Philippe Mantovani Éducateur Canin

Philippe Mantovani Éducateur Canin Education, rééducation de tous chiens à domicile, et coaching de la famille .
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25/07/2026

💥💥Renforçateur primaire, secondaire, valence…

Encore des grands mots qu’on balance souvent en formation, parfois avec l’air très sérieux, mais sans toujours prendre deux minutes pour expliquer ce que ça veut dire concrètement.

Alors on va faire très simple.

Un renforçateur, ce n’est pas une friandise magique, ni un jouet sorti du chapeau.
C’est simplement quelque chose qui arrive après un comportement et qui va influencer les chances de revoir ce comportement plus t**d.
Si le comportement augmente, on parle de renforcement.
S’il diminue, on parle de punition.

Ce n’est pas une histoire de gentil, méchant, positif, négatif ou de chapelle éducative.
C’est juste l’effet que ça produit sur le comportement.

Les renforçateurs primaires, eux, ont déjà une valeur biologique pour le chien.
Manger, boire, accéder à une zone de sécurité, jouer, garder du lien avec le groupe, avoir certains contacts sociaux… tout ça peut avoir de la valeur sans qu’on ait besoin de l’apprendre au chien.
Mais attention, peut avoir de la valeur ne veut pas dire fonctionne toujours.

Un chien stressé, saturé, malade, repu, ou complètement aspiré par l’environnement, peut très bien se moquer de votre friandise, même si vous avez acheté le paquet avec le meilleur fromage.

Les renforçateurs secondaires, c’est autre chose.
Au départ, ils ne valent rien.
Un mot, un geste, une félicitation, un sifflet( J’ADORE TRAVAILLER AU SIFFLET, LUI N’A JAMAIS D’ÉMOTION)pour le chien, au début, c’est juste du bruit ou du mouvement.

Prenons un exemple simple : le sifflet qui annonce la gamelle.
La première fois, le chien entend un bruit. Point.
Mais si ce bruit est régulièrement suivi de la gamelle, il finit par prendre de la valeur.
À force d’association, le sifflet seul peut déclencher de l’anticipation, de l’excitation, presque le même état émotionnel que l’arrivée de la gamelle donc ce n’est plus un simple bruit, c’est devenu un annonciateur.

Et on retrouve exactement le même mécanisme avec la voix, les félicitations, certains mots, certains gestes, certains objets.
Et puis il y a un détail que beaucoup oublient ,la valeur motivationnelle.
Autrement dit, ce que cette récompense vaut réellement pour ce chien, à cet instant précis.

Et cette valeur bouge tout le temps.
Elle dépend de l’état du chien, de son niveau de faim, de son stress, de son excitation, de son vécu, de l’environnement, et surtout de ce qu’il y a en concurrence autour de lui.

Un chien qui a faim peut se jeter sur une croquette.
Le même chien, repu, avec une piste de gibier dans le nez ou un congénère en face, peut vous regarder comme si vous veniez de lui proposer une salade sans sauce.

Et pour les renforçateurs secondaires, c’est encore plus fragile.
Si vous dites oui, c’est bien toute la journée, mais que derrière il ne se passe jamais rien qui ait une vraie valeur pour le chien, au bout d’un moment votre c’est bien devient juste du bruit.

Le chien n’est pas têtu, il ne s’en fout pas, il n’a pas non plus décidé d’arrêter de bo**er c’est juste que la valeur du renforçateur a changé.

Et c’est là que beaucoup se plantent.
Ils pensent avoir une récompense.
En réalité, ils ont juste quelque chose qui n’a plus beaucoup de valeur dans ce contexte-là.

La friandise, la voix, le jouet, le contact, le mouvement, l’accès à quelque chose tout peut renforcer.
Mais encore faut-il que ça ait vraiment de la valeur pour ce chien, là, maintenant.

Sinon, vous ne renforcez pas grand-chose.
Vous distribuez juste du bruit, des gestes ou des bouts de jambon dans le vide.

Et après plus rien ne fonctionne,j’espère que la vous avez bien saisi le pourquoi du comment 😉😉.
Ce magnifique texte n'est pas de moi mais de Philippe Grass éducation canine
Bravo pour sa pédagogie.

Voici un texte intelligent qui reprend les bases de la compréhension du chien.
28/06/2026

Voici un texte intelligent qui reprend les bases de la compréhension du chien.

La charge allostatique chez le chien : l’orage invisible qui use l’organisme

Chez le chien, le stress n’est pas seulement une émotion passagère. Il peut devenir une véritable empreinte biologique. C’est ce que l’on appelle la charge allostatique : l’accumulation des coûts que le corps doit payer lorsqu’il s’adapte en permanence à un environnement difficile, imprévisible ou trop exigeant.

Imaginez un chien avec un petit sac à dos invisible. Chaque expérience stressante y ajoute une pierre : un bruit qui fait peur, une solitude mal vécue, des changements répétés, des interactions sociales incomprises, une absence de contrôle sur son environnement… Au début, le chien avance. Puis le sac devient de plus en plus lourd.

Un jour, la dernière petite pierre peut sembler insignifiante… mais elle tombe sur un sac déjà rempli de rochers.

Chez le chien de particulier : le stress du quotidien qui s’accumule

On imagine parfois qu’un chien de famille vit forcément dans un monde idéal. Pourtant, certains chiens vivent une succession de micro-stress qui, mis bout à bout, deviennent une véritable tempête intérieure.

Un chien peut être confronté à :

- des règles changeantes,
- des attentes humaines trop élevées,
- des sorties insuffisantes ou inadaptées,
- des sollicitations permanentes,
- des rencontres qu’il ne peut pas gérer,
- un manque de repos réel.

Chaque événement peut être comme une goutte d’eau. Une seule goutte ne fait rien. Mais une pluie qui dure finit par remplir le réservoir.

Le chien n’est alors plus seulement en train de « mal se comporter » : son organisme peut être en mode survie, comme une alarme qui sonne depuis tellement longtemps qu’elle ne sait plus s’arrêter.

Le chien de refuge : un système en état d’alerte

Pour certains chiens de refuge, la charge allostatique peut atteindre des niveaux extrêmes.

Ils peuvent accumuler :

- la perte de leurs repères,
- la séparation d’avec leurs humains,
- le bruit constant,
- la promiscuité,
- l’impossibilité de choisir leurs distances,
- les manipulations répétées.

Le refuge peut devenir pour certains chiens une pièce où le bouton « pause » n’existe plus.

Leur cerveau scanne alors l’environnement en permanence :
« Est-ce dangereux ? Puis-je fuir ? Dois-je me défendre ? »

Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est un organisme qui a appris à tenir debout dans une tempête.

Quand le comportement devient le langage du stress

La charge allostatique peut s’exprimer de nombreuses façons :

- agitation,
- hypervigilance,
- réactions excessives,
- irritabilité,
- retrait,
- difficultés d’apprentissage,
- comportements répétitifs.

Le chien ne dit pas avec des mots : « mon système est saturé ».

Il le montre avec son corps.

Un chien très stressé n’a parfois plus accès à toutes ses capacités, comme un ordinateur avec trop de programmes ouverts : il ralentit, il bugue, il répond moins bien.

Réduire la charge : reconstruire un équilibre

Réduire la charge allostatique, c’est permettre au chien de déposer progressivement son sac à dos.

Cela passe par :

- un environnement prévisible,
- des besoins respectés,
- du repos,
- des choix laissés au chien,
- des interactions adaptées,
- des apprentissages progressifs.

Un chien ne récupère pas d’une longue période de stress en une journée, comme une batterie vide ne se recharge pas en quelques secondes.

La réhabilitation, c’est parfois simplement offrir assez de calme pour que le cerveau accepte enfin de sortir du mode alerte.

Car derrière chaque comportement, il n’y a pas seulement une action à corriger.

Il y a un organisme qui essaie de s’adapter au monde dans lequel il vit.

27/04/2026

On m’a appelé pour intervenir auprès d’un chien croisé Malinois et Cane Corso. C’était un adolescent, encore en phase d’apprentissage.

Lorsque j’ai rencontré sa maîtresse, j’ai tout de suite remarqué quelque chose de particulier : elle parlait extrêmement doucement. Elle s’adressait à moi, mais je distinguais à peine ses mots, seulement quelques syllabes.

J’ai commencé à travailler avec son chien. Puis, à un moment donné, je lui ai simplement demandé d’essayer de parler un peu plus fort. Mais elle n’y arrivait pas. Elle était gênée, mal à l’aise, comme bloquée.

Nous sommes donc rentrés chez elle, avons lâché le chien, puis sommes partis prendre un café. Là, tranquillement, je lui ai proposé un exercice un peu particulier. Je lui ai demandé de dire :
« Assis, co***rd ! »

Elle m’a regardé, extrêmement gênée.

Je lui ai alors expliqué : si tu demandes « assis » à ton chien et qu’il ne le fait pas, puis que tu répètes « assis, co***rd ! », ce n’est pas le mot qui fait la différence. Ce qui compte, c’est l’intention, l’énergie, l’expression du visage. Ta voix devient plus ferme, plus engagée… et c’est cela que ton chien perçoit.

Mais malgré tout, elle restait bloquée.

Alors je l’ai provoquée, avec humour et un peu de défi :
« Assise, co****se ! »

Elle m’a regardé. Dans ses yeux, il y avait tout ce qu’elle n’osait pas dire… comme si elle me répondait intérieurement : « co***rd ».

Je lui ai dit :
« Dis-moi ce que tu dois faire. »

Et là, elle a essayé :
« Asssssiiiiiiisssss… coooonnnnard… »
À peine audible.

Je lui ai demandé de recommencer :
« Redis-moi ce que tu as dit. »

Et cette fois, elle a lâché :
« ASSIS, CO***RD ! »

On a éclaté de rire.

À partir de là, nous avons travaillé cet exercice dans différentes situations. Petit à petit, quelque chose changeait chez elle : plus de présence, plus d’intention, plus d’assurance.

Puis le chien est revenu.

Nous avons repris l’exercice. Elle a demandé « assis » — rien.
Puis elle a tenté : « Assis» sans le dire «co***rd ! » mais ça tête lui disait.
Et là, quelque chose était différent. Son visage, son énergie, sa posture… tout avait changé.

Le chien s’est assis.

Je lui ai dit :
« Tu as vu ? Il s’assoit… et pourtant, tu n’as rien changé aux mots. C’est toi qui as changé. »

Elle m’a regardé et m’a répondu :
« C’est toi qui m’as changée… en mieux. Quand tu m’as dit “assise, co****se”, tu m’as rendue plus forte. Et je t’en remercie. »

Nicolas Greveldinger

12/04/2026

Petit exercice domestique pour travailler les autocontroles... Après l'excitation du départ et les aboiements, place à un YAGO plus calme et patient.
Les nombreux bâillements montrent le degré de frustration 😂.
Bravo mon chien.

19/02/2026

Caler la génétique d'un Bibi, dans la petite case qui correspond à nos attentes de vie de famille, ce n'est pas évident. Même en tassant bien, ça ne rentre pas.
Autrefois, le chien était amené à faire ce pourquoi il était sélectionné. Garde, ratier, piste, rapport, protection, berger... Une vie active.
Les chiens, comme les hommes étaient modelés par le territoire. En bord de mer, on était pêcheur. La rigueur de l'océan modelait le quotidien, impactait la vie de famille, les fêtes, les recettes, le caractère. Leur culture était différente des hommes des montagnes, des plaines ou du désert. La cuisine, les traditions, les coutumes, les vêtements...
Tout découlait de l'environnement avant la facilité des transports et de la mobilité.
Les races de chiens étaient locales, (comme le reste d'ailleurs) spécifiquement sélectionnées durant les siècles pour s'adapter aux difficultés du terrain, de la météo et des activités humaines.
Aujourd'hui, on peut trouver un chien des steppes ou des montagnes en ville, avec comme seule activité l'attente du maître dans son appartement, deux promenades dans les rues par jour et une sortie dans un espace vert le week-end. (Si le maître a un véhicule). Je prend un cas extrême de la vie citadine, mais il n'est pas si rare.

Le choix du chien de compagnie est trop souvent basé sur le désir d'avoir. On peut avoir à Paris, un chien d'Amérique du Sud, d'Afrique, d'Asie. Et au Portugal, un chien de Sibérie. On peut avoir un chien de troupeau, un ratier, un molosse de garde.
Le chien n'est plus regional ni de travail. Il est aussi objet de la mondialisation.
Heureusement, certains choisissent encore les chiens qui correspondent à leur lieu de vie, leur disponibilité, leur mode de vie.
Les races sont nées de leurs adaptations aux territoires et de leurs collaborations aux activités humaines. Même si en ville, ils glandent sur nos canapés depuis disons 50 ans, vous n'effacerez pas les millénaires de génétique, vous pouvez, au mieux, la modérer. Choisissez judicieusement, éduquez et comblez les besoins 🌸 .

© AKABO - Maître Formé - Chien Éduqué Mai 2023.
Les sublimes clichés sont de ©Sanna Sander.

29/01/2026

Petite note de rappel pour vous, propriétaire de Chien, qui demande de l’aide à des éducateurs et qui avait du mal à voir les progrès ou les résultats. Voici juste une petite note de rappel qui est logique….. 🤷🏻‍♀️
🤷🏻‍♀️
L’éducation d’un chien, que ce soit dans le cadre d’un apprentissage classique avec un éducateur ou d’une rééducation suite à des problèmes de réactivité (envers les joggeurs, les vélos, les autres chiens ou les humains), ne peut jamais garantir un résultat à 100 % si le travail ne se poursuit pas à la maison.

Les séances avec le professionnel servent avant tout à guider, donner des outils, corriger les erreurs et mettre le chien sur la bonne voie. Mais elles ne représentent qu’une petite partie du temps de vie du chien. Le véritable progrès se construit au quotidien, dans la répétition, la cohérence et l’implication du maître.

Un chien n’apprend pas en une heure par semaine. Il apprend chaque jour, à chaque interaction, à chaque sortie. Si les règles ne sont pas maintenues, si les exercices ne sont pas pratiqués régulièrement, ou si les comportements demandés ne sont pas cohérents, les acquis s’effacent rapidement.

L’éducateur ne fait pas « à la place du maître » : il transmet un savoir-faire. C’est ensuite au propriétaire de devenir acteur de l’éducation de son chien. Sans cet engagement quotidien, aucun professionnel ne peut promettre des résultats durables.

En résumé, l’éducateur montre le chemin, mais c’est le maître qui doit le parcourir avec son chien.

19/12/2025

On vit une époque étrange non?!
On parle tout le temps, mais on communique très mal!
Dans l’éducation canine (comme ailleurs ...) ça crée une dérive: on interprète tout à travers le prisme humain.
On plaque des émotions humaines sur un animal qui, lui, communique par posture, rythme, tension musculaire, micro-gestes (et je ne parle pas des phéromones)… et rien de tout ça n’a besoin de mots.
Le problème, c’est que nous avons oublié (ou jamais su?) comment lire ce langage-là.
Notre communication est devenue presque exclusivement verbale.
On envoie des messages, on commente, on discute, on s’explique.
Et plus on dépend des mots, plus on perd le reste: le corps, la distance, le regard, le silence, le contexte.
Le non-verbal humain s’est rétréci au point où, sans langage, on est quasiment muet.
Essayez d’échanger avec un Chinois ou un Russe sans un mot commun, sans technologie, sans traduction...
Pire... Imaginez essayer de communiquer avec un français ... Né en 1700! Cela serait quasiment impossible!
Dépourvu de notre vocabulaire "moderne", nous sommes vite désarmés, notre communication est devenue fragile, trop appuyée sur les mots.
Et notre vocabulaire est minuscule comparé à la finesse réelle d’une communication vivante.
Quelques milliers de mots pour décrire des milliers de nuances posturales, tensives, olfactives, rythmiques… c’est dérisoire.
On met le même mot—“peur”, “joie”, “stress”, “énergie”—sur des dizaines de phénomènes totalement différents.
Chez le chien, c’est l’inverse!
Le langage n’a pas été appauvri.
Il n’a jamais été remplacé par un smartphone ou une légende Instagram.
Il est resté biologique, instinctif, immensément précis.
Un chien d’aujourd’hui pourrait communiquer avec un chien né il y a 2000 ans.
Un chien français lit parfaitement un chien japonais, turc ou argentin.
Leur langage est universel parce qu’il est inscrit dans le corps, pas dans les mots.
Et c’est là que l’anthropomorphisme devient un vrai problème.
Quand on dit qu’un chien “est vexé”, “fait exprès”, “est jaloux”, “boude”, on colle une étiquette verbale extrêmement pauvre sur un signal corporel extrêmement riche.
On simplifie à l’extrême un système d’informations qui nous dépasse largement.
À chaque fois qu’on traduit un comportement canin avec un mot humain, on perd 90 % du message.
En prenant le mot "stress" par exemple, il peut traduire à lui tout seul, des dizaines d'émotions, des plus subtiles aux plus intenses... Et même chez l'humain, c'est un mot qui ne sera pas compris de la même façon par chacun.

Le défi moderne, ce n’est pas de devenir plus émotif, mais de redevenir compétent, de réapprendre à lire ce qui se passe vraiment.

Se sortir des mots et revenir au vivant.

Regardez votre chien comme un chien.
Observez la posture, le souffle, la vitesse, les micro-arrêts, les variations de tonus, les mouvements de sa gu**le...

Parce que lui, contrairement à nous, n’a jamais oublié comment communiquer.

29/11/2025

On associe souvent la prédation au fait de chasser et manger une proie.
En réalité, c’est bien plus large : c’est un ensemble d’actions instinctives, déclenchées par un mouvement, un bruit, une odeur… et qui ne dépendent pas de la faim.

La séquence s’organise en plusieurs étapes : repérage → approche → poursuite → attraper → mise à mort → déchiquetage/consommation

Tous les chiens n’expriment pas toute la séquence : certains ne font que fixer, d’autres partent en poursuite, d’autres encore attrapent mais s’arrêtent là. La chaîne peut être complète, partielle ou très modifiée. En effet, dans le cadre de la domestication et de la sélection par l’homme, ces séquences comportementales ont pu être amplifiées, atténuées, supprimées ou modifiées selon les usages attendus de la race et de la lignée (troupeau, chasse, garde, compagnie, etc...).

Quelques exemples (évidemment, il y a une variabilité entre les lignées et même entre les individus) :

- Chiens de berger : très sensibles au mouvement → ils repèrent vite, suivent, contournent, contrôlent… mais la séquence est bloquée avant la mise à mort

- Terriers : sélectionnés pour descendre dans les terriers et éliminer du nuisible → séquence poussée vers attraper / mise à mort

- Chiens courants : passionnés par la poursuite → la phase de “course derrière” est particulièrement développée

- Chiens de garde et de défense : sélectionnés pour réagir vite, poursuivre et saisir. Leur séquence prédatoire est donc boostée sur “poursuite → prise”, à canaliser ensuite par l’entraînement

- Races primitives/nordiques : séquence souvent plus complète et plus “naturelle”

etc..

💡Pourquoi c'est important ? Car ça permet de comprendre son chien
👉 Ce fonctionnement explique certains comportements qui posent problème au quotidien : les départs sur gibier, bien entendu, mais également la poursuite de joggeurs, de vélos, de voitures,... très fréquemment observée chez les chiens de berger sensibles au mouvement. Le chien n’a pas l’intention de “manger” ces cibles : c’est simplement la phase de poursuite qui se déclenche.

Identifier le moment précis où votre chien “s’allume” dans la séquence (repérage, fixation, départ en poursuite, prise…) permet d’anticiper, de prévenir les débordements et de proposer des activités de substitution cohérentes.

👉 Ce mécanisme éclaire également le fonctionnement du jeu :
- les jeux de lancer stimulent la phase de poursuite,
- les jeux de traction activent la phase d’attraper / tirer, proche de la mise à mort.

Rien de négatif là-dedans : ce sont d’excellents outils pour canaliser un chien, renforcer la complicité et lui offrir une manière saine d’exprimer ce qui fait partie de sa nature. Un chien reste un chien : il doit pouvoir exprimer ses comportements instinctifs, mais dans un cadre maîtrisé.

👉 Enfin, il y a une grande part d'inné et de tempérament du chien, mais l'expression de ces comportements dépend aussi du contexte, de l'éducation et des stimulations proposées au quotidien :

- Le contexte, c’est-à-dire l’environnement immédiat et social, joue un rôle clé : un chien vivant dans un lieu où le gibier est abondant ou avec d’autres chiens aura plus de chances de voir ses comportements de chasse déclenchés ou amplifiés (effet de meute).

- L’éducation permet de poser des règles claires et de canaliser ainsi ses instincts

- Une stimulation adaptée offre au chien des occasions d’exprimer ses instincts de manière saine (mantrailing, jeux olfactifs, mordant sportif, troupeau, jeux contrôlés, traction, etc).

- À l’inverse, un environnement pauvre ou une surstimulation sans contrôle, l’ennui ou la frustration favorisent les poursuites inappropriées et les réactions exacerbées.

Pour conclure : la prédation n’est pas un défaut. C’est un comportement naturel, façonné par la sélection et modulé par l’individu. Son expression dépend à la fois de l’ADN, de l’environnement, des stimulations et de l’éducation. À nous de la canaliser intelligemment.

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