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Les murènes possèdent une seconde paire de mâchoires, rétractée au fond de la gu**le : les mâchoires pharyngiennes, deve...
20/10/2026

Les murènes possèdent une seconde paire de mâchoires, rétractée au fond de la gu**le : les mâchoires pharyngiennes, devenues un véritable outil de préhension.

Concrètement, la séquence de prise alimentaire se déroule en plusieurs temps. La murène mord d’abord sa proie avec ses mâchoires buccales, les principales, visibles à l’extérieur. Presque aussitôt, les secondes mâchoires sont projetées vers l’avant puis se referment sur la proie déjà saisie. Les mâchoires buccales relâchent alors leur prise, pendant que les mâchoires pharyngiennes se rétractent et tirent la proie vers l’intérieur. Si la proie est grosse, ce cycle peut se répéter plusieurs fois, presque comme un treuil.

Ce mécanisme leur permet de compenser une faiblesse propre à leur anatomie : contrairement à beaucoup de poissons, les murènes génèrent très peu de succion pour aspirer leur nourriture. Leur corps allongé et leur mode de vie, souvent coincées dans des failles ou des grottes, ne s’y prêtent pas. Les mâchoires pharyngiennes leur permettent malgré tout d’avaler des proies volumineuses, qui sont la base de leur alimentation. Elles ont opté pour une stratégie différente de celle des serpents, conservant leur force de morsure et leur rigidité.

Les murènes sont à ce jour les seuls vertébrés connus à utiliser un appareil pharyngien de cette façon, peut-être l’inspiration de la gu**le du Xénomorphe dans les films Alien 😅.

Les murènes sont des animaux uniques à bien des égards. Inspirant souvent le dégoût ou la peur, elles ne laissent personne indifférent. Pour cette raison, elles sont présentes dans la quasi-totalité des expositions de poissons des mers d’eau froide ou tropicales. Elles méritent des soins appropriés et adaptés à leur spécificité. Même si je dois veiller à garder mes doigts en sécurité pour cela ! 😉

Un pansement sur un poisson, oui ça existe !Le Pansement Désinfectant Aquadocteur est un produit conçu spécifiquement po...
14/09/2026

Un pansement sur un poisson, oui ça existe !

Le Pansement Désinfectant Aquadocteur est un produit conçu spécifiquement pour les plaies externes des poissons, en eau douce comme en eau salée.

🐠 Sa base : une poudre gélifiante qui permet d’adhérer à la plaie sans irriter ou détruire les tissus fragiles des animaux aquatiques.
🐟 Son principe actif : la povidone iodée, un désinfectant à large spectre efficace contre bactéries, virus, certains protozoaires et champignons.

Il m’arrive aussi d’inclure d’autres principes actifs comme des antibiotiques, antifongiques ou des vitamines pour favoriser la cicatrisation. Mais ces pansements sont conçus dans un contexte spécifique : prescrits dans le cadre de mes interventions.

Beaucoup de propriétaires utilisent la « propolis » comme soin sur une plaie de poisson. Sauf que la propolis commercialisée est diluée dans de l’alcool, et l’alcool sur la peau d’un poisson est extrêmement destructeur. Ce n’est qu’une agression de plus sur un tissu déjà fragilisé, aggravant souvent les symptômes et retardant ou détruisant des capacités de cicatrisation (sans parler de la douleur occasionnée par l’application d’alcool sur la plaie).

Ce pansement ne contient ni alcool ni excipient agressif : il reste non irritant, indolore et sa texture en gel protège sans gêner la cicatrisation.

Concrètement, il s’applique sur la peau, les nageoires, les yeux ou les lèvres (mais pas sur les branchies) sans risques, en ciblant une blessure toute fraîche ou plus ancienne.

Pour l’appliquer : on sèche légèrement la zone, on saupoudre une fine couche de pansement puis on immerge doucement le poisson pour faire gélifier le tout. Mieux vaut plusieurs couches fines qu’une seule épaisse, la tenue est bien meilleure.

D’ailleurs ce produit peut être utilisé sur d’autres animaux aquatiques. Je l’utilise régulièrement sur les axolotls et tortues aquatiques.

Le produit est mis à la disposition de plusieurs magasins spécialisés en bassins et aquariophilie et plusieurs vétérinaires NAC

11/09/2026

Ce qu’on voit ici s’appelle la « Gas Bubble Disease » : des bulles de gaz qui se forment dans le sang et les tissus quand l’eau contient trop de gaz dissous et/ou qu’une dépression est subie par le poisson.

L’azote est souvent en cause mais l’oxygène aussi, dans des conditions artificielles. Une fuite d’air dans une pompe, une chute de pression trop brutale, un réchauffement rapide de l’eau : ces facteurs peuvent faire grimper cette saturation au-delà du seuil supportable.

Les yeux sont particulièrement touchés car ils sont très vascularisés et les gaz accumulés se retrouvent bloqués. C’est aussi la seule zone qui est facilement visible et qui attire l’attention en cas de modification. Les bulles peuvent s’accumuler derrière l’œil et provoquent souvent une exophtalmie, parfois d’un seul côté seulement.

C’est la 1ère cause d’atteintes oculaires en aquarium public. Souvent à l’origine d’autres pathologies secondaires (blessures, cataractes, kératites, infections…).

Une fois le gaz visualisé, il faut agir rapidement avant que la pression et les gaz n’entraînent des conséquences irrémédiables sur l’œil et le crâne. Cela peut être très douloureux pour le poisson, ce qui participe généralement à son isolement et à des blessures secondaires (par accident en raison de la perte de repère ou volontairement pour tenter de se soulager). Une fois accumulé dans le « cul de sac oculaire », le gaz ne peut être résorbé par le poisson.

Le geste consiste à aspirer ces bulles à la micro-aiguille, sous anesthésie profonde, pour retirer le gaz. Un traitement vient ensuite limiter le risque d’infection et d’inflammation.

Mais la gestion du cheptel se joue ailleurs : sans corriger l’origine du problème (une fuite, une aération mal réglée…), le geste ne suffit pas car le gaz risque de s’accumuler de nouveau et de nouveaux cas peuvent apparaître. La prise en charge sur le long terme consiste avant tout à retrouver et traiter la cause dans le bassin ou l’aquarium.

On aborde le problème à la fois en médecine individuelle ET collective !

> Dr Jérôme Blanc, vétérinaire pour poi

Il s’agit du Certificat d’Aptitude à l’Hyperbarie.C’est un diplôme de plongée professionnelle, qui autorise les interven...
09/09/2026

Il s’agit du Certificat d’Aptitude à l’Hyperbarie.

C’est un diplôme de plongée professionnelle, qui autorise les interventions en immersion (que ce soit en apnée ou respiration autonome : « bouteilles » ou « narguilé ») dans le cadre d’activités professionnelles, jusqu’à 12m de profondeur ou équivalent pression.

En France, ce diplôme est encadré par le Code du travail au même titre que n’importe quel métier exposé au risque hyperbare avec des obligations précises : suivi médical renforcé, livret individuel hyperbare, procédures de sécurité écrites et une organisation stricte de chaque intervention.

Concrètement, ce diplôme est important pour moi sur plusieurs aspects :

1️⃣ Un aperçu sur le monde complexe et fascinant de l’hyperbarie qui vient compléter ma connaissance de la plongée loisir. Donc une compréhension des possibilités mais aussi des limites du travail en plongée, indispensables pour les collaborations avec les plongeurs soigneurs et aquariologistes au service du bien-être des animaux aquatiques.

2️⃣ Un vrai appui pour l’observation voire la capture de certains poissons difficiles à approcher, notamment sur les plus grands volumes. La possibilité d’intervention pour la pêche ou pour l’accompagnement des réveils d’anesthésies.

3️⃣ La possibilité de réaliser en immersion l’inspection directe des installations : filtration, pompes, structures immergées, sans avoir à vidanger un bassin entier pour vérifier ce qui s’y passe et travailler sur la correction et la prévention.

Alors non je n’irais pas opérer mon prochain patient en bouteilles ! 😉 Mais c’est une corde de plus à mon arc 🥳

Parce que la médecine des poissons ce n’est pas que du théorique !

> Dr Jérôme Blanc, vétérinaire pour poissons d’aquarium eau douce, bassins et marin en itinérance dans tout le sud de la France et téléconseil, pour les particuliers et structures pro.

⬇️ ÉPISODE 3 : La raie pastenague et son aiguillon caudal. En photo : Dasyatis pastinaca, la pastenague commune que l’on...
31/08/2026

⬇️ ÉPISODE 3 : La raie pastenague et son aiguillon caudal. En photo : Dasyatis pastinaca, la pastenague commune que l’on peut rencontrer sur nos côtes en méditerranée.

Corps aplati, larges nageoires pectorales, elle vit collée au fond parfois à moitié cachée dans le sable. Une raie peut rester immobile un long moment sans que ça lui pose problème : ses spiracles, juste derrière les yeux, lui permettent de respirer normalement dans cette position, même sans bouger.

Il existe des raies pastenagues d’eau douce et d’eau de mer, leur point commun est la présence d’un aiguillon venimeux à la queue et une forme générale propre.

L’aiguillon correspond à une ou plusieurs épines rigides et dentelées, recouvertes d’une fine gaine qui contient un tissu glandulaire venimeux. Quand l’épine perce la peau, cette gaine se déchire et le venin passe directement dans la plaie.

Ça donne une douleur souvent très intense, un saignement, un gonflement rapide et le retrait n’arrange rien : les épines sont dentelées et accrochent les tissus.

La prise en charge en cas de piqûre passe d’abord par un rinçage de la plaie puis une immersion dans une eau chaude mais supportable, pendant 30 à 90 minutes : la chaleur inactive une partie des toxines, qui sont thermolabiles. Un fragment profondément logé, surtout près du thorax ou de l’abdomen, ne doit jamais être retiré seul ! L’imagerie médicale est parfois nécessaire pour le localiser avant toute extraction.

La raie ne cherche pas le conflit, d’ailleurs on la voit souvent se rapprocher des zones tropicales touristiques. Elle se défend quand elle se sent surprise ou coincée. Concrètement pour les soins, ça veut dire : toujours protéger la queue avant toute manipulation et s’assurer de sa position à chaque instant.

Pour un examen, un prélèvement ou une radio, je passe systématiquement par la sédation mais attention, l’anesthésie ne supprime jamais le risque mécanique de la queue.

Si vous voulez que je vous raconte l’intervention que j’ai réalisé sur cette raie, dites-moi !

31/08/2026

Quand un Aquarium public communique sur le rôle d'un vétérinaire dans ses missions de maintenance, pédagogiques et scientifiques 🙏

Merci au Seaquarium Institut Marin Grau du Roi pour leur travail et leur confiance. C’est une fierté de pouvoir mettre à disposition mon savoir faire et mes connaissances au service de leurs projets 🥰

Une découverte fortuite lors de soins dentaires sur une espèce peu commune : Tetraodon lineatus, le poisson-globe du Nil...
10/08/2026

Une découverte fortuite lors de soins dentaires sur une espèce peu commune : Tetraodon lineatus, le poisson-globe du Nil. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cet animal ne vit pas en eau salée mais entièrement en eau douce et les parasites qui peuvent le toucher sont donc eux aussi des parasites d’eau douce.

Ici, un ver digestif : Camallanus cotti. Ce nématode vit dans la partie basse de l’intestin et sa transmission est directe, sans hôte intermédiaire, une particularité assez rare chez ce type de parasite, qui explique sa propagation rapide dans un bassin ou un aquarium.

Vivipares, ces vers sont parfois visibles au niveau de l’anus, sous forme de petits filaments rougeâtres qui dépassent le temps de libérer leurs larves et infester d’autres hôtes. Leur présence peut entraîner amaigrissement, léthargie, gonflement abdominal, prolapsus, occlusions digestives...

Fait notable : ce parasite est largement documenté chez des espèces comme les guppys, les bettas ou certains cyprinidés, mais je n’ai trouvé aucun cas rapporté dans la littérature scientifique chez Tetraodon lineatus. Cette observation reste donc pour l’instant isolée, mais elle illustre bien la faible spécificité d’hôte de ce parasite, capable de toucher des espèces très variées.

Heureusement, c’est une maladie qui se traite bien avec un protocole adapté.

> Dr Jérôme Blanc, vétérinaire pour poissons d’aquarium eau douce, bassins et marin en itinérance dans tout le sud de la France et téléconseil, pour les particuliers et structures pro.

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