20/08/2026
"Pendant plus de vingt ans, Céline Leheurteux a exercé la médecine vétérinaire au Québec. Comme toutes les équipes soignantes, elle a accompagné d’innombrables familles dans le moment le plus difficile : celui de l’au revoir. Mais une chose lui était devenue insupportable : déposer un animal aimé dans un simple sac plastique. « Cela n’honorait ni la confiance que les familles m’accordaient, ni mon rêve d’enfant de devenir vétérinaire », confie-t-elle. À l’époque, il n’existait tout simplement aucune alternative digne sur le marché. Derrière ce sac se cachait surtout un angle mort de toute la profession : presque rien ne préparait les vétérinaires à accompagner la fin de vie et le deuil, ni les familles, ni eux-mêmes.
En 2016, elle crée donc EUTHABAG, une housse mortuaire pensée pour les animaux. Digne, solide, étanche et fabriquée à partir de matières 100 % recyclées, elle protège le corps du compagnon tout en respectant sa mémoire. Trois mots résument son intention : « Partir avec dignité ».
Mais concrètement, à quoi sert cette housse sur le plan technique ? L’euthanasie repose sur le pentobarbital, un barbiturique très stable qui demeure présent dans le corps après la mort. En cas d’enterrement, ce produit peut s’infiltrer dans le sol et l’eau, y persister des années, et intoxiquer les animaux sauvages ou domestiques qui entreraient en contact avec la dépouille. Une housse étanche aux fluides corporels contient ces écoulements, protège le sol et l’eau et réduit ce risque. C’est pourquoi elle est pensée aussi bien pour la crémation que pour l’enterrement : le corps peut y être crématisé ou inhumé.
Sur le plan pratique, il faut mesurer ce que vit l’équipe vétérinaire. Déposer dans un simple sac plastique un animal que l’on vient d’euthanasier, souvent un patient suivi pendant des années, est un geste éprouvant, qui pèse lourd sur le personnel soignant. La housse change ce quotidien : solide, dotée de poignées pour porter et transporter le corps sans manipulation hasardeuse, elle remplace le bricolage de dernière minute par un geste sûr, simple et digne. Surtout, elle a été pensée par une amoureuse des animaux pour les amoureux des animaux, avec une mission claire : améliorer l’expérience de l’euthanasie pour l’équipe, l’animal et sa famille.
Mais c’est sur le plan émotionnel que tout se joue. Dans la plupart des établissements, déposer l’animal dans un sac reste un geste caché, accompli une fois la famille sortie de la salle. La housse renverse cette logique : les proches peuvent rester, y inscrire un prénom ou un dernier mot, et même la fermer eux-mêmes. Ce geste n’a rien d’anodin, il symbolise la fin d’un chapitre et amorce en douceur le travail de deuil. La famille garde un souvenir plus apaisé et le sentiment d’avoir protégé son compagnon jusqu’au bout. Pour une clinique, offrir cette présence, c’est élever le standard du dernier adieu." Céline Leheurteux Housse Euthabag
Lien en commentaire