29/05/2026
Ces derniers temps, je reçois un nombre impressionnant de demandes qui commencent et se terminent par la même question :
« Vous avez quelle couleur ? »
Pas bonjour, pas une question sur les parents, pas un mot sur le caractère, pas un intérêt pour le mode de vie du chiot, ses besoins, son tempérament ou sa compatibilité avec la famille qui souhaite l’accueillir.
Juste une couleur.
À croire que nous sommes passés du vivant à l’accessoire de décoration.
Je découvre également chaque jour de nouveaux experts en comportement canin. Ceux qui m’expliquent que tous les Australiens ont le même caractère, que tous les Australiens se ressemblent, et que de toute façon « ils finiront bien par s’adapter ».
C’est fascinant.
Parce que dans la vraie vie, un chiot n’est pas un meuble. Ce n’est pas une paire de chaussures qu’on choisit parce qu’elle s’accorde mieux avec le canapé du salon.
Un chiot a sa propre personnalité, ses sensibilités, son énergie, ses besoins. Même au sein d’une même portée, aucun ne ressemble parfaitement à son frère ou à sa sœur.
J’ai parfois l’impression qu’on attend de l’éleveur qu’il fournisse un modèle clé en main : un chiot qui ne bouge pas, ne pleure pas, n’aboie pas, ne fait jamais de bêtises, s’adapte instantanément à toutes les situations et, tant qu’à faire, ne respire pas trop fort.
Malheureusement, ou heureusement, nous travaillons avec du vivant.
Notre métier ne consiste pas à produire des chiots sur catalogue. Il consiste à les élever, les observer, les connaître, les accompagner et essayer de créer les meilleures associations possibles entre un chien et sa future famille.
Alors oui, la couleur peut être un critère parmi d’autres.
Mais si c’est le seul, il est peut-être temps de se poser la vraie question : cherche-t-on un compagnon de vie ou un accessoire de mode ?