25/03/2026
Il y a quelques jours, j'ai eu une séance avec un chouette binôme et une question est arrivée.
"Je ne suis pas sûre de comprendre ou d'être totalement à l'aise avec ça, parce que là on ne force pas ? Mais si un jour on a besoin d'imposer (urgence, autre...) ?"
Et j'ai trouvé cette question plus que pertinente.
Dans ma vision du travail avec le cheval, je vois (au moins) 2 axes essentiels :
L'être, et le faire.
L'être, c'est ce que l'on ressent, les émotions qui sont associées à une situation, un stimulus, une personne, une action.
Le faire, c'est le comportement lui-même, l'action réalisée.
Être à l'aise dans le van, c'est de l'être.
Monter dans le van en suivant la pression de la longe et y rester le temps que l'on ferme la barre de queue, c'est du faire.
Être détendu quand le clic intervient, c'est de l'être.
Savoir toucher une cible, monter sur un podium, mettre seul son licol, c'est du faire.
Et donc ?
Et donc, quand je travaille avec des chevaux, que ce soit les miens ou les vôtres en séance, je commence par travailler l'être.
Avant d'apprendre à mon cheval d'entrer dans le van en suivant la pression, je l'accompagne à découvrir cette grosse boîte, à prendre confiance à l'intérieur, à être déjà détendu sans qu'un facteur humain risque d'apporter un potentiel stress en plus.
C'est pour cela qu'avant d'apprendre à mon cheval à toucher une cible et avoir une récompense, je lui apprends qu'en restant calmement à manger, la récompense arrive toujours à lui.
Alors, en effet, pendant cette phase, on ne force pas, on ne presse pas. On oriente au rythme du cheval, on le laisse explorer, essayer, découvrir.
Et une fois que l'être est posé, ancré, on commence à travailler le faire.
Travailler et écouter l'émotionnel avant de travailler le comportement, pour faciliter la mise en réussite de chacun et surtout dans un contexte le plus apaisé possible.
Et pourquoi ça peut être long ? Parce que travailler l'émotionnel c'est travailler en écoutant le cheval et sans déclencher de forte réaction de peur/stress. Contraindre à ne plus bouger, on ne serait plus dans l'être : on serait dans le faire...