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Éducation du cheval à pied en renforcement positif

Et si la vraie question n’était pas :« Est-ce que mon cheval dit oui ? »Mais plutôt :« Peut-il réellement dire non ? »Pa...
29/07/2026

Et si la vraie question n’était pas :

« Est-ce que mon cheval dit oui ? »

Mais plutôt :

« Peut-il réellement dire non ? »

Parce qu’un choix n’existe que lorsqu’il est possible de choisir autre chose.

C’est tout l’intérêt d’entrainements comme le bouton start, le bouton stop ou la porte de sortie.

Ils ne garantissent pas que le cheval consent.

Ils cherchent à lui donner davantage de moyens pour exprimer son accord... ou son désaccord.

Encore faut-il que ce désaccord ait une valeur.

Car, comment m’assurer déjà que mon cheval considère bien qu’il n’y perd pas ?

Alors on met en place différentes choses. On travaille à s’assurer que la porte de sortie reste toujours accessible, la première comprise, celle avec un historique de renforcement le plus élevé, pour qu’elle soit vraiment simple à choisir au besoin. Et on l’a respecte, systématiquement.

On s’assure également qu’on ne met pas un historique de renforcement trop fort sur notre bouton start, afin qu’il ne devienne pas un automatisme sans réflexion.

Et on s’assure que notre bouton stop est bien compris, sans être mal perçu par notre cheval. Que, tout au long de l’exercice/soin réalisé, lui et la porte de sortie restent accessibles, disponibles, entendables.

On prévient de ce que l’on va faire, avant de le faire (c’est ça aussi le consentement : savoir à quoi s’attendre).

Et là, on travaille avec son consentement ?

Qui sait...

On travaille en le recherchant, on travaille en le touchant peut être du doigt.

Mais le consentement est un concept délicat, fragile et surtout qui se veut pleinement compris et compréhensible pour l’individu qui doit le donner.

➡️ Penses tu que ton cheval s’autorise à dire non ?

« Il suffit d’observer son cheval. »J’entends souvent cette phrase, un peu réductrice à mon goût.Nous passons du temps à...
22/07/2026

« Il suffit d’observer son cheval. »

J’entends souvent cette phrase, un peu réductrice à mon goût.

Nous passons du temps à apprendre à lire les expressions, les postures et les comportements de nos chevaux. C’est indispensable.

Mais ce n’est pas infaillible.

Même entre humains, alors que nous disposons d’un langage commun, le consentement n’est visiblement pas quelque chose de limpide pour tou.te.s.

Alors avec une autre espèce, pourquoi serions-nous capables d’en être certains à chaque instant ?

Une étude récente montre d’ailleurs que nous identifions plus facilement les émotions négatives des chevaux que les émotions positives. Cela ne signifie pas que nous les comprenons mal. Cela rappelle simplement qu’il existe une part d’interprétation... et donc une possibilité de se tromper.

C’est précisément cette incertitude qui rend la recherche du consentement si intéressante.

Elle nous pousse à ne pas nous contenter de ce que nous croyons voir.

Elle nous invite à créer des situations où le cheval peut exprimer plus clairement son accord... ou son désaccord.

C’est de là que sont nés des outils comme le bouton start, le bouton stop ou encore la porte de sortie, dont je parlerai dans le prochain post.

Chercher le consentement, ce n’est pas affirmer que l’on sait.

C’est accepter que l’on ne saura peut-être jamais avec une certitude absolue... et continuer malgré tout à chercher à mieux comprendre son cheval.

Parce qu’au fond, ce n’est pas la certitude qui fait progresser notre relation.

C’est l’humilité.

➡️ Et toi, qu’en penses tu : jusqu’où peut-on vraiment être certain de comprendre ce que notre cheval exprime ?

Étude menée disponible via ce lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0168159125004009

17/07/2026

« Mon cheval aime ça. »

C’est une phrase que l’on entend souvent.

Et pourtant... c’est une conclusion qui mérite d’être questionnée.

Parce qu’un cheval qui reste immobile n’est pas forcément un cheval qui est d’accord.

Il peut apprécier la situation.

Il peut aussi la tolérer.

Il peut avoir appris qu’il obtiendra une récompense.

Ou qu’il vaut mieux ne pas s’y opposer.

Le comportement, à lui seul, ne raconte pas toute l’histoire.

C’est là que la différence entre coopération et consentement devient essentielle.

Un cheval peut coopérer sans être pleinement en accord avec ce qu’il vit.

C’est précisément pour cette raison que rechercher son consentement demande plus que d’observer un comportement « calme ». Cela nous oblige à nous interroger sur ce qui motive réellement cette coopération.

Lorsque ton cheval accepte un soin, le spray anti-mouches ou une manipulation, pose-toi la question : est-il réellement à l’aise ? A-t-il le choix ? Ou a-t-il simplement appris que c’était la meilleure option ?

Affirmer que « mon cheval aime ça » sans avoir exploré ces questions, c’est aller un peu vite.

Chercher le consentement, ce n’est pas chercher une réponse qui nous arrange.

C’est accepter que la réalité soit parfois plus complexe que ce que l’on aimerait croire.

➡️ Et toi, penses tu que savoir lire les signaux de ton cheval est un outil fiable pour t’assurer de son consentement ?

J'avais envie depuis un certain temps maintenant de suivre cette formation, afin de creuser plus loin l'aspect trauma de...
08/06/2026

J'avais envie depuis un certain temps maintenant de suivre cette formation, afin de creuser plus loin l'aspect trauma de nos chevaux, pour pouvoir mieux les accompagner ; c'est chose faite !

Être un cheval domestique c'est bénéficier parfois de conditions de vie plutôt "aisées" (pas toujours), mais c'est (souvent) aussi avoir une valise d'expériences passées pas forcément très chouettes...

Une corde de plus à ajouter à mon arc, pour les couples humain/cheval que j'accompagne (et les miens, de chevaux tant qu'à faire aussi).

Merci Understand Horses pour cette formation !

On parle beaucoup de faire en sorte qu'il n'y ait pas de frustration, pour un cheval travaillé en R+ (et c'est bien !).O...
09/04/2026

On parle beaucoup de faire en sorte qu'il n'y ait pas de frustration, pour un cheval travaillé en R+ (et c'est bien !).

On y retrouve en grande partie la notion d'éviter d'avoir un cheval frustré au travail (important).

Mais en y réfléchissant aujourd'hui, une chose sur laquelle j'avais du mal à mettre le doigt précisément m'a frappé.

Les détracteurs du travail avec récompense alimentaire ont un argument souvent : que nos chevaux ne nous voient pas seulement comme un distributeur à bonbons.
Et d'une certaine manière, je suis d'accord avec ça.

Ne me lapidez pas tout de suite, je m'explique !

Je suis d'accord avec le fait que ce n'est pas parce qu'on travaille avec des récompenses alimentaires, qu'il faudrait que notre relation entière avec notre cheval ne tourne qu'autour de cela.

Oui, je veux que ma jument soit bien dans le travail avec moi. Oui, je veux qu'elle soit motivée, contente de me voir.

Mais je ne veux pas forcément qu'elle n'ait presque que ça en tête : faire des choses avec moi pour avoir son bonbon. Parce qu'elle est un cheval et que c'est OK que certains jours elle préfère brouter parce qu'ils viennent de changer de champ, parce que là un nouveau vient d'arriver dans le troupeau et qu'elle a des trucs de cheval à gérer.

Et on y retrouve cette dimension d'éviter la frustration.

De la même manière que la mise en place du marqueur tel que je le transmets, juste un "petit plus" sur quelque chose de "bien" déjà, je crois que c'est ça ce que j'aspire à être au quotidien avec mes chevaux.
Un "petit plus".

Que s'ils ne l'ont pas, c'est un peu dommage mais ça n'est pas cata.

Je ne veux pas que ma jument travaillée en R+ veuille absolument qu'on fasse un truc pour avoir un bout de carotte, et ce même si elle est déjà presque dans le rouge de tout ce qu'elle a/doit gérer dans son environnement en parallèle (ou même juste, tout court).

On devrait toutes les 2 être capable de juste se dire bonjour, et puis se poser sans rien d'autre forcément, et que ça soit OK. Juste être là, avec elle, dans son environnement. Acceptée, mais pas essentielle.

Il y a quelques jours, j'ai eu une séance avec un chouette binôme et une question est arrivée. "Je ne suis pas sûre de c...
25/03/2026

Il y a quelques jours, j'ai eu une séance avec un chouette binôme et une question est arrivée.
"Je ne suis pas sûre de comprendre ou d'être totalement à l'aise avec ça, parce que là on ne force pas ? Mais si un jour on a besoin d'imposer (urgence, autre...) ?"

Et j'ai trouvé cette question plus que pertinente.

Dans ma vision du travail avec le cheval, je vois (au moins) 2 axes essentiels :
L'être, et le faire.

L'être, c'est ce que l'on ressent, les émotions qui sont associées à une situation, un stimulus, une personne, une action.

Le faire, c'est le comportement lui-même, l'action réalisée.

Être à l'aise dans le van, c'est de l'être.
Monter dans le van en suivant la pression de la longe et y rester le temps que l'on ferme la barre de queue, c'est du faire.

Être détendu quand le clic intervient, c'est de l'être.
Savoir toucher une cible, monter sur un podium, mettre seul son licol, c'est du faire.

Et donc ?
Et donc, quand je travaille avec des chevaux, que ce soit les miens ou les vôtres en séance, je commence par travailler l'être.

Avant d'apprendre à mon cheval d'entrer dans le van en suivant la pression, je l'accompagne à découvrir cette grosse boîte, à prendre confiance à l'intérieur, à être déjà détendu sans qu'un facteur humain risque d'apporter un potentiel stress en plus.

C'est pour cela qu'avant d'apprendre à mon cheval à toucher une cible et avoir une récompense, je lui apprends qu'en restant calmement à manger, la récompense arrive toujours à lui.

Alors, en effet, pendant cette phase, on ne force pas, on ne presse pas. On oriente au rythme du cheval, on le laisse explorer, essayer, découvrir.
Et une fois que l'être est posé, ancré, on commence à travailler le faire.

Travailler et écouter l'émotionnel avant de travailler le comportement, pour faciliter la mise en réussite de chacun et surtout dans un contexte le plus apaisé possible.

Et pourquoi ça peut être long ? Parce que travailler l'émotionnel c'est travailler en écoutant le cheval et sans déclencher de forte réaction de peur/stress. Contraindre à ne plus bouger, on ne serait plus dans l'être : on serait dans le faire...

19/03/2026

Parfois, on peut avoir l'impression qu'il ne se passe rien... Alors qu'il se passe énormément de choses.

Petit partage d'un moment de vie, visuellement plutôt banal.
Je vous propose un second niveau de lecture.

Je rentre dans le pré avec un licol que je passe à Jamaïc.
Caïno, derrière, ne réagit pas.
Il fait de l'anxiété de séparation (en cours de travail et sur laquelle il progresse) et cela me permet deux choses :
- de vérifier que la mise du licol n'est pas déjà un déclencheur pour lui ;
- continuer à banaliser la mise du licol sur les autres, pour ne pas qu'il stresse dès cette étape.

Ensuite, je travaille Jamaïc pour la préparation aux vaccins. Elle n'a pas le contrôle sur la situation : pas de soins coop ici, mais une situation simulée pour s'approcher de celle dans laquelle nous serons avec la vétérinaire.
1min30 d'entraînement, ça n'est pas grand chose sur une visite à mes chevaux, mais c'est un temps pris qui facilitera la vie de tout le monde le jour des vaccins.

Enfin, Izi. Izi qui traîne encore une légère frustration à la nourriture, plus ou moins intense selon les contextes.
Elle sait que je travaille Jamaïc avec des récompenses alimentaires. Mais pourtant, elle reste tranquillement à manger son foin, sans présenter de signes de frustration : cette situation est OK pour elle (sinon je ne l'aurais pas fait juste à côté d'elle, bien entendu).
Et spoiler alert : pour cela, je ne l'ai pas travaillée en la repoussant à chaque fois qu'elle venait nous voir avec Jamaïc, tout simplement parce que je ne l'ai pas mise dans une telle situation avant de me dire qu'elle pouvait la gérer...
C'est là encore un travail de quelques minutes par ci par là sur la durée qui amène aujourd'hui ce résultat.

Cette vidéo est banale mais illustre bien, je trouve, mon travail de comportementaliste.
Pas d'allures ronflantes, pas de performances extrêmes.
Mais amener de la sérénité à des chevaux qui n'en avaient pas forcément de base sur certaines situations, et continuer à l'entretenir pour leur faciliter la vie au quotidien... Et par la même occasion, la mienne !

13/02/2026

On me demande parfois si je travaille mes 3 chevaux en soins coopératifs.

La réponse est simple : non.

Non, car travailler en soins coopératifs, c'est un peu comme faire une belle pirouette (oui, je tente des analogies plus ou moins claires).

C'est une répétition de bases, que l'on vient affiner, peaufiner, perfectionner, pour venir faire ensuite quelque chose qui semble simple à réaliser, mais qui repose sur un ensemble de bases qui ont été travaillées et consolidées largement en amont.

Et tout ce travail demande du temps.

Du temps que je n'ai pas pris (encore) avec Izi et Caïno, mais que j'ai pris avec Jamaïc, ces bases étant celles qui nous servent dans le travail en R+ que nous faisons ensemble.

Izi étant arrivée avec une frustration à la nourriture assez forte, on a commencé par remettre un terrain un minimum neutre avant même d'envisager poser les premières fondations d'un tel travail.

Caïno, lui, pourrait commencer à avoir des bases intéressantes. Peut être, d'ici quelques mois aura t il également la possibilité de tester ce type de séance.

Mais en attendant, même sans pousser aussi loin, rien de nous empêche de travailler en medical training pour les manipulations qui pourraient le nécessiter, et profiter d'avoir des pros super qui prennent le temps d'écouter leurs réactions...

Mais si travailler en soins coopératifs est quelque chose qui t'intéresse et que tu te sens prêt.e à te lancer sur cette passionnante aventure de bases à poncer, on peut échanger en MP !

En vidéo : Jamaïc en séance de shiatsu en soins coopératifs avec , positionnée sur son tapis, attentive à ce qui se passe dans son corps et autour d'elle.

Les apprentissages commencent dès que nous sommes avec eux. On se dit souvent que les apprentissages que l'on donne/souh...
05/02/2026

Les apprentissages commencent dès que nous sommes avec eux.

On se dit souvent que les apprentissages que l'on donne/souhait donner à nos chevaux sont ceux que l'on travaille lorsque l'on est en carrière ou en manège ; ou en extérieur lorsque l'on est cavalier d'extérieur.
Mais pas que.

Nos chevaux apprennent de nous dès le moment où nous arrivons dans leur périmètre.

À partir de là, ce ne seront certes pas les apprentissages de tours ou d'exercice tels que l'on peut les imaginer.

Mais ce seront les apprentissages "d'être" ensemble.

Quand mon humain rentre dans le pré, qu'est ce qu'il se passe si je m'approche ?
Et si j'essaie de lui faire les poches pour avoir un bout de carotte que je sens ?
Et que se passe t il si je lui propose un grooming, ou que je me gratte la tête sur lui ?

Imaginons que votre cheval arrive, vous avez des carottes plein les poches. Il veut venir sentir. Ça vous amuse, il est quand même fort d'avoir senti les carottes ! Hop, une carotte donnée à la main.

Votre cheval est renforcé dans le fait que venir renifler vos poches va être gagnant pour avoir une carotte, et il y a toutes les chances pour qu'il recommence.
Mais si la fois suivante, ça vous agace et que cette fois il prend une tape sur le nez : il apprend que parfois il gagnera un appétitif, mais parfois il gagnera un aversif.

Avoir de la rigueur et du cadre ça n'est pas forcément que pour eux, c'est également pour nous, savoir être rigoureux sur ce que l'on accepte ou non, afin que, sans violence, notre cheval sache comment nous fonctionnons, dès l'instant où nous sommes ensemble.

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