20/10/2026
Les murènes possèdent une seconde paire de mâchoires, rétractée au fond de la gu**le : les mâchoires pharyngiennes, devenues un véritable outil de préhension.
Concrètement, la séquence de prise alimentaire se déroule en plusieurs temps. La murène mord d’abord sa proie avec ses mâchoires buccales, les principales, visibles à l’extérieur. Presque aussitôt, les secondes mâchoires sont projetées vers l’avant puis se referment sur la proie déjà saisie. Les mâchoires buccales relâchent alors leur prise, pendant que les mâchoires pharyngiennes se rétractent et tirent la proie vers l’intérieur. Si la proie est grosse, ce cycle peut se répéter plusieurs fois, presque comme un treuil.
Ce mécanisme leur permet de compenser une faiblesse propre à leur anatomie : contrairement à beaucoup de poissons, les murènes génèrent très peu de succion pour aspirer leur nourriture. Leur corps allongé et leur mode de vie, souvent coincées dans des failles ou des grottes, ne s’y prêtent pas. Les mâchoires pharyngiennes leur permettent malgré tout d’avaler des proies volumineuses, qui sont la base de leur alimentation. Elles ont opté pour une stratégie différente de celle des serpents, conservant leur force de morsure et leur rigidité.
Les murènes sont à ce jour les seuls vertébrés connus à utiliser un appareil pharyngien de cette façon, peut-être l’inspiration de la gu**le du Xénomorphe dans les films Alien 😅.
Les murènes sont des animaux uniques à bien des égards. Inspirant souvent le dégoût ou la peur, elles ne laissent personne indifférent. Pour cette raison, elles sont présentes dans la quasi-totalité des expositions de poissons des mers d’eau froide ou tropicales. Elles méritent des soins appropriés et adaptés à leur spécificité. Même si je dois veiller à garder mes doigts en sécurité pour cela ! 😉