25/07/2026
La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.
C’est une phrase à laquelle je pense très souvent lorsque je promène mes chiens.
J’ai parfois l’impression que notre société est devenue moins tolérante envers ce qui est différent de nous. Chacun défend ses convictions, parfois avec beaucoup de conviction, en oubliant que celles des autres méritent tout autant d’être respectées.
Avec les chiens, c’est exactement la même chose.
Même si les choses ont énormément évolué ces dernières années, les chiens restent encore trop souvent anima non grata. Ils sont interdits dans de nombreux lieux et certaines personnes en ont peur, ne les aiment pas ou ne souhaitent tout simplement pas être à leur contact.
On peut trouver cela dommage. On peut ne pas être d’accord. Mais ces personnes ont le droit de penser ainsi.
Et si nous voulons que le regard porté sur nos chiens évolue positivement, je suis convaincue que cela commence par nous.
Quand je croise quelqu’un sur un trottoir, je me décale avec mes chiens. Non pas parce qu’ils sont dangereux, mais parce que je ne sais pas si la personne en face a peur des chiens, est allergique ou n’a simplement pas envie d’en croiser. Ce n’est pas parce que moi je les aime que cela doit être le cas de tout le monde.
Il en va de même avec les autres chiens.
Ce n’est pas parce que notre chien est « gentil » qu’il doit aller dire bonjour à tous les chiens qu’il rencontre. Celui d’en face, nous ne le connaissons pas. Il est peut-être âgé, malade, réactif à la suite de mauvaises expériences… ou il n’a tout simplement pas envie de faire une rencontre. Après tout, les chiens aussi ont le droit d’avoir leurs préférences.
Et avant toute interaction, une règle me paraît essentielle : demander l’accord du propriétaire en face.
Même si nous ne partageons pas sa lecture de la situation. Même si nous sommes persuadés que « tout va bien se passer ». Même si nous interprétons différemment le comportement de son chien.
Son chien est sous sa responsabilité. Son « non » n’a pas besoin d’être justifié. Il a simplement besoin d’être respecté.
La bienveillance, c’est aussi savoir accepter un refus sans jugement, sans insister et sans créer de tension. Parce qu’au final, les tensions entre humains finissent bien souvent par se transmettre… aux chiens.
Deux situations m’ont particulièrement marquée.
Dans mon quartier, il y a un monsieur très âgé qui n’aime pas les chiens. Un jour, il m’a vue ramasser les déjections de ma chienne et les jeter à la poubelle. À ma grande surprise, il m’a remerciée, m’a félicitée… puis a terminé en faisant un compliment sur ma chienne.
Une autre fois, j’ai croisé une famille sur un trottoir. Je me suis mise de côté avec mes chiens pour leur laisser le passage. Ils m’ont remerciée en m’expliquant qu’ils n’étaient pas à l’aise avec les chiens et qu’ils appréciaient énormément cette attention. Quelques secondes plus t**d, ils souriaient à mes chiens.
Ces deux situations m’ont confortée dans une idée : ce sont souvent les petits gestes qui font évoluer les mentalités.
À l’inverse, lorsque nous imposons nos chiens aux autres, lorsque nous répondons « Ne vous inquiétez pas, il est gentil ! » alors que la personne ou le chien en face ne souhaite pas cette interaction, nous ne rendons pas service à nos chiens. Nous desservons même leur cause.
Chaque comportement irrespectueux renforce un peu plus les préjugés. Et ces préjugés finissent par se traduire par davantage d’interdictions, davantage de méfiance et une société où les chiens ont de moins en moins leur place.
Alors oui, parfois, cela demande de faire un pas de côté, de renoncer à une rencontre ou de prendre quelques secondes de plus pendant une promenade.
Mais si ce petit effort permet à quelqu’un de repartir avec une meilleure image des chiens et de leurs propriétaires, alors il en vaut largement la peine.
Nous ne sommes pas obligés de partager les convictions des autres. En revanche, nous pouvons choisir de les respecter.
Parce qu’au fond, le respect n’est pas seulement une preuve d’éducation ou de civisme. C’est aussi un formidable levier pour faire évoluer les mentalités.
À vouloir imposer nos chiens aux autres, nous finissons parfois par pénaliser ceux que nous cherchons justement à défendre.
Alors soyons les meilleurs ambassadeurs de nos compagnons. Montrons, chaque jour, qu’il est possible de vivre ensemble avec empathie, bienveillance et respect.
La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Et c’est sans doute en respectant les convictions de chacun, même lorsqu’elles sont différentes des nôtres, que nous aiderons nos chiens à trouver, demain, une place encore plus grande dans notre société.