30/05/2026
LE RECENT REPORTAGE DE FRANCE TELEVISION consacré aux chiens de race laisse un goût amer à de nombreux éleveurs sérieux et passionnés comme moi. Car derrière une apparente enquête “de protection animale”, le spectateur assiste surtout à un programme à charge, orienté presque exclusivement vers les dérives et les problèmes de santé, sans jamais montrer la réalité du travail effectué par les bons éleveurs.
Oui, certains chiens souffrent de problèmes liés à des sélections abusives. Oui, certains élevages existent uniquement pour faire de l’argent. Mais réduire l’élevage canin de race à cela est profondément malhonnête.
Dans ce reportage, on montre des chiens malades, des opérations coûteuses et des propriétaires en détresse. En revanche, aucun mot ou presque sur les éleveurs responsables qui :
* réalisent des tests de santé,
* sélectionnent rigoureusement leurs reproducteurs,
* travaillent les lignées depuis des années,
* socialisent correctement leurs chiots,
* suivent leurs chiens toute leur vie.
Pourtant, ces éleveurs existent. Ils représentent même la majorité des professionnels passionnés qui cherchent avant tout à préserver une race, un caractère et des qualités de santé.
Le reportage donne également une place importante aux cliniques vétérinaires, avec un discours souvent alarmiste. Mais une question mérite d’être posée : combien d’intervenants vivent aussi économiquement de ces problèmes de santé ? Car derrière certaines prises de position très radicales, il existe également un intérêt financier évident.
Autre point totalement absent du reportage : la possibilité, en France, pour un particulier de s’improviser “éleveur” en faisant une portée par an, sans véritable formation, sans structure adaptée et avec très peu de contrôles réels.
Pourtant, une grande partie des dérives provient justement de là :
* reproductions faites sans connaissances génétiques,
* absence de tests de santé,
* chiots élevés dans de mauvaises conditions,
* socialisation inexistante,
* ventes motivées uniquement par l’argent facile.
Ces personnes ne représentent pas les éleveurs professionnels sérieux, mais elles alimentent pourtant une grande partie des problèmes rencontrés ensuite dans les refuges ou les cliniques vétérinaires. Curieusement, cet aspect essentiel n’est quasiment jamais abordé dans les reportages grand public.
Autre élément particulièrement dérangeant : certains chiens sont filmés lors d’expositions ou d’événements, parfois à l’insu de leurs propriétaires, avec des commentaires laissant entendre qu’ils pourraient souffrir de problèmes de santé, sans aucun examen vétérinaire public ni diagnostic établi.
Ce procédé entretient le doute dans l’esprit du spectateur et jette la suspicion sur des chiens et des éleveurs sans apporter de preuve concrète. Montrer un chien quelques secondes à l’écran ne permet pas de conclure sérieusement à un problème médical. Pourtant, le montage et les commentaires orientent clairement le public vers cette interprétation.
La conclusion du reportage oriente fortement le public vers l’adoption en refuge et vers le chien “non racé”, présenté presque comme une solution idéale face aux dérives de l’élevage. Là encore, le discours manque d’honnêteté.
Adopter un chien en refuge n’est pas gratuit. Une “participation financière” est demandée aux futurs adoptants. Qu’on l’appelle participation, frais d’adoption ou contribution, cela reste bien une transaction financière contre la remise d’un animal.
Il ne s’agit pas de critiquer les refuges, qui accomplissent souvent un travail difficile face aux abandons. Mais il faut aussi rappeler une réalité souvent oubliée : la majorité des chiens présents en refuge sont des chiens non racés ou issus de croisements.
Cela démontre bien que le problème des abandons ne concerne pas uniquement les chiens de race ni les éleveurs déclarés. Beaucoup de chiens abandonnés proviennent justement de reproductions “accidentelles”, de particuliers peu informés ou d’achats impulsifs sans réflexion préalable.
Pourquoi alors présenter systématiquement le chien de race comme le problème principal ?
Pourquoi opposer refuge et élevage alors que les deux mondes pourraient être complémentaires dans une vraie démarche de protection animale ?
La réalité est plus complexe.
Ce reportage aurait pu être équilibré. Il aurait pu dénoncer les excès tout en valorisant les éleveurs sérieux. Il aurait pu informer au lieu d’orienter.
Au final, le spectateur retient surtout une idée : “chien de race = souffrance” et “éleveur = business”. Une vision caricaturale qui pénalise injustement tous ceux qui travaillent correctement, investissent dans la santé de leurs chiens et consacrent leur vie à leur passion.
Aimer les chiens de race ne fait pas de quelqu’un un mauvais maître. Être éleveur ne fait pas automatiquement de quelqu’un un marchand sans scrupules.
La véritable question n’est pas “race ou refuge”.
La véritable question est : qui fait les choses correctement pour le bien-être des chiens ?