16/08/2026
Quand le silence n'est plus possible
J'ai longtemps hésité avant de faire ce post. Mais ce qu'il s'est produit aujourd'hui a été la goutte de trop. Parfois, il est nécessaire de rétablir certaines vérités.
Depuis plusieurs mois, nous sommes la cible de plusieurs personnes qui semblent prendre un malin plaisir à nous nuire. Que ce soit directement, indirectement, par des attaques ouvertes ou par des actions beaucoup plus sournoises, les conséquences touchent non seulement notre élevage, mais aussi nos clients et nos chiens.
Comme beaucoup le savent, nous participons régulièrement à des expositions canines. Ces événements devraient être des lieux de partage, de convivialité et de passion. Pourtant, à plusieurs reprises, nous y avons été témoins de comportements que nous considérons comme inacceptables : violences envers des animaux, humiliations publiques de chiens ou encore remarques déplacées. Nous les avons toujours dénoncés et nous continuerons à le faire. Être éleveur ne signifie pas fermer les yeux sur ce qui nous choque. Le bien-être animal restera toujours une priorité pour nous.
Lors d'une importante exposition, une personne dont je tairai le nom a malmener son chien devant nous alors que nous filmions le passage du nôtre. Cette même personne avait déjà tenu des propos particulièrement insultants à l'égard d'un chien issu de notre élevage, aujourd'hui chez un de nos clients, simplement parce qu'il avait eu le malheur de battre le sien lors d'un précédent événement.
Sur le moment, nous avons préféré nous taire. Nous pensions sincèrement que la colère finirait par retomber et que tout cela appartiendrait au passé. Nous n'en avons même pas informé notre client, tant nous souhaitions éviter davantage de conflits.
Quelques mois plus t**d, cette même personne contacte pourtant cette cliente pour lui demander... un chiot.
Oui, après avoir dénigré ses chiens, elle souhaitait acquérir un chiot issu de cette même personne.
Lorsque ma cliente m'a demandé mon avis, j'ai d'abord tenté de rester neutre. J'ai essayé de minimiser mes réticences. Mais face à son insistance, j'ai fini par lui raconter ce qu'il s'était réellement passé. Je préférais assumer les conséquences plutôt que de garder le silence concernant l'avenir d'un chiot.
J'ai ensuite contacté cette personne en privé. Pas pour l'attaquer, mais pour lui demander simplement de laisser nos chiens et nos clients tranquilles. Je lui ai expliqué qu'il était difficilement compréhensible de dénigrer nos chiens pendant des mois avant de chercher à obtenir un chiot issu de notre travail. Je lui ai également précisé que ma cliente ignorait tout des propos tenus sur son chien et que, si chacun restait de son côté, tout pourrait enfin s'apaiser.
La réponse a été un magnifique : « Arrête de me harceler. »
Ironique.
Les mois passent.
Puis un drame frappe notre famille Brotherhood.
Une cliente étrangère, avec laquelle nous étions déjà en profond désaccord, prend la décision d'euthanasier sa chienne en évoquant une souffrance insupportable. Pourtant, en privé, elle reconnaîtra à demi-mot ne pas avoir les moyens financiers de la faire opérer. Elle refusera également de nous la confier alors que nous étions prêts à prendre en charge les soins nécessaires.
Pour nous, ce fut une immense douleur.
Comme beaucoup d'éleveurs attachés à leurs chiens, nous avons partagé notre peine sur les réseaux sociaux. Non pas pour créer une polémique, mais simplement pour exprimer notre tristesse et trouver un peu de soutien.
Or, cette fameuse personne — celle dont je parlais plus haut — que nous avions pourtant bloquée depuis longtemps, a obtenu une copie de notre publication et a contacté en privé les administrateurs de tous les groupes où nous l'avions partagée afin de demander sa suppression.
Oui, vous avez bien lu.
Et je peux l'affirmer car j'ai reçu les captures d'écran.
Pourquoi ?
Dans quel but ?
Quel intérêt ?
Encore aujourd'hui, je n'ai aucune réponse à ces questions.
Sous le coup de la colère et de la douleur, nous avons alors publié une story expliquant les faits et exprimant notre détresse. Mon erreur a été de le faire publiquement et de citer son nom, là où elle agissait dans l'ombre et en privé.
Entre-temps, un autre épisode est venu s'ajouter à la liste.
Sur l'annonce d'un mariage réalisé par des clients avec l'un de nos étalons, elle a publié un commentaire affirmant que ce chien avait « un mauvais type » et qu'elle ne l'aimait pas.
Mais qui lui avait demandé son avis ?
Personne.
Le commentaire a été supprimé quelques heures plus t**d.
L'indignation, elle, est restée.
Suite à ces événements, cette personne a finalement déposé plainte pour diffamation et harcèlement.
Les auditions ont eu lieu.
Nous attendons désormais la suite de la procédure.
Aujourd'hui, ce post n'a pas pour but d'alimenter davantage les conflits. Il a simplement pour objectif d'expliquer pourquoi nous avons parfois été absents, fatigués ou affectés ces derniers mois.
Nous continuerons à avancer, à travailler pour nos chiens, à accompagner nos familles et à défendre nos valeurs.
Parce qu'au final, malgré tout le bruit, ce sont eux qui comptent le plus.
Quelques temps plus t**d, deux de ses amies me contactent.
La première me sollicite pour une saillie avec l'un de nos étalons. J'accepte sa demande, nous discutons des modalités et nous attendons simplement les chaleurs de sa chienne.
À la même période, un éleveur étranger me contacte avec enthousiasme pour m'annoncer qu'il va envoyer en France une femelle gestante. Connaissant mon intérêt pour son mâle, il pensait certainement me faire plaisir en me partageant cette nouvelle.
Ce fut tout l'inverse.
Cette femelle était destinée à une personne à qui nous avions accepté de prêter l'un de nos mâles. Même si cette pratique n'est pas interdite, nous sommes personnellement opposés à ce type de procédé pour des raisons éthiques qui nous sont propres.
Je me retrouve alors dans une situation inconfortable, partagée entre mes convictions personnelles et la parole que j'avais donnée.
Pensant trouver une oreille bienveillante, je me confie à une autre éleveuse. Malheureusement, moins de 24 heures plus t**d, ce que je lui avais confié en privé est utilisé pour attaquer directement cette personne, en précisant même que l'information venait de moi.
Une fois encore, je me retrouve désignée comme la méchante de l'histoire.
On m'accuse de mentir, de vouloir nuire à une jeune éleveuse en devenir, alors que ce n'était absolument pas mon intention. J'étais simplement tiraillée entre mes valeurs et mon sens des responsabilités envers quelqu'un à qui j'avais donné ma parole.
Évidemment, cette histoire sera à nouveau utilisée comme prétexte pour me tomber dessus.
La seconde amie est une personne issue de la communauté LGBTQIA+. Cela n'a, en soi, aucune importance dans cette histoire, mais nous en faisons également partie et ce point commun nous a naturellement amenées à échanger régulièrement autour de notre passion commune pour les chiens.
Elle est éleveuse de chiens nordiques et possède également une femelle Laïka.
Au fil d'une conversation privée entre professionnels, je lui demande quels sont ses projets de reproduction pour sa chienne. Elle me présente alors le mâle qu'elle envisage d'utiliser.
Et là, encore une fois, le monde est petit : il s'agit du mâle appartenant à la personne qui avait déjà dénigré nos chiens à de nombreuses reprises.
Comme elle me demande mon avis, je le lui donne honnêtement, dans le cadre d'un échange privé et professionnel.
Je lui réponds exactement ceci :
« Ce sont deux très jolis chiens mais, selon moi, ils ne vont pas forcément ensemble. Je trouve qu'ils ont tous les deux une attache de queue un peu basse et qu'ils manquent de longueur de jambe. »
Rien de plus.
Je lui montre ensuite un autre mâle que j'apprécie particulièrement et avec lequel j'imaginerais volontiers sa femelle.
Précision importante : il ne s'agissait même pas d'un de mes chiens.
Pourtant, là encore, tout sera rapporté. Et manifestement pas de façon fidèle.
Quelques temps plus t**d, la propriétaire du mâle concerné publiera un message à charge contre moi, expliquant que nous sommes jaloux, malveillants et animés par de mauvaises intentions.
Une fois de plus, un simple avis demandé dans le cadre d'une discussion privée entre éleveurs sera transformé en attaque publique.
Et une fois de plus, je deviendrai la coupable idéale.
Au final, lorsque nous prenons du recul sur l'ensemble de ces événements, un constat s'impose : nous avons le sentiment que chacune de nos paroles, chacun de nos actes et même chacune de nos conversations privées ont été scrutés, déformés, sortis de leur contexte puis utilisés contre nous.
Nous ne prétendons pas être parfaits. Nous avons parfois réagi avec émotion, parfois commis des erreurs de jugement, parfois répondu alors qu'il aurait peut-être mieux valu nous taire. Mais jamais nous n'avons cherché à détruire qui que ce soit.
Ce qui nous dévaste aujourd'hui, c'est l'accumulation de la mesquinerie, de l'hypocrisie, des non-dits, des manipulations et des mensonges que nous avons vus se construire autour de nous au fil des mois.
Des propos tenus en privé qui réapparaissent ailleurs. Des confidences transformées en a***s. Des avis professionnels demandés puis utilisés pour alimenter des conflits. Des personnes qui nous critiquent ouvertement tout en cherchant à obtenir nos conseils, utiliser nos étalons ou acquérir des chiens issus de notre travail. Des histoires déformées jusqu'à devenir méconnaissables.
À force, nous avons l'impression d'être devenus les méchants d'un récit dont nous n'avons jamais écrit le scénario.
Le plus douloureux dans tout cela n'est même pas ce qui est dit sur nous. C'est l'énergie, le temps et la souffrance que cette situation nous a volés. C'est le sentiment permanent de devoir nous justifier, nous défendre ou nous expliquer alors que notre seule volonté a toujours été de nous consacrer à nos chiens, à nos familles adoptantes et à notre passion.
Aujourd'hui, tout cela nous paraît profondément disproportionné.
Profondément injuste aussi.
Car derrière les rumeurs, les conflits et les publications, il y a des êtres humains. Il y a des éleveurs qui aiment leurs chiens, qui s'investissent corps et âme dans leur élevage et qui, comme tout le monde, peuvent être blessés.
Nous sommes fatigués de voir des querelles entretenues artificiellement, des intentions prêtées sans fondement et des vérités réécrites au gré des intérêts de chacun.
Nous ne demandons ni soutien aveugle ni prise de parti. Nous demandons simplement que les faits soient regardés pour ce qu'ils sont réellement.
Notre souhait aujourd'hui est simple : retrouver la paix.
Pouvoir travailler sereinement, continuer à faire ce que nous aimons et tourner enfin la page de toute cette histoire.
Parce qu'après tant de mois de tensions, de conflits et de déceptions, nous aspirons simplement à ce que chacun poursuive son chemin et nous laisse poursuivre le nôtre.