15/06/2026
Pour une fois, un vrai truc de Ouf à vous raconter, qui suscite chez moi un p'tit coup de gu**le !
Hier, j’ai eu un pincement au cœur.
Assise en terrasse, sur un marché animé, j’observe une fanfare jouer à quelques mètres. Des cuivres, des percussions, des sons puissants, soudains, qui résonnent dans tout l’espace.
Et puis je les vois arriver.
Un couple.
Et avec eux, un grand chien noir.
Il fait plus de 30 degrés. Le sol est brûlant.
Le chien est en laisse courte, tenue encore plus courte.
Ils avancent lentement. Très lentement.
Ils s’arrêtent.
Ils avancent.
Ils s’arrêtent encore.
Je regarde le chien.
Il halète fort.
Il sursaute à chaque coup de tambour.
Et très vite, je comprends que ce n’est pas un hasard.
Je me doute que cette dame est en train d’essayer de lui apprendre quelque chose. De “travailler” une réaction.
Alors j’observe.
Ils continuent de se rapprocher… jusqu’à quelques mètres à peine de la fanfare.
Le chien, lui, ne semble pas apprendre.
Il encaisse.
J’attends qu’ils passent à ma hauteur.
Et là, je me permets de lui dire doucement :
“Excusez-moi… vous avez vu qu’il a peur ?”
" Et qu'il attendait en plein soleil ? "
Elle me répond :
“Oui. Justement. Je fais ça pour qu’il n’ait plus peur.”
Cette phrase, on l’entend encore trop souvent.
Alors je lui pose une question simple :
“Si vous avez peur des araignées… et que je vous enferme dans une pièce remplie d’araignées… est-ce que vous n’aurez plus peur ?”
Elle me répond :
“Si on ne m’y met pas, je ne m’habituerai jamais.”
En passant : " Bonjour la mauvaise fois!"
Mais s’habituer… ce n’est pas se sentir en sécurité.
C’est parfois juste apprendre à ne plus bouger.
À encaisser.
À subir.
Ce que ce chien vivait, ce n’était pas un apprentissage.
C’était une immersion forcée dans quelque chose qui le terrifie.
Aujourd’hui, on sait que ce type d’immersion est délétère.
Le corps sature.
Le stress explose.
L’émotion déborde.
Et le chien, lui, n’apprend pas que “ça va aller”.
Il apprend que le monde est imprévisible, intense… et qu’il n’a aucun contrôle.
Parfois, il se fige.
Parfois, il explosera plus t**d.
Mais dans tous les cas, il ne va pas mieux.
Et au-delà de ça, il y a une question que je trouve encore plus importante :
Pourquoi lui imposer ça ?
Un marché bondé.
Une fanfare.
Des explosions sonores à répétition.
Une chaleur écrasante.
Dans quel monde est-ce un besoin pour un chien ?
Dans son éthogramme, rien ne le prépare à devoir tolérer ça.
Rien ne justifie qu’on lui demande de “s’y habituer”.
Ce n’est pas un apprentissage essentiel.
C’est une exigence humaine.
Et c’est là que ça me dérange profondément.
Parce qu’on ne parle pas seulement d’une méthode inadaptée.
On parle d’un animal qu’on place dans une situation qu’il n’a jamais choisie… et qu’on lui demande ensuite de supporter.
Le travail éthique et éthologique, ce n’est pas de rendre les chiens capables d’endurer l’inconfort.
C’est de se demander :
“Est-ce que c’est juste de lui demander ça ?”
Respecter un chien, ce n’est pas le confronter à tout, “pour son bien”.
C’est savoir, parfois, lui éviter ce dont il n’a pas besoin.
Parce que non, les chiens n’ont pas à s’habituer à tout.
Et surtout pas au prix de leur bien-être.
🐾🐾 Bienvenue dans Un monde de Wouf 🐾🐾