18/03/2025
C’est le procès d’une battue au sanglier dans les Pyrénées qui dérape. Un des 16 chasseurs se trouve nez à nez avec une ourse et ses deux petits, il l’abat de deux coups de fusil.
Mardi 18 et mercredi 19 mars, à la barre du tribunal correctionnel de Foix, André Rives, 81 ans, comparaît pour "destruction d’espèce protégée" car ce 20 novembre 2021, les chasseurs se trouvaient dans une zone de montagne interdite à la chasse, dans la Réserve domaniale du Mont-Valier.
À son poste pendant la battue, sur les hauteurs du village de Seix, dans une zone escarpée à la végétation dense, le tireur a d’abord été surpris d’observer deux oursons, avant d’être chargé par leur mère. Blessé aux jambes par l’ourse, il a dû être évacué par hélicoptère, puis hospitalisé.
Jean-Luc Fernandez n’était pas présent le jour de la battue, mais le président de la Fédération de chasse de l’Ariège soutient que rien n’empêchait ses adhérents de chasser à cet endroit, qu’ils y chassaient "depuis des années, les autorités le savaient et n’ont jamais rien trouvé à redire".
Pour l’avocate Julie Rover, avocate de douze associations parties civiles, l’usage ne fait pas loi. Le fait que la chasse était fréquente dans cette zone "n’enlève rien à la caractérisation du délit". "Nombre des pièces du dossier démontrent une connaissance des limites de la réserve, avec des marquages sur les arbres", souligne Me Rover.
"Les parties civiles veulent faire passer un message. Elles ne sont pas opposées à la chasse, mais pour qu’elle ne nuise pas à l’environnement, il faut faire respecter ses règles. Les ours sont menacés d’extinction, la disparition d’une femelle reproductrice, c’est grave et préjudiciable" pour la survie de l’espèce, dit-elle.
Une vingtaine d’associations se sont constituées partie civile, dont Pays de l'Ours - Adet et FERUS (Ours-Loup-Lynx Conservation), qui défendent la présence de l’ours dans les Pyrénées, ou encore France Nature Environnement, One Voice.
Source : l’indépendant.