Comportementaliste Laurence Roux

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Comportementaliste Laurence Roux J’aide les propriétaires à apprendre les bases essentielles (rappel, marche en laisse, attention…) et à mieux comprendre leur chien au quotidien.

🐾 Educatrice Comportementaliste Canin
📗 Autrice du livre : Notre chien, ce compagnon qui illumine nos vies

Points forts :
🐶 méthodes positives
🫶 respect du bien être animal
🤝 séance individuelle et visio
📌 secteur : Yvelines Laurence ROUX, Éducatrice Comportementaliste Canin, je propose un accompagnement personnalisé en éducation du chien, avec des méthodes positives, respectueuses et adaptées à chaque situation. Chaque accompagnement prend en compte les besoins du chien, son âge, son environnement et les objectifs du binôme. J’interviens à votre domicile, avec des conseils concrets et adaptés. Mon objectif : vous aider à construire une relation sereine, équilibrée et durable avec votre chien.

L’agression redirigée est l’un des comportements canins les plus mal compris. Et pourtant, elle peut se produire dans de...
06/10/2026

L’agression redirigée est l’un des comportements canins les plus mal compris. Et pourtant, elle peut se produire dans de nombreuses situations de la vie quotidienne.

Imaginez deux chiens qui vivent ensemble et qui sont tranquillement dans le jardin. Soudain, un chien passe derrière le grillage. L’un des deux chiens se tend, fixe l’intrus, aboie, s’agite, se précipite vers le grillage. Mais il ne peut pas atteindre ce chien. Le grillage l’en empêche.
L’excitation monte.
La frustration augmente.
La tension émotionnelle devient de plus en plus importante.
Et soudain, alors que son compagnon de vie se trouve à proximité, le chien se retourne et déclenche une interaction très brutale avec lui.

Pour la famille, la scène semble incompréhensible. « Ils étaient parfaitement calmes quelques secondes auparavant. Pourquoi s’en prend-il soudainement à son propre compagnon ? »
Pour comprendre ce qui vient de se passer, il faut regarder non pas uniquement le comportement final, mais tout ce qui s’est produit dans le chien avant celui-ci.

QUAND L'ÉMOTION DEVIENT TROP INTENSE
Un chien peut ressentir des émotions très fortes face à un stimulus.
De la peur.
De la frustration.
De l’excitation.
De la colère.
De l'inquiétude.

Mais ressentir une émotion ne signifie pas nécessairement pouvoir agir dessus.
• Un chien peut vouloir s’éloigner d’une situation qui lui fait peur et se retrouver bloqué par une laisse.
• Il peut vouloir rejoindre un congénère et être retenu.
• Il peut vouloir faire partir un chien qu’il perçoit comme une menace, mais être séparé de lui par un portail.
• Il peut entendre ou voir quelque chose qui provoque chez lui une très forte réaction, sans pouvoir atteindre la source du stimulus.

L’émotion est là, mais l’action qui permettrait normalement au chien de modifier la situation lui est impossible.
C’est cette impossibilité qui peut contribuer à faire monter considérablement son niveau d’activation.

Le chien ne peut ni agir, ni résoudre la situation. Il est débordé.
Son comportement devient alors beaucoup plus rapide, beaucoup plus intense et beaucoup moins flexible. C’est dans ce contexte qu’une redirection peut apparaître.

POURQUOI UNE AUTRE CIBLE ?
Le chien ne peut pas agir sur la source initiale de son émotion. Mais son état interne, lui, est toujours extrêmement élevé. Le comportement peut alors se diriger vers une cible accessible. Un autre chien. Un humain. Un objet. Une laisse.

La cible n’est donc pas nécessairement celle qui a provoqué l’émotion. Elle est simplement présente et accessible au moment où le chien est déjà dans un état de très forte activation.
C’est ce qui explique pourquoi une situation peut sembler totalement incohérente pour nous.

Le chien ne passe pas nécessairement de « tout va bien » à « je décide d’attaquer mon compagnon ». Il existe toute une succession d’étapes émotionnelles entre les deux. Et si nous ne regardons que les dernières secondes, nous ne voyons qu’une partie de l’histoire.

Ce n’est pas une décision réfléchie
Il est important de comprendre que le chien ne se dit pas : « Je ne peux pas atteindre cet autre chien, alors je vais m’en prendre à mon copain. »

Le comportement apparaît dans un contexte de forte activation émotionnelle. Le chien réagit avec les moyens dont il dispose à cet instant. C’est pourquoi parler simplement de « méchanceté », de jalousie ou de volonté de dominer ne permet pas de comprendre ce qui se passe réellement.

Cela ne signifie évidemment pas que le comportement est sans conséquence ou qu’il faut le banaliser. Mais comprendre le mécanisme change complètement la manière dont nous pouvons intervenir.

Lorsqu’un chien déborde régulièrement dans ce type de situation, on pourrait être tenté de lui apprendre à « se contrôler ». Mais demander davantage de contrôle à un chien qui est déjà au maximum de ses capacités émotionnelles ne règle pas nécessairement le problème.

La première question devrait plutôt être : Qu’est-ce qui fait monter son niveau d’activation ? À quelle distance réagit-il ? Quels sont les stimuli qui déclenchent cette réaction ? Que se passe-t-il juste avant ? Peut-il s’éloigner ? Peut-il observer sans être exposé directement ? Combien de temps reste-t-il dans cette situation ?
Et surtout : combien de fois doit-il vivre cette montée émotionnelle avant de finir par dépasser ses capacités de gestion ? Ces questions sont essentielles.

La prévention joue donc un rôle majeur. Si nous savons qu’un chien réagit fortement lorsqu’un congénère passe derrière le portail, nous pouvons limiter les situations qui déclenchent cette montée en tension. Occulter certaines zones du jardin. Modifier l’environnement. Éviter que le chien reste longtemps à surveiller les passages. Créer davantage de distance.

Intervenir avant que l’excitation ne devienne trop importante.
De la même manière, lorsqu’un chien réagit en laisse, l’objectif ne devrait pas être de le maintenir au plus près du stimulus jusqu’à ce qu’il « apprenne à supporter ». La distance est souvent un véritable outil de régulation émotionnelle. Plus le chien reste sous son seuil de débordement, plus il peut observer, réfléchir, apprendre et faire des choix.

COMPRENDRE POUR MIEUX ACCOMPAGNER
L’agression redirigée nous rappelle quelque chose d’essentiel dans l’accompagnement du chien : un comportement ne raconte jamais toute l’histoire.

Derrière une réaction brutale, il peut y avoir une émotion qui monte depuis plusieurs secondes, plusieurs minutes, parfois beaucoup plus longtemps.

Le chien n’a pas nécessairement besoin que nous lui apprenions à « ne pas réagir ». Il a d’abord besoin que nous comprenions ce qui le met dans cet état et pourquoi il n’arrive plus à gérer la situation.

Notre rôle n’est donc pas simplement de supprimer le comportement visible. C’est de comprendre le mécanisme qui se trouve derrière.

Parce qu’un chien qui déborde n’a pas besoin de davantage de pression. Il a besoin que nous l’aidions à ne plus avoir à aller jusqu’au débordement.

🐾 Changeons de regard pour mieux comprendre nos chiens.

Autrice du livre : Notre chien, ce compagnon qui illumine nos vies 👉 https://www.comportementaliste-canin78.fr/boutique/livre-notre-chien/

Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
www.comportementaliste-canin78.fr











La friandise est probablement l’un des outils les plus utilisés en éducation canine. Et pourtant, elle reste au cœur de ...
04/10/2026

La friandise est probablement l’un des outils les plus utilisés en éducation canine. Et pourtant, elle reste au cœur de nombreux débats.

« Avec les friandises, on achète le chien. »
« Un chien doit obéir sans récompense. »
« La méthode à la friandise ne fonctionne pas avec tous les chiens. »

Mais le problème vient peut-être déjà de la façon dont nous posons la question. La friandise n’est pas une méthode éducative. C’est un outil. Et comme tout outil, son intérêt dépend de la manière dont il est utilisé.

La friandise peut être un formidable outil d’apprentissage

Lorsqu’elle est utilisée comme renforçateur, la friandise permet au chien de comprendre qu’un comportement qu’il vient de proposer lui apporte quelque chose de positif.

Le chien fait un choix. Il propose un comportement. Ce comportement produit une conséquence agréable.
C’est ainsi que l’apprentissage se construit.

La friandise peut alors aider à renforcer un comportement, à rendre une situation plus facile à comprendre, à soutenir la motivation ou encore à favoriser la répétition d'un comportement que nous souhaitons voir apparaître davantage.
Mais elle n’est pas indispensable à tous les apprentissages.

Le jeu, l’accès à une activité, l’environnement, une interaction sociale, une possibilité de renifler, de courir, d’explorer ou simplement le fait d’obtenir ce que le chien recherche peuvent également avoir une fonction renforçante.

L’objectif n’est donc pas de rendre le chien dépendant de la friandise. L’objectif est de construire des apprentissages.

Mais une friandise peut aussi être mal utilisée
C’est là que les choses deviennent intéressantes. Car présenter une friandise au chien pour obtenir un comportement ne signifie pas automatiquement que l’on est dans une démarche respectueuse.

Par exemple, si je place une friandise devant le nez d’un chien pour le faire avancer, s’asseoir ou se coucher, puis que je déplace cette friandise pour l’amener physiquement dans la position souhaitée, j’utilise la nourriture comme leurre.

Cela peut être parfaitement pertinent dans certaines situations, notamment au début d’un apprentissage.
Mais si le chien ne comprend pas ce qu’on lui demande et que nous continuons à utiliser la nourriture pour le guider, le manipuler ou l’inciter à faire quelque chose qu’il ne souhaite pas faire, nous ne sommes plus réellement dans un apprentissage basé sur le choix du chien.

La friandise ne doit pas devenir un moyen de le pousser à faire ce que nous avons décidé à sa place. Et surtout, elle ne doit jamais servir à masquer une situation qui met le chien en difficulté.

Un chien qui refuse d’avancer parce qu’il a peur n’a pas nécessairement besoin d’une friandise pour « passer outre ». Il a peut-être besoin de distance. De temps. De sécurité. De prévisibilité. Et parfois simplement de la possibilité de dire non.

Et que se passe-t-il lorsque la friandise arrive après une sanction ?
C’est encore autre chose. Imaginez un chien qui tire sur sa laisse. On lui donne un coup sur le collier. Il cesse de tirer. Et immédiatement après, on lui donne une friandise.
Certains pourraient alors considérer que la présence de la friandise suffit à qualifier cette pratique d’« éducation positive ». 👉 NON ! La friandise ne fait pas disparaître la sanction qui vient d’être utilisée.

Si le chien apprend qu’en tirant sur sa laisse il risque une douleur, une pression ou une correction, puis qu’en cessant de tirer il peut éviter cette conséquence et éventuellement recevoir une récompense, nous sommes dans une procédure qui comporte une dimension coercitive.

La friandise n’efface pas la contrainte. Elle ne transforme pas une sanction en méthode positive.
Ce n’est pas la présence d’une récompense qui définit une approche éducative. C’est l’ensemble de ce que le chien vit pendant l’apprentissage.

« Éducation positive » ne signifie donc pas simplement « donner des friandises » C’est un raccourci que l’on rencontre encore beaucoup trop souvent. Une éducation respectueuse ne consiste pas à remplacer une sanction par une friandise.
Elle consiste à réfléchir autrement à l’apprentissage. À chercher ce que le chien comprend. À observer son état émotionnel. À adapter l’environnement. À prévenir les difficultés. À renforcer les comportements que nous souhaitons voir se développer. À laisser au chien une véritable possibilité de faire des choix lorsque cela est possible.

Et surtout, à ne pas utiliser la nourriture pour obtenir artificiellement un comportement tout en maintenant, parallèlement, des pratiques coercitives.

Car on ne peut pas qualifier une pratique de positive simplement parce qu’une friandise est présente dans la main.

Alors, faut-il utiliser des friandises ?
Oui, bien sûr. Mais avec intelligence et discernement.
La friandise est un excellent outil lorsqu’elle est utilisée pour renforcer un apprentissage, soutenir la motivation et construire une association positive.

Elle devient beaucoup moins pertinente lorsqu’elle sert à manipuler le chien, à le pousser à faire quelque chose malgré son inconfort ou à donner une apparence « positive » à une pratique qui reste fondamentalement coercitive.

Le véritable sujet n’est donc pas : « Friandise ou pas friandise ? »
Le véritable sujet est : « Qu’est-ce que nous apprenons à notre chien, et comment le lui apprenons-nous ? »

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Laurence ROUX
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Il est important de se rappeler que les chiens ne comprennent pas les réprimandes, les ordres stricts ou les tonalités a...
28/09/2026

Il est important de se rappeler que les chiens ne comprennent pas les réprimandes, les ordres stricts ou les tonalités autoritaires. Pour eux, ces comportements sont perçus comme des menaces, déclenchant une réaction de stress et/ou de défense.

Lorsqu'ils sont chiots, ils n'ont pas le choix, ils subissent.
Cependant, à mesure qu'ils grandissent, ils cherchent des moyens de communiquer pour échapper à cette pression. Ils envoient des signaux, s'agitent et développent des comportements de substitution. Ces réactions peuvent parfois être mal interprétées comme de la désobéissance, mais en réalité, elles sont simplement une manifestation de leur confusion. Dans leur monde, la menace perçue n'a pas de sens.

Un ordre donné par l’humain est souvent justifié et vise à établir des règles et des limites pour le bien-être de l'animal. Cependant, ce que nous devons comprendre, c'est que nos chiens ne partagent pas notre perspective, nos lois, nos règles. Ce qui semble être une commande logique pour certains d’entre nous, va être totalement incompris par les chiens.

La clé pour améliorer la relation avec votre chien est de relâcher la pression. Arrêtez les ordres autoritaires et les réprimandes.
Soyez associés à des moments agréables, à des activités plaisantes et positives. Lorsque vous vous transformez en un ami plutôt qu'en une source de crainte, votre chien répondra plus facilement à vos demandes.

Comprendre la communication canine est une nécessité. Les chiens méritent d'être traités avec respect et compréhension, tout comme nous. En relâchant la pression et en remplaçant les ordres autoritaires par des interactions positives, vous renforcerez le lien de confiance qui vous unit.

N'oubliez pas que la bienveillance et la patience sont les clés pour bâtir une relation forte avec votre chien.

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Les réseaux sociaux regorgent de vidéos de chiens présentés comme « parfaitement éduqués ». Ils marchent au pied. Ils ne...
26/09/2026

Les réseaux sociaux regorgent de vidéos de chiens présentés comme « parfaitement éduqués ». Ils marchent au pied. Ils ne tirent pas. Ils ne reniflent pas. Ils ne s’arrêtent pas. Ils ne bronchent pas. Ils exécutent les ordres. Ils restent parfaitement immobiles au milieu du bruit, des passants, des chiens, des stimulations…

Et nous applaudissons.
« Waouh ! Quel chien ! »
« Ça, c’est de l’éducation ! »
« Le chien idéal ! »

Mais… et si nous nous trompions complètement de spectacle ?

REGARDEZ MIEUX.
Lorsque l’on est formé en comportement et que l’on s’intéresse réellement au langage canin, on apprend à regarder ce qui se passe derrière l’apparente obéissance. Parce qu’un chien qui ne bouge pas, ne proteste pas et n’essaie plus rien n’est pas un chien parfaitement éduqué.
Il peut aussi être un chien qui a appris à ne rien dire. Et c’est là que les choses deviennent inquiétantes. Car contrairement au chien qui aboie, qui tire, qui saute ou qui réagit… le chien inhibé ne dérange personne. Il ne fait pas de bruit. Il ne se plaint pas. Il ne résiste pas. Il devient presque invisible.

Alors certains vont tranquillement se féliciter de son « éducation ».

Mais à quel moment avons-nous décidé que le chien idéal était celui qui ne manifestait plus rien ?

Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans notre rapport actuel au chien. Nous voulons qu’il nous accompagne partout… mais nous ne voulons pas qu’il se comporte comme un chien.
• Nous voulons qu’il soit sociable 👉 mais nous ne voulons pas toujours qu’il aille renifler.
• Nous voulons qu’il profite de la promenade 👉 mais nous voulons qu’il marche exactement à notre rythme.
• Nous voulons qu’il soit heureux 👉 mais nous valorisons parfois davantage son silence que l’expression de ses émotions.
Et surtout… nous confondons trop souvent contrôle et bien-être.

Une vidéo de quelques secondes peut nous montrer un chien parfaitement « programmé ». Mais une vidéo ne nous montre pas forcément ce que vit ce chien intérieurement. Elle nous montre une image. Et nous applaudissons cette image.

ALORS, POURQUOI CHERCHER À TOUT PRIX L’INHIBITION ?
• Pourquoi faudrait-il qu’un chien ne bronche plus pour être considéré comme bien éduqué ?
• Pourquoi son absence de réaction serait-elle systématiquement considérée comme une réussite ?
• Pourquoi valoriser davantage un chien qui ne fait rien qu’un chien capable d’exprimer ses besoins, ses émotions et ses inconforts ?

Un chien bien éduqué n’est pas un chien éteint. C’est un chien que nous avons appris à comprendre. Un chien que nous savons accompagner. Un chien qui peut apprendre à vivre avec nous sans devoir renoncer à être lui-même.

Alors la prochaine fois qu’une vidéo vous montre un chien « parfait »… ne regardez pas seulement ce qu’il fait. Regardez comment il est.

Parce que parfois, derrière le chien qui fait tout parfaitement… il y a simplement un chien qui a appris qu’il ne devait plus rien faire. Et ça… ce n’est pas de l’éducation.

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Laurence ROUX
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« Il faut sanctionner le chiot, comme le ferait sa mère. »J’entends encore très souvent cette phrase. Mais… nous ne somm...
25/09/2026

« Il faut sanctionner le chiot, comme le ferait sa mère. »
J’entends encore très souvent cette phrase. Mais… nous ne sommes pas sa mère !

Nous sommes une autre espèce, avec un autre mode de communication, d’autres capacités cognitives et une autre manière d’interagir avec le monde.

Alors pourquoi penser que les coups, les cris, les intimidations ou les punitions que nous infligeons à un chien seraient nécessaires pour lui apprendre ?

Vous pensez : « IL FAUT QU’IL COMPRENNE ! » Mais comprenne quoi exactement ?

Lorsqu’un humain sanctionne un chien après un comportement qu’il juge « mauvais », il imagine souvent que le chien fait le lien entre sa sanction et ce qu’il vient de faire. Pourtant, le chien apprend surtout quelque chose de beaucoup plus simple : « Lorsque mon humain est comme ça, je dois me méfier. »

La peur, l’intimidation et la douleur peuvent effectivement faire cesser un comportement dans certaines situations. Mais faire cesser un comportement n’est pas forcément apprendre au chien quoi faire à la place. Et surtout, lorsque la sanction devient un mode d’éducation, elle va fragiliser quelque chose de fondamental : la confiance.

ET CE fameux « REGARD COUPABLE » ?
Vous connaissez cette scène : Votre chien a fait une bêtise. Vous le regardez. Il baisse la tête, détourne le regard, se tasse, évite votre regard… Et vous pensez : « Il sait très bien ce qu’il a fait ! Il est coupable ! »
Mais ce que vous observez ce n’est pas de la culpabilité. Ces comportements sont des réponses à votre posture, votre ton de voix, votre expression ou votre mécontentement.

Votre chien cherche alors à réduire la tension et à apaiser la situation. Il ne vous dit pas : « J’ai compris ma faute. » Il dit, avec son propre langage : « Je vois que tu es en colère. Je préfère que tout cela s’arrête. »

ÉDUQUER, CE N’EST PAS FAIRE CRAINDRE
Un chien n’a pas besoin de craindre son humain pour apprendre.
Il a besoin de pouvoir comprendre ce que nous attendons de lui, d’évoluer dans un environnement suffisamment sécurisant et de bénéficier d'apprentissages adaptés à ses capacités et à son état émotionnel.

Bien sûr, vivre avec un chien implique de poser des limites. Mais une limite n’a pas besoin d’être violente. On peut interrompre, prévenir, guider, aménager l’environnement, proposer une alternative et renforcer les comportements que l’on souhaite voir apparaître.

Éduquer, ce n’est pas faire peur pour obtenir l’obéissance. C’est apprendre à communiquer avec une autre espèce. Et plus nous apprenons à comprendre le langage du chien, moins nous avons besoin de le contraindre pour nous faire comprendre.

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En promenade, on entend parfois : « T’inquiète pas, il est gentil, il veut simplement jouer ! »Tu vois ce chien tout fou...
23/09/2026

En promenade, on entend parfois : « T’inquiète pas, il est gentil, il veut simplement jouer ! »
Tu vois ce chien tout foufou qui fonce sur ton chien et qui lui rentre dedans ?

Ce chien « sympa » qui n’écoute pas le rappel, qui part à toute vitesse vers toi, qui te saute dessus pour « dire bonjour » !

Ce chien incontrôlable qui ne respecte rien, fait souvent des balades collectives où le groupe est lâché sans contrôle, et il adore bousculer, poursuivre, courir dans tous les sens.

Lorsqu’il était chiot, il a suivi des cours collectifs, où tous les chiots étaient lâchés, sous prétexte que cela renforce la sociabilité ! En réalité, ce chien que l’on qualifie de « gentil » est malpoli et irrespectueux.

Petite précision importante :
• Être social, c’est avoir le besoin naturel de vivre avec d’autres (les chiens sont des animaux sociaux).
• Être sociable, c’est savoir communiquer correctement, respecter les règles, les limites, et s’adapter à l’autre.

Un chien sociable, c’est un chien qui :
• respecte les codes de communication,
• sait observer avant d’aller vers l’autre,
• prend en compte les limites et les signaux,
• s’adapte à chaque situation,
• peut dire STOP calmement et accepter la distance.

La vraie sociabilité, ce n’est pas « foncer sur tout le monde » pour jouer, c’est vivre des interactions équilibrées, respectueuses et apaisées.

Et pour construire ça, il ne suffit pas de lâcher un chiot au milieu d’un groupe excité : il faut au contraire lui offrir des rencontres de qualité, encadrées et positives, qui lui permettront d’apprendre les bons codes.

Alors, pour aider ton chien à devenir vraiment sociable :
• Propose-lui des rencontres de qualité,
• Arrête les balades collectives non contrôlées
• Apprends-lui à observer avant d’agir, à réfléchir
• Ne cherche pas forcement « faire jouer ton chien »
• Valorise le calme, le respect et la politesse canine

Et rappelle-toi : parfois, la meilleure preuve de sociabilité… c’est de savoir passer son chemin.

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Lorsqu’un chien est réactif, surexcité, impulsif, difficile à contrôler ou qu’il « explose » régulièrement, notre premie...
21/09/2026

Lorsqu’un chien est réactif, surexcité, impulsif, difficile à contrôler ou qu’il « explose » régulièrement, notre premier réflexe est souvent de chercher la solution qui va faire cesser le comportement.

Quel exercice faut-il faire ?
Quelle technique utiliser ?
Quel outil ajouter ?
Comment mieux le contrôler ?

Et, très souvent, nous ajoutons encore quelque chose.
Plus de consignes.
Plus de contraintes.
Plus d’exercices.
Plus de sollicitations.

Avec l’idée qu’en contrôlant davantage le chien, nous allons parvenir à contrôler la situation. Mais parfois, c’est exactement l’inverse dont il a besoin.

UN CHIEN EN SURCHARGE N’A PAS TOUJOURS BESOIN DE FAIRE PLUS

Les connaissances actuelles sur le stress et la régulation émotionnelle montrent à quel point l’environnement, la répétition des stresseurs, leur intensité, leur prévisibilité et la possibilité pour l’animal de retrouver un état de repos influencent son comportement. Chez le chien, une exposition répétée ou prolongée à des facteurs de stress peut notamment perturber les mécanismes de régulation et modifier les réponses comportementales.

Un chien peut ainsi accumuler :
• des rencontres qu’il a trouvées difficiles
• des bruits et des mouvements incessants
• des sollicitations sociales
• des frustrations répétées
• des promenades trop stimulantes
• des apprentissages intensifs
• des contraintes auxquelles il ne peut pas échapper
• un manque de sommeil ou de récupération
• des changements dans son environnement

Pris séparément, chacun de ces éléments peut sembler anodin. Mais leur accumulation peut finir par dépasser les capacités d’adaptation du chien. Et c’est parfois là que nous voyons apparaître l’explosion.

L’EXPLOSION N’EST PAS TOUJOURS LE PROBLÈME À TRAITER
Un chien qui aboie, saute, tire, court dans tous les sens, grogne, se montre réactif ou semble « incontrôlable » nous montre quelque chose. Il ne nous dit pas nécessairement : « Je refuse de faire ce que tu me demandes. » Il peut aussi nous dire : « Je n’arrive plus à gérer ce qui m’arrive. »

À cet instant, lui demander encore davantage peut être contre-productif. Parce qu’un organisme déjà fortement mobilisé n’a pas forcément besoin d’une nouvelle consigne. Il a surtout besoin que la pression redescende.

PARFOIS, LA PREMIÈRE INTERVENTION EST DE RETIRER
Retirer les situations trop difficiles. Réduire les rencontres. Diminuer les stimulations. Adapter les promenades. Augmenter les temps de repos. Limiter les sollicitations. Créer davantage de prévisibilité. Permettre au chien de choisir davantage. Lui offrir des espaces dans lesquels il n’a rien à gérer.

Autrement dit : avant de chercher à modifier le comportement, on peut commencer par modifier l’environnement qui entretient la surcharge.
Ce n’est pas renoncer à l’éducation. Ce n’est pas « laisser faire ». Ce n’est pas éviter définitivement les situations difficiles.
C’est créer les conditions physiologiques et émotionnelles nécessaires pour que le chien puisse ensuite apprendre.

LA « MISE AU VERT COMPORTEMENTALE »
C’est ce que j’appelle la mise au vert comportementale. Une période pendant laquelle on met volontairement le chien à distance de certaines sources de stress et de stimulation afin de lui permettre de retrouver progressivement un niveau d’activation plus compatible avec le repos, l’exploration et l’apprentissage. On cherche à lui redonner de l’espace, du temps et des possibilités de récupération.

Parce qu’un chien ne peut pas être constamment en train de gérer, répondre, apprendre, contrôler ses émotions et s’adapter à notre environnement.

Il a aussi besoin de souffler. Et parfois, avant de demander au chien de changer… il faut commencer par changer ce que nous lui demandons de supporter.
La question n’est donc plus seulement : « Comment faire pour qu’il arrête ? »
Mais surtout : « De quoi mon chien a-t-il besoin pour que son système puisse enfin redescendre ? »

Et cette question-là peut changer profondément notre manière d’accompagner un chien en difficulté.

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Laurence ROUX
Educatrice Comportementaliste Canin
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Nos chiens, tout comme nous, sont soumis à des émotions fortes et parfois conflictuelles. Lorsqu’ils ressentent un stres...
19/09/2026

Nos chiens, tout comme nous, sont soumis à des émotions fortes et parfois conflictuelles. Lorsqu’ils ressentent un stress intense, une anxiété ou une dépression, ils peuvent manifester des comportements appelés activités de substitution ou activités de remplacement. Ces comportements sont souvent automatiques et ont pour but d’apaiser l’animal face à une situation inconfortable ou stressante.

Une activité de substitution est un comportement qui n’a pas de lien direct avec la situation conflictuelle rencontrée, mais qui aide le chien à diminuer la tension émotionnelle qu’il ressent. Le chien se retrouve partagé entre deux motivations opposées et ne sachant comment réagir, il adopte un comportement détourné pour compenser ce stress. Les activités de substitution sont souvent axées sur le corps, le chien cherchant un moyen de réguler son émotion par des gestes répétitifs et apaisants.

Prenons un exemple : si une dispute éclate à la maison, votre chien peut vouloir s’éloigner pour se sentir en sécurité, tout en ayant envie de rester près de vous car il perçoit l’inquiétude et l’agitation. Face à ce conflit interne, il peut commencer à se lécher une patte de manière excessive, comme s’il voulait s’isoler dans sa bulle.

Les comportements de substitution les plus fréquents :
• Le léchage excessif : le chien se lèche une patte, le flanc ou toute autre partie du corps de manière répétitive.
• Le mordillage ou le grignotage : certains chiens réagissent en mastiquant des objets ou en se mordillant les pattes.
• La boulimie : d’autres chiens compensent leur anxiété en réclamant à manger plus souvent ou en développant une obsession pour la nourriture.
• Le toilettage excessif : le chien passe une grande partie de son temps à se toiletter sans raison apparente.

Ces comportements peuvent paraître anodins au départ, mais lorsqu’ils deviennent systématiques, ils peuvent dégénérer en véritables troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Un chien qui se lèche constamment au même endroit peut provoquer des plaies appelées "dermatites de léchage". De même, un chien qui mange excessivement risque des problèmes de poids et de santé.

Plus les sources de stress sont nombreuses et intenses, plus le chien a tendance à répéter ces activités de substitution. Avec le temps, elles deviennent une habitude et l’animal finit par passer une grande partie de son temps à les répéter, à tel point qu’il ne peut plus s’en passer.

Comment aider son chien ?
• Identifier la source du stress : Observez les situations qui déclenchent ces comportements pour mieux comprendre ce qui perturbe votre chien.
• Offrir un environnement sécurisant : Rassurez votre chien en évitant les situations anxiogènes et en respectant son besoin de calme.
• Favoriser des activités enrichissantes : Proposez à votre chien des activités positives et stimulantes comme les jeux de flair, les promenades variées.
• Consulter un professionnel : Si votre chien présente des comportements de substitution répétitifs et envahissants, il est essentiel de consulter un.e comportementaliste canin pour identifier les causes et mettre en place un accompagnement adapté.

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