14/02/2026
Le 1er février dernier se tenait la Journée mondiale des galgos et podencos. Une date symbolique qui correspond à la fin de la période de chasse en Espagne. Ces chasses sans fusil, traditionnelles, font perdurer le martyr des lévriers espagnols. Car chez nos voisins ibériques, galgos et podencos ne sont pas des chiens. Ce sont des outils de travail, sciemment écartés de la loi sur la protection des animaux domestiques par le lobby de la chasse.
De fait, les lévriers espagnols se situent dans une zone grise d'un point de vue légal : si les actes de torture ou de maltraitance sont officiellement interdits sur les animaux, le fait qu'ils ne soient pas considérés comme domestiques offre à leurs propriétaires (les galgueros) une certaine « souplesse » - voire une souplesse certaine - dans la façon dont ils peuvent les traiter.
Quand ils ne sont pas abattus dans des conditions parfois terribles par leurs propriétaires, les galgos et podencos peuvent être récupérés agonisant sur le bord d'une route, perdus dans une décharge (voire dans une poubelle), attachés au milieu d'un champ, ou errant simplement sur la voie publique.
Les plus chanceux, si tant est que le terme soit approprié, sont cédés aux associations. Déposés directement au sein des refuges ou retirés à domicile après autorisation du galguero, les galgos et podencos blessés, trop vieux ou peu performants sont abandonnés comme on se détournerait, sans remords, d'un objet cassé devenu encombrant. Tant bien que mal, un maillage associatif local et international tente d'offrir une seconde vie, douce et sécurisante, aux chiens qui ont la chance d'avoir survécu.
En France, en Europe, en Amérique du Nord, galgos et podencos rescapés d'Espagne savourent par milliers le bonheur d'une vie nouvelle. Loin de leur premier destin utilitaire, ils deviennent, enfin, des animaux domestiques, aimés et respectés.
Ces mêmes associations se battent au quotidien pour faire connaître la cause des lévriers espagnols, soulever des fonds et développer le réseau d'adoptants. Avec un risque dont elles sont conscientes : en jouant la carte de la diplomatie avec les galgueros, dans l'intérêt évident des animaux, les associations espagnoles offrent aux chasseurs une porte de sortie. De plus en plus, ces derniers abandonnent leurs chiens et les cèdent à des refuges.
Si les traditions barbares tendent à reculer, elles n'en cachent pas moins un autre problème : celui de percevoir la solution du refuge comme acceptable. Or, le pansement ne doit pas masquer la plaie : abandonner un chien reste de la maltraitance, et faire perdurer la tradition de la chasse avec des lévriers reste un problème.
Alors oui, il faut continuer de sauver le plus de chiens possibles, et les faire adopter loin de leurs bourreaux. Mais il faut aussi et surtout que ces traditions disparaissent et que galgos et podencos ne soient plus que des chiens de compagnie, considérés comme tels. Choyés, aimés et légalement protégés. »
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