02/06/2026
Adieu, Docteur Boniface 🕊
Je n'ai pas les mots, alors je vais parler avec le cœur.
Hier soir, le téléphone a sonné et l'annonce de votre décès a résonné comme un choc.
Un torrent de larmes que je n'ai pas pu contenir. Alors je suis sortie prendre l'air, respirer. Et alors qu'en trois ans ici, je n'avais croisé qu'un seul hérisson, hier, un petit kipik est apparu, comme pour me dire quelque chose.
Vous n'étiez pas seulement mon vétérinaire depuis vingt ans. Vous êtes celui qui m'a appris à soigner tous ceux dont personne ne voulait, parce que chaque vie est importante.
Et alors que cela faisait râler vos associés, vous ne disiez jamais non à accueillir de nouvelles petites misères à soigner, le genre qui ne rapporte pas un centime mais qui en coûte.
Vous avez soigné, prolongé, aidé mes animaux et, quand il était temps, vous saviez me le dire et nous accompagner jusqu'au bout.
J'étais encore mineure quand j'ai fait mon premier stage à vos côtés. Vous m'avez appris tant de choses. À soigner, mais aussi à écouter et à être humaine. À toujours faire ce qui est juste pour l'animal et à ne jamais le tenir responsable de ses propriétaires.
Et quand Lilou a eu besoin de votre aide, vous n'avez pas hésité. Sa propriétaire voulait l'euthanasier parce que Lilou avait quatorze ans, était diabétique et que les piqûres à heure fixe étaient trop contraignantes.
La facilité aurait été de faire cette piqûre sans chercher plus loin, mais vous m'avez dit : « Elle ne souffre pas et peut vivre encore quelques années. Je vous offrirai les soins à vie pour elle. »
Lilou a dix-neuf ans aujourd'hui et est toujours parmi nous. Une de plus à qui vous avez sauvé la vie.
Les chats et les chiens, mais aussi les pigeons et toutes sortes d'oiseaux, les poules, les hérissons, les lapins, furets... Vous saviez prendre soin de chacun d'entre eux parce qu'ils comptaient.
Puis vous avez claqué la porte sans que nous puissions vous dire au revoir... Mais nous savions pourquoi. Votre intégrité était plus forte et vous refusiez de vendre votre âme au diable.
Les au revoir sont difficiles... Pourquoi s'infliger cela ?
Depuis, je n'ai pas pu retourner dans cette clinique. Trop difficile. Tout était désormais différent, trop différent. Votre absence a tout changé. Alors depuis... je ne sais pas trop où aller.
Je n'ai pas retrouvé un vétérinaire comme vous, un vétérinaire qui aime profondément les animaux, au point de ramener le travail à la maison et de se tracasser toute la nuit pour un cas qui lui pose problème.
Lors de l'une de nos dernières conversations, vous me disiez avoir de plus en plus de mal avec les euthanasies, avec la mort. Qu'avec les années, en s'en rapprochant, en ayant perdu des proches, ce n'était pas plus facile ; au contraire, cela devenait trop dur.
Je vous avais dit que vous étiez encore loin de la mort et que ce monde avait besoin de vous.
J'aurais tellement aimé avoir raison.
Alors, si votre épouse ou votre fille tombe un jour sur ce message, sachez que votre mari, votre papa, était un homme admirable et un modèle pour moi.
Il manquera à beaucoup de monde, y compris à son fidèle compagnon Marcel, à qui il avait également sauvé la vie.
Vous resterez toujours dans mes pensées.