03/09/2026
Pour moi, quelles qualités doit avoir un éducateur canin ?
Je vois énormément d’éducateurs se tirer dessus. Des éducateurs qui cherchent à en écraser d’autres pour briller, ressortir davantage ou prouver qu’ils seraient meilleurs que les autres.
Et pourtant, selon moi, cette guerre est totalement inutile.
Chaque éducateur a son expérience, son parcours, ses connaissances et sa façon de travailler. Chaque éducateur peut apporter quelque chose à un autre, même lorsque les niveaux ou les méthodes sont différents.
C’est justement pour cette raison que j’ai choisi de m’entourer d’autres éducateurs. Des jeunes, des anciens, des personnes avec des méthodes diverses et variées, des éducateurs connus et d’autres beaucoup moins. Des personnes qui ont des formations et des formateurs différents, des noms qui ne résonnent pas tous de la même manière.
Et pourtant, nous nous entraidons au quotidien.
Pourquoi ? Parce qu’au fond, nous avons la même chose en commun : nous aimons les chiens et nous voulons les aider.
Alors, lorsque je recherche un éducateur canin avec qui travailler ou vers qui me tourner lorsque j’ai besoin d’aide, il y a certaines qualités qui, pour moi, sont essentielles.
La première, c’est l’humilité.
Un éducateur doit savoir reconnaître qu’il ne sait pas tout. Il doit avoir suffisamment peu d’ego pour pouvoir écouter, apprendre, remettre certaines choses en question et accepter que quelqu’un d’autre puisse avoir une réponse qu’il n’a pas.
Pour moi, l’ego est aujourd’hui l’une des choses qui détruisent le plus notre métier.
Un éducateur ne devrait pas chercher à démontrer qu’il est meilleur que les autres. Il devrait chercher à devenir meilleur pour ses clients et pour les chiens qu’il accompagne.
Il doit également savoir s’adapter.
S’adapter au chien, évidemment, mais aussi à son humain. Parce que chaque chien est différent, chaque personne est différente, chaque histoire est différente et chaque niveau de compréhension l’est également.
On ne peut pas appliquer mécaniquement la même méthode à tout le monde. On ne peut pas fonctionner uniquement dans l’hypercontrôle, ni considérer qu’une seule façon de faire conviendra à tous les chiens et à tous les humains.
Un bon éducateur doit avoir sa propre méthode, ses propres connaissances et ses propres convictions, tout en étant capable de comprendre et d’observer les méthodes des autres.
Il doit surtout être dans l’analyse profonde : l’analyse des émotions, des énergies, des comportements et de la lecture canine.
Il doit être capable d’observer ce qui se passe réellement, plutôt que de simplement appliquer une recette.
Et cette capacité d’adaptation est tout aussi importante en collectif. Quand on accompagne plusieurs personnes, avec des niveaux et des capacités de compréhension complètement différents, il faut savoir adapter ses explications, son accompagnement et son cadre à chacun.
Mais être humble et bienveillant ne signifie pas être effacé.
Un éducateur doit aussi avoir un caractère suffisamment fort pour savoir cadrer. Cadrer les chiens, mais également les humains lorsque cela est nécessaire.
Il faut savoir s’imposer, poser des limites et sécuriser une séance ou un stage, sans tomber pour autant dans le contrôle permanent ou l’hypercontrôle.
Le cadre doit servir à sécuriser, à permettre à chacun de progresser et à créer les bonnes conditions pour travailler.
Parce qu’au final, nous ne sommes pas là pour nous prendre pour quelqu’un.
Nous ne sommes pas là pour être admirés, pour prouver notre supériorité ou pour devenir une sorte de Dieu aux yeux de nos clients.
On est là pour les aider.
Pour accompagner des personnes qui, très souvent, arrivent avec un chien présentant des troubles du comportement, avec des difficultés, des incompréhensions, parfois de la peur ou du découragement.
Notre rôle est de leur donner des clés, de leur transmettre notre expérience et de les accompagner pour qu’ils puissent comprendre leur chien et avancer avec lui.
Et si nous, éducateurs, sommes capables de mettre notre ego de côté, de partager nos connaissances, de nous remettre en question et de nous entraider plutôt que de nous tirer dessus, alors c’est tout le métier qui en sortira grandi.
Parce qu’au fond, nous n’avons pas besoin d’être les meilleurs les uns contre les autres.
Nous avons besoin de devenir meilleurs les uns avec les autres, pour les chiens.