02/09/2026
🌎 INFO DE 8H30
AGRICULTURE :
MADAME LA MINISTRE, CONNAISSEZ-VOUS RÉELLEMENT LE MÉTIER DE CEUX QUE VOUS GOUVERNEZ ?
La question dérangera peut-être.
Mais aujourd'hui, je la pose.
Annie Genevard est ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
Son parcours ? Professeure certifiée de lettres classiques, puis une longue carrière politique.
Respectable.
Mais une question demeure : peut-on réellement comprendre le quotidien d'un agriculteur lorsqu'on ne l'a jamais vécu ?
Madame la Ministre, avez-vous déjà attendu la pluie pendant des semaines en regardant vos prairies jaunir ?
Avez-vous déjà calculé combien de tonnes de fourrage il faudra acheter parce que vos terres n'ont pas produit suffisamment ?
Avez-vous déjà regardé un troupeau en vous demandant comment vous allez le nourrir jusqu'au printemps prochain ?
Avez-vous déjà travaillé sept jours sur sept parce qu'une vache, une brebis ou une chèvre ne connaît ni dimanche, ni jour férié ?
Avez-vous déjà vu le prix du carburant, de l'alimentation animale, du matériel, des assurances et des charges augmenter pendant que votre revenu, lui, ne suivait pas ?
Avez-vous déjà tremblé devant une facture vétérinaire ?
Avez-vous déjà vu plusieurs mois de travail anéantis par la sécheresse, la grêle, un incendie ou une maladie ?
Avez-vous déjà dû vous demander si vous alliez vendre une partie de votre troupeau simplement parce que vous n'aviez plus suffisamment de fourrage ?
Voilà la réalité agricole.
Cet été encore, le ministère reconnaissait lui-même une situation exceptionnelle : sécheresse, canicules, incendies, prairies desséchées, manque de fourrage et trésoreries dégradées.
Et face à cela, nous entendons encore parler de dispositifs, de cellules de crise, de dérogations, d'acomptes, de plans et d'annonces.
Mais derrière les mots administratifs, il y a des hommes et des femmes.
Des familles.
Des exploitations parfois transmises depuis plusieurs générations.
Et surtout des gens qui nous nourrissent.
Je ne conteste pas qu'un ministre puisse apprendre ses dossiers, rencontrer des professionnels et s'entourer de conseillers compétents.
Je pose une autre question :
À quel moment ceux qui vivent réellement de la terre deviennent-ils les premiers interlocuteurs de ceux qui prennent les décisions ?
Parce qu'entre connaître un dossier agricole et vivre de l'agriculture, il existe un monde.
La terre ne se cultive pas depuis un bureau.
Un troupeau ne se nourrit pas avec un communiqué de presse.
Une exploitation ne se sauve pas avec des promesses.
Alors, Madame la Ministre, puisque de nouvelles aides sont annoncées, les agriculteurs attendent maintenant autre chose que des mots.
Combien ?
Pour qui ?
Quand ?
Selon quels critères ?
Et surtout : ces aides seront-elles à la hauteur des pertes réellement subies sur le terrain ?
Voilà les questions auxquelles il faudra répondre.
Car nos agriculteurs n'ont plus besoin qu'on leur explique leur métier.
Ils ont besoin qu'on les écoute. Et qu'on agisse.
Le petit journal de l'Allier