre quotidien.
Juste être tranquille.
Avec mes chiens.
Dans ma vie.
Avec mes choix.
Sans avoir constamment l’impression de devoir prouver que je fais de mon mieux.
Parce que la vérité, c’est que je fais déjà énormément.
Et personne ne peut le faire à ma place.
Alors, malgré tout…
le jour suivant arrive.
Je me lève.
Je vais les voir.
Je compte les petits.
Je vérifie que chacun va bien.
Je prépare ce qu’il faut.
Je soigne.
Je nettoie.
Je surveille.
Je recommence.
Et je continue à aimer.
Parce qu’au milieu de toute cette fatigue, il existe une chose que rien ne pourra remplacer.
Le lien qui nous unit à eux.
Ces regards qui cherchent le nôtre.
Ces petites têtes qui viennent se blottir contre nous.
Cette confiance absolue qu’ils nous accordent.
Ces moments où l’on réalise que toute notre fatigue disparaît simplement parce qu’un chien vient poser sa tête contre nous.
C’est ça qui nous fait tenir.
C’est ça qui nous rappelle pourquoi on a commencé.
Et c’est ça qui fait que, malgré tout…
je continue.
Alors oui.
Cette vie me prive de beaucoup de choses.
Elle m’empêche de partir comme je le voudrais.
Elle me demande énormément.
Elle m’épuise.
Elle me fait douter.
Elle me fait parfois pleurer.
Elle m’oblige à faire des choix que peu de personnes comprennent.
Mais elle m’a aussi offert quelque chose d’inestimable :
une vie entourée de ceux que j’aime le plus.
Mes chiens ne sont pas simplement des animaux dont je m’occupe.
Ils sont mon quotidien.
Mes compagnons.
Ma famille.
Une partie de moi.
Et peut-être que c’est justement pour ça que je n’arrive pas à faire les choses à moitié.
Parce que lorsqu’on aime vraiment…
on ne compte plus.
Ni les heures.
Ni les kilomètres.
Ni les dépenses.
Ni les nuits.
Ni les sacrifices.
Alors, la prochaine fois que vous voyez la jolie photo d’une portée ou d’un chiot dans les bras de son éleveur…
pensez simplement qu’il y a probablement beaucoup plus derrière cette image.
Des nuits écourtées.
Des inquiétudes silencieuses.
Des décisions difficiles.
Des moments de découragement.
Des renoncements.
Des factures.
Des heures de nettoyage.
Des heures de surveillance.
Et surtout…
un immense investissement du cœur.
Alors si vous connaissez un éleveur qui fait réellement les choses avec passion et amour…
ne lui demandez pas seulement combien coûte un chiot.
Ne regardez pas uniquement la jolie photo.
Ne jugez pas sa vie à travers quelques publications.
Demandez-lui simplement parfois :
« Comment vas-tu, toi ? »
Ou dites-lui :
« Merci pour tout ce que tu fais. »
Vous n’imaginez peut-être pas la portée que peuvent avoir ces quelques mots.
Parce qu’un éleveur peut être solide en apparence et complètement épuisé à l’intérieur.
Et parfois, une simple marque de reconnaissance suffit à lui rappeler que tous ses efforts ne sont pas invisibles.
Et à vous, mes adoptants…
merci.
Merci de m’avoir accordé votre confiance.
Merci pour vos nouvelles.
Merci pour vos photos.
Merci pour vos messages.
Merci pour votre patience lorsque les journées sont compliquées.
Merci pour votre gentillesse.
Vous ne le réalisez peut-être pas, mais certains de vos messages arrivent exactement au moment où j’en ai besoin.
Une photo de votre chien.
Une nouvelle.
Un petit mot.
Et soudain, pendant quelques minutes, toute la fatigue semble un peu moins lourde.
Parce que savoir que les petits que j’ai vu naître sont heureux, aimés et bien entourés…
c’est probablement l’une des plus belles récompenses de cette aventure.
Alors oui…
Il y aura encore des nuits difficiles.
Encore des doutes.
Encore des critiques.
Encore des moments où je me demanderai pourquoi je m’inflige tout ça.
Mais il y aura aussi demain matin.
Et demain matin, je serai encore là.
Parce qu’au fond, malgré tout ce que cette vie me prend…
mes chiens me donnent une raison de continuer.
Et si je devais recommencer ?
Je crois que je choisirais encore eux.
Encore cette vie.
Encore ces nuits.
Encore ces inquiétudes.
Encore ces sacrifices.
Parce que derrière tout ce que ce métier peut avoir de difficile…
il y a quelque chose de beaucoup plus puissant.
L’amour que je leur porte. ❤️🐾
Et finalement…
c’est peut-être ça, être éleveur.
Donner tellement de soi que parfois on ne sait même plus où s’arrête notre vie…
et où commence la leur.
Et malgré tout…
ne jamais regretter de les avoir choisis. ❤️