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Canisca - Diplôme "Educateur canin" chez AoA Genève
- Diplôme "Educateur canin, rééducation et comportement"

30/09/2026

🐾 Qu'est-ce que le Fawn chez les chiens adoptés ayant subi des traumatismes? 🐾

Adopter un chien issu de l’étranger implique de prendre en compte un vécu souvent marqué par l’insécurité, le manque de contrôle et des expériences répétées d'adaptation. Ces chiens n’arrivent pas “neutres”. Leur comportement est le reflet de ce qu’ils ont dû mettre en place pour survivre. Parmi ces stratégies, le Fawn est fréquent, mais encore largement méconnu.

🟩 Les réponses au stress et le corps

Face à une situation perçue comme menaçante, le corps active automatiquement des réponses de survie. Ces réponses ont été décrites notamment par Pete Walker.

👉 Le Fight correspond à l’affrontement.
👉 Le Flight correspond à la fuite.
👉 Le Freeze correspond au figement (il peut être parfois suivi du Flop - évanouissement)
👉 Le Fawn correspond à l’adaptation à l’autre pour éviter le conflit.

Ces réactions ne sont pas réfléchies. Elles sont pilotées par le système nerveux autonome, c’est-à-dire la partie du corps qui gère automatiquement les états de stress et de sécurité. Le chien ne choisit pas de réagir ainsi, son organisme s’adapte pour se protéger.

🟩 Le piège du chien “parfait” et "sans problème

Le Fawn donne souvent l’image d’un chien facile. Calme, discret, tolérant, il semble s’adapter rapidement à son nouvel environnement.
Certains chiens vont même suivre leurs adoptants partout dès les premiers jours, rechercher le contact, se montrer très proches, voire “collants”. Ce comportement est souvent interprété comme de l’attachement rapide, de la confiance ou une bonne socialisation 👉 C’est là que se situe le piège

Ce chien ne va pas forcément bien. Il s’adapte. Il anticipe. Il cherche à maintenir une proximité sécurisante pour éviter toute incertitude. Ce lien rapide n’est pas le signe d’un attachement construit mais celui d’une stratégie d’adaptation. Et c'est logique car il vient juste d'arriver dans un monde inconnu fait d'humains qui ont souvent été sources de danger dans sa vie passée.

L’absence de réaction ou l’hyper-proximité peuvent masquer une difficulté à exprimer un inconfort.

🟩 Une phase normale mais trompeuse

Chez les chiens issus de refuge ou de l’étranger, il existe presque toujours une première phase où le système de stress est activé. Le chien est en état d’alerte, même s’il ne le montre pas de manière visible.

Durant cette période, beaucoup de chiens utilisent des stratégies comme le Fawn pour s’adapter à leur nouvel environnement. Ils observent, encaissent, évitent le conflit, et peuvent même aller spontanément vers l’humain pour sécuriser la relation.

Puis, avec le temps et un début de sécurité, une seconde phase peut apparaître: la levée d’inhibition. Le chien commence alors à exprimer davantage ses émotions, ses inconforts ou ses besoins.

🟩 Quand le chien “change”

C’est souvent à ce moment-là que les adoptants ont le sentiment que leur chien change, régresse ou développe des problèmes.

👉 En réalité, le chien ne va pas plus mal. Il commence à aller suffisamment bien pour ne plus avoir besoin de s’inhiber autant. Il devient capable d’exprimer ce qu’il ressent, y compris ses limites.

Sans cette compréhension, cette phase est souvent mal vécue, car elle contredit l’image initiale du chien “facile” et proche.

🟩 Des signaux discrets mais importants

Même en Fawn, les chiens communiquent. Ils utilisent des signaux d'inconfort (détourner le regard, ralentir, se figer légèrement, lécher leurs babines, se secouer...) Ces signaux sont discret, mais essentiels. Lorsqu’ils ne sont pas vus ou respectés, le chien continue de s’adapter, et le stress s’accumule progressivement.

🟩 Ralentir pour sécuriser

Avec ces chiens, le rythme est fondamental. Aller trop vite, multiplier les stimulations ou les attentes peut renforcer cette adaptation forcée.

👉 Un environnement stable, prévisible et peu exigeant permet au système nerveux du chien de redescendre en pression. C’est dans cette sécurité que le chien pourra progressivement retrouver des comportements plus spontanés.

🟩 Redonner du contrôle

Permettre au chien de faire des choix est essentiel. Pouvoir s’éloigner, refuser une interaction ou simplement observer sans être sollicité aide à sortir de cette dynamique d’adaptation constante.

🐶 Conclusion

Le Fawn n’est pas un signe de facilité, ni l’indicateur d’un chien sans traumatisme. C’est une stratégie de survie.

Comprendre cela permet d’éviter un piège fréquent: aller trop vite parce que le chien semble bien ou très attaché. Tous les chiens issus de l’étranger passent par une phase d’adaptation où leur système de stress est mobilisé.

Le véritable objectif n’est pas d’avoir un chien qui s’adapte à tout, mais un chien qui se sent suffisamment en sécurité pour ne plus avoir besoin de s’effacer ou de se sur-adapter 🤍

20/09/2026
20/09/2026
10/09/2026

Bilan pour un chien roumain qui entre chose aboie. La famille se voit conseiller par un pro l'utilisation d'une bouteille remplie de cailloux . Ils ont consigne de la jeter au sol près du chien concerné.

(Ce n'est malheureusement pas le seul mauvais conseil reçu, mais maintenant ils savent et vont repartir dans un bon sens , eux qui cherchaient juste de l'aide , voient leur chien abîmé par de mauvais conseils j'en suis triste )

Alors non, une bouteille remplie de boulons ou de cailloux N'EST PAS UN OUTIL RESPECTUEUX .

👉 Oui ça interrompt parfois le comportement

🟣 Mais il faut se demander POURQUOI ?

👉 Ça crée un stress , ça fait peur et c'est pour cette raison que le chien stop le comportement. Il n'a rien compris et rien appris.

🟣 Est ce EFFICACE ?

👉 Absolument pas NON , c'est un effet ponctuel QUI LAISSE DES TRACES 😥

🟣 Quand ce conseil pourri est il donné ?

👉 Etat émotionnel de base : chien en situation difficile et en stress qui s'exprime par des aboiements, des grognements dans une situation X

🟣 Ça induit quoi chez le chien cet objet ?

👉 Ça fait peur
👉 Ça le monte en stress
👉 Ça surprend
👉 Le cerveau se met en vigilance
👉 La peur et le stress induisent l'arrêt

🟣 Dommages collatéraux ?

👉 Le chien ne peut pas comprendre "pourquoi"
👉 Il n'apprend rien
👉 Il peut se sensibiliser
👉 Il peut associer de façon négative son congénère encore plus
👉 Le congénère prend lui aussi le coup de stress
👉 La situation globale est impactée en négatif

🟣 Sur le moyen /long terme ?

👉 Psychisme abîmé, sensibilisation, mis en vigilance, augmentation de la problématique.

J'espère que ce message touchera des personnes concernées, et qu'elles comprendront qu'il est urgent de stopper ces conseils reçus pour le bien de leur chien 🤞

J'espère aussi que cela cessera un jour 😭🤬

Christel - Le chien simplement
Comportementaliste canin éthique

Visio partout
Présentiel Aisne



Image créée a l'aide de ia bien-sûr en environ 30mn pour avoir un résultat correct.(Juste pour dire que ça prend du temps lol)

10/08/2026

L’Arche d’Éternité est heureuse de vous présenter Christel "le chien simplement", notre nouvelle comportementaliste canin partenaire !

Parce que l’adoption ne s’arrête pas le jour où un chien rejoint sa famille, il nous tient particulièrement à cœur de pouvoir accompagner au mieux nos adoptants dans les premières semaines de cette nouvelle vie.

C’est dans cette démarche que nous avons choisi de collaborer avec Christel, comportementaliste canin éthique, spécialisée depuis plusieurs années dans l’accompagnement des chiens roumains et de leurs familles. Elle prend le relais d'Olivier Lhote avec lequel le partenariat a récemment pris fin. Nous le remercions pour toutes ces belles années à nos côtés.

La Roumanie et ses chiens occupent une place toute particulière dans son parcours. Elle connaît le pays depuis près de 20 ans, est elle-même engagée bénévolement dans la protection animale et accompagne au quotidien de nombreux chiens venus de Roumanie. Leur vécu, leurs sensibilités et les problématiques parfois très spécifiques liées à leur passé constituent aujourd’hui une véritable spécialité dans son travail.

Dans le cadre de notre collaboration, Christel accompagnera bénévolement les nouvelles familles de L’Arche d’Éternité, à chaque arrivée, grâce à des visioconférences de formation, de conseils et d’accompagnement durant le premier mois suivant l’arrivée des chiens.

Au-delà de ce dispositif, elle restera également disponible pour nos adoptants qui rencontreraient une difficulté particulière, dans le cadre de son activité professionnelle et avec un tarif partenaire réservé aux adoptants de l’association.

Christel travaille en visioconférence et à l’aide de supports vidéo. Une méthode qu’elle affectionne particulièrement puisqu’elle lui permet d’observer et de comprendre le chien dans son environnement, sans l’envahir ni ajouter de pression lorsqu’il est déjà en difficulté.

Nous partageons avec elle une même conviction, derrière chaque adoption d’un chien roumain, il y a un chien avec son histoire, mais aussi une famille qui fait un geste magnifique, parfois avec beaucoup de courage, toujours avec cette immense envie de bien faire.

Nous sommes donc très heureux de pouvoir poursuivre cet accompagnement supplémentaire pour nos familles et de compter, maintenant, Christel à nos côtés pour les aider à construire, avec leur loulou, une relation fondée sur la compréhension, la confiance et le respect.

Merci Christel de mettre ton expérience et ton engagement au service de nos protégés et de leurs familles !

Lien vers son facebook : https://www.facebook.com/share/1EKq6ydwpu/

Lien vers son site internet : https://www.lechiensimplement.fr/

10/08/2026

🐾 Comprendre l'attachement chez un chien adopté en refuge 🐾

Chez de nombreux chiens issus de contextes de survie, on observe une mise en place très rapide du lien d’attachement. En quelques jours, parfois en quelques heures, le chien recherche la proximité, suit son référent et semble déjà très engagé dans la relation. Mais pourquoi?

🟩 Une stratégie adaptative avant tout

Ces chiens ont souvent évolué dans des milieux instables, où les ressources et les interactions étaient imprévisibles, parfois source de violence. Dans ce contexte, identifier rapidement une figure fiable représente un avantage adaptatif majeur. S’attacher vite permet de sécuriser l’accès aux ressources, de réduire l’incertitude et de trouver un point d’ancrage émotionnel.
Cet attachement rapide est donc avant tout fonctionnel. Il ne traduit pas un lien déjà construit, sécurisé et encore moins "une démonstration d'amour ou de gratitude".

🟩 Tous les chiens ne présentent pas ce profil

Il est essentiel de rappeler que ce fonctionnement n’est pas universel. Certains chiens vont au contraire mettre à distance, éviter le contact ou construire le lien très progressivement.
Ces différences reflètent des stratégies adaptatives distinctes. Un chien peut s’attacher en cherchant la proximité, un autre en maintenant une certaine distance.

👉 Rester dans la même pièce, observer sans fuir ou tolérer la présence humaine constitue déjà une forme d’engagement relationnel.

🟩 Quand la proximité devient une stratégie de régulation

Chez certains individus, cette recherche rapide de proximité peut également être liée à une difficulté à réguler seuls leurs états émotionnels. L’humain devient alors un support externe d’apaisement.
Dans ces cas-là, le chien peut sembler très attaché, très présent, parfois même dépendant. Cette proximité n’est pas uniquement sociale, elle est aussi régulatrice.

🟩 Une nuance importante dans certains profils

Il arrive que cette proximité rapide s’inscrive, en partie, dans une stratégie d’adaptation plus fine, où le chien ajuste fortement son comportement à l’humain afin de maintenir un environnement sans tension. C'est ce que l'on appelle un mécanisme de défense de type "fawn" (ou coopération).
Sans entrer dans des catégories rigides, cela rejoint ce que l’on décrit parfois comme une tendance à l’hyper-adaptation relationnelle. Le chien se rapproche, s’ajuste, anticipe, non seulement pour créer du lien, mais aussi pour éviter l’inconfort ou l’incertitude.
Cela peut renforcer l’impression d’un attachement très intense.

🟩 Le lien ne se mesure ni à la vitesse ni à l’intensité

Un attachement rapide et démonstratif n’est souvent pas pas le signe d'un attachement sécurisé. À l’inverse, un chien plus discret, plus distant ou plus lent à s’engager peut construire un lien tout aussi profond, parfois plus stable.
Ce qui définit la qualité de la relation, c’est la capacité du chien à se détendre, à explorer, à tolérer la distance et à exister sans dépendance constante.

🟩 Accompagner la construction du lien avec justesse et considération

L’enjeu n’est pas de renforcer la proximité à tout prix, mais de permettre au chien de trouver un équilibre et de considérer ses besoins. Cela implique de respecter son rythme, d’éviter les interactions intrusives comme la manipulation forcée (notamment les caresses) et de proposer un cadre prévisible dans lequel il peut progressivement développer sécurité et autonomie.

Certains chiens s’attacheront rapidement, d’autres plus lentement, d’autres encore de manière très discrète. Chaque chien est différent et possède une résilience propre. Dans tous les cas, c’est la qualité de la sécurité perçue, et non la forme visible de l’attachement, qui détermine la solidité du lien et ce, dans le temps 🤍

08/08/2026

J’ai toujours eu cette triste impression sans parvenir à la décrire de manière aussi juste que l’a fait Caralco, le chien compagnon dans l’un de ses derniers posts.

Aujourd’hui, j’ai la sensation que beaucoup d’acheteurs choisissent des chiens de race pour l’image que leur animal renverra de leur propre personne. Un chien-loup pour le côté mystique, un Malinois pour le respect que ce chien inspire, un Border pour le côté « retour à la nature », un Husky pour se sentir un peu sauvage.

C’est principalement pour ses traits physiques que l’on choisit un chien de race aujourd’hui, puisque ce dernier est essentiellement sélectionné sur ces critères. La santé, la fonction passent au second plan (même si les parents sont testés). La preuve, les éleveurs de Bergers Australiens de lignée travail galèrent à faire confirmer certains de leurs chiens pourtant équilibrés et en parfaite santé, juste parce qu’ils ont quelques centimètres et kilos en moins que les Bergers Australiens de beauté.

Il n’y a rien de mal à apprécier le physique d’un chien, et j’ai plein d’ami/es qui sont propriétaires de chiens de race pour des raisons plus valables que leur seule beauté. Mais beaucoup de propriétaires de chiens galèrent aujourd’hui avec leur compagnon parce qu’ils ont choisi un physique avant de choisir un chien qui leur convient. La vraie raison qui les a poussés à prendre un chien était un besoin d’appartenance sociale, pas une volonté réelle de partager leur vie avec un animal aux besoins éthologiques complexes.

Le choix d’un compagnon amené à partager quinze ans d’existence avec nous devrait demander un peu plus d’engagement que celui d’un sac à dos, et c’est un travail des deux côtés qui nécessite d’être mis en place : celui des acheteurs, et celui des éleveurs.

Encore une fois, je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Il y a des éleveurs qui font un véritable travail de sélection réfléchi destiné à améliorer la santé et la fonctionnalité de leur race de cœur. Mais quand on constate à quel point les associations sont saturées de chiens de race (à la SPA d’Orgeval où je suis bénévole, il y a 80% d’American Staffs, dont de nombreux chiens LOF), il y a de quoi se poser des questions. De même, quand on sait que très peu de Bouviers Bernois ou de Bouledogues Français dépassent l’âge de huit ans (et je suis très optimiste !), on se demande comment on peut encore dormir sur nos lauriers et accepter en 2026 un mode de sélection complètement obsolète.

(Pour lire le post entier de Caralco, le chien compagnon, dont les articles sont pertinents et invitent à la réflexion, RDV sur la page Facebook de l’association).

⚠️ Tout commentaire est le bienvenu. En revanche, les remarques insultantes, les phrases ponctuées de douze points d’exclamation, les commentaires méprisants seront supprimés sans préavis.

Elsa Weiss / Cynopolis Formations
© Tous droits réservés - 2026
🐕 Texte garanti sans IA 🐩

👉 Pour découvrir nos formations sur l’éducation et le comportement des chiens, c’est par ici : https://www.cynopolis.fr/formations

👉 Pour lire mes livres « DANS LA TÊTE DU BORDER COLLIE », RDV ici : bit.uly/4i48bqV, et « JOURNAL D’UNE BERGÈRE », RDV là : https://amzn.to/4dnmB44

08/08/2026

🐾 Comprendre le shutdown chez les chiens adoptés de l'étranger 🐾

Lorsqu'un chien arrive directement d'une fourrière, notamment ceux adoptés, certains adoptants s'inquiètent de le voir rester immobile pendant plusieurs jours, plusieurs semaines voire plusieurs mois. Il ne quitte pas son couchage, n'explore pas son environnement ou juste pour s'alimenter, faire ses besoins. Cette réaction, lorsque toute hypothese purement médicale est écartée, est appelée shutdown ou inhibition profonde et reflète un système nerveux qui est saturé.

🟩 Une réponse adaptative face à une surcharge émotionnelle

Les chiens adoptés de l'étranger issus de fourrière ont vécu durant des mois, souvent des années et parfois même toute leur vie dans un environnement où ils ne contrôlaient rien: espace restreint, promiscuité, bruit, imprévisibilité, ressources et impossibilité de fuir. Parfois en vivant coupé de la lumière et pour la quasi majorité, sans jamais sortir de leur box, ce qui crée de grosses carences. En éthologie, on parle de perte de contrôle sur l'environnement, un facteur reconnu comme particulièrement générateur de stress chronique.

À leur arrivée chez des humains, tout change très brutalement. Ce bouleversement, représente une accumulation considérable de stimulations. Chez certains chiens, la stratégie d'adaptation n'est ni la fuite, ni l'agression, ni la coopération: c'est l'inhibition comportementale. Ils limitent au maximum leurs déplacements, leurs interactions et leurs initiatives afin de réduire le coût émotionnel de la situation. En éthologie, ce type de réponse est bien décrit dans les stratégies de coping observées chez de nombreuses espèces.

🟩 Un chien immobile continue pourtant d'observer et d'avancer

👉 L'absence de mouvement ne signifie pas l'absence d'activité. Un chien en shutdown analyse son environnement en permanence. Son cerveau traite une quantité importante d'informations alors même que son comportement paraît figé.

Des travaux sur les chiens de refuge montrent d'ailleurs que le stress chronique peut profondément modifier l'expression des comportements, sans que cela traduise un manque d'intérêt ou d'apprentissage (travaux de Beerda et Hennessy).

🟩 Vouloir le faire bouger est contre-productif

Par inquiétude, beaucoup d'adoptants cherchent à encourager leur chien à explorer, à sortir, à marcher ou encore cherchent à les caresser. Pourtant, lorsqu'un chien est en état d'inhibition profonde, multiplier les sollicitations revient à ajouter des stimulations à un organisme déjà dépassé.

👉 L'objectif n'est donc pas de mettre le chien en mouvement, de forcer le contact physique (les chiens issus de fourrière assimilent souvent main=danger) mais de lui permettre de retrouver un sentiment de sécurité. Un environnement calme, prévisible et peu intrusif favorise progressivement la reprise d'initiatives spontanées. Et c'est précisément ces initiatives, choisies par le chien, qui marquent les véritables progrès.

🟩 Le temps fait partie du traitement

En comportement animal, il n'existe pas de raccourci pour restaurer un sentiment de sécurité. Un chien qui a vécu longtemps dans un environnement hautement stressant ne peut pas réorganiser son fonctionnement émotionnel en quelques jours. Il est de notre devoir de le comprendre, de l'accepter et de réussir à prioriser les besoins du chien que nos projections ou envies.

🐶 Conclusion

Le shutdown n'est donc pas un échec de l'adoption. Chez certains chiens issus de fourrière, il constitue une réponse adaptative attendue. Notre rôle n'est pas de les sortir de cet état à tout prix, mais de leur offrir suffisamment de stabilité pour qu'ils puissent, à leur rythme, décider eux-mêmes de recommencer à explorer le monde et ce, peu importe le temps que cela va prendre 🤍

12/07/2026

*** L’AGRESSION PAR PRÉDATION N’EXISTE PAS ***

Lili est une chienne de type berger. Elle agresse ses congénères après avoir adopté une position d’embuscade (couchée, menton posé entre les antérieurs ou tête en deçà du niveau des épaules). Si le congénère continue d’approcher malgré cette posture, elle se déplace vers lui, avec la démarche typique du chien de berger, c’est-à-dire, posture basse et ondulante. Elle finit par le saisir au-dessus du cou pour le secouer, et s’en aller immédiatement ensuite. On affirme plusieurs fois à Tom (son gardien très inquiet), que sa chienne « agresse par prédation ». Ainsi, Lili ne serait pas du tout sociable. Elle confondrait ses congénères avec des proies. Elle serait alors « irrécupérable » puisque la prédation est incompatible avec la socialité (au moins, ça c’est vrai).

REVENONS SUR LES BASES

Avant d’expliquer ce qui arrive à Lili, et pourquoi elle adopte cette conduite, revoyons les fondamentaux. Il est tout de même essentiel de les maîtriser pour éviter les affirmations qui pourraient potentiellement condamner un chien. La théorie, les livres et surtout l’éthologie ne sont pas des options quand on souhaite comprendre un comportement.

En éthologie, l’agression (et ceci, quelle que soit l’espèce, humains compris) est un mode de « communication ». L’émetteur qui exprime l’agression va faire savoir au récepteur, qu’il a besoin de « distance ». Et si l’on parle de récepteur et d’émetteur, c’est qu’il s’agit bien de communication. Alors quoiqu’on en dise, l’agression est un comportement social, agonistique, de résolution d’un conflit, d’un problème, d’un dérangement. L’agression reste émotionnelle, évidemment. Selon le niveau d’émotivité de l’individu qui agresse et selon la capacité de l’autre chien à comprendre le besoin de distance exprimé, l’agression sera intensifiée ou pas. Il est donc essentiel de saisir que dans l’agression, le chien cherche à obtenir l’éloignement de son problème (un chien, un humain, une voiture, etc.).

Dans la prédation, c’est l’inverse. Le chien prédateur va tout faire pour se rapprocher de sa proie sans être vu (d’où la posture basse et le silence), dans le but de la capturer, de la tuer et peut-être de la manger. La prédation est tout sauf sociale. Son but est alimentaire (et ceci, même si le chien n’a plus besoin de chasser pour manger). La prédation n’a pas à être classée dans les conduites agressives puisqu’en aucun cas elle ne vise à communiquer. La prédation est non émotionnelle, et à très haut niveau de motivation puisqu’elle place le chien en mode « exigence » dans la pyramide de Maslow. En somme, c’est une séquence comportementale créée par la succession de patrons-moteurs génétiques qui s’imposent au chien.

Considérant ce qui vient d’être expliqué, « agression » et « prédation » ne sont pas à associer, surtout pour inventer l’agression par prédation.

QUE FAIT LILI ?

Ce que fait Lili est on-ne-peut-plus social. L’embuscade étant une posture de menace, Lili cherche à intimider le chien qui arrive en face d'elle, afin qu’il ralentisse, change de trajectoire ou s’en aille tout simplement. Quand Lili adopte ce comportement, elle communique avec son congénère. Elle cherche à obtenir de lui de la distance.
- Si celui-ci l’écoute et s’éloigne, Lili se relève et poursuit sa route. Elle ne le poursuit pas.
- Si celui-ci est tenu en laisse, il n’a pas d’autre choix que de continuer à avancer vers Lili qui se montre pourtant menaçante. En effet, beaucoup d’humains vont déclarer que Lili est « en posture d’apaisement » car elle est couchée, menton plaqué au sol. Mais si l’on observe bien le comportement du chien attaché (et donc contraint), on constatera qu’il n’est pas à l’aise du tout avec le fait de continuer à réduire la distance avec notre Lili, postée en embuscade. Ici, c’est donc l’humain qui tient la laisse qui doit comprendre que lorsqu’un chien se conduit de la sorte, il faut l’éviter, le contourner, faire demi-tour, s’en éloigner.
- Si le chien est en liberté et qu’il poursuit allègrement sa route vers Lili, alors, c’est lui qui ne la comprend pas (ou ne la respecte pas).
Bref, dans les deux derniers cas, la seule qui adopte un comportement logique placé dans la communication, c’est Lili.

Lili, dont on affirme à tort qu’elle « agresse ses congénères par prédation », et que ce n’est pas récupérable puisque sa période d’imprégnation est terminée.

DE QUOI LILI A-T-ELLE BESOIN ?

- Elle a besoin qu’on augmente son sentiment de sécurité dans l’environnement.
- Elle a besoin d’être mise à distance de ses congénères afin qu’elle ait le temps d’évaluer la menace avec objectivité.
- Elle a besoin d’être sûre que si elle ne veut pas d’interaction sociale, il n’y en aura pas.
- Elle a besoin d’être comprise, et perçue comme elle est réellement : une chienne sociable mais peu confiante en ses congénères. Et aussi, une chienne sélective car Lili ne menacera pas tous les chiens. Mais surtout, c’est une chienne qui n’a pas de motivation particulière pour les rencontres impromptues et systématiques.
- Elle a besoin de croiser des chiens qui communiquent à distance avec elle pour pouvoir décider ce qu’elle va faire.
- Elle a besoin que son gardien s’en tienne aux chiens qu’elle connaît et reconnaît comme des amis.
- Elle a besoin de comprendre que la menace n’a pas à être instrumentalisée, parce que désormais son gardien l’écoute et la comprend mieux.

Audrey Ventura /

Le livre "L'éducation du chien · de l'enfant : une analogie taboue ?" est sorti ! Disponible chez les dépositaires et sur shop.cynoconsult.fr
PRÉPAREZ VOTRE LECTURE DE VACANCES ! ;-)

08/07/2026

CES ÉLEVAGE QUI VENDENT DES CHIOTS PEUREUX OU AGRESSIFS...

Lorsque vous achetez un chiot en élevage et que la mère, le père (ou les deux) sont en cage ou maintenus à l’extérieur sans rencontre possible avec vous parce que présentés comme « potentiellement agressifs », ou lorsque vous observez que la mère est peureuse des humains, se sauve en vous voyant arriver, et aboie sur vous en restant à bonne distance durant toute la visite, il n’y a pas d’autre conseil à vous donner que de repartir immédiatement et d’aller prendre votre petit ailleurs.

En France, il existe des d’éleveurs.ses qui vous vendront des trésors de santé, de comportement et de beauté. Ce genre de professionnel de la sélection se préoccupe des trois critères à la fois.

Même si l’élevage que vous avez choisi est déclaré (ce n’est pas un critère de choix, c'est un minimum légal), même si les ascendants sont primés au national, à l’international, ou à l’intergalactique, et que les parents détiennent toutes les cocardes de beauté possibles et imaginables, fuyez.

Si les parents présentent des comportements de fuite ou d’agression face aux humains, c’est que la génétique est mauvaise. Vous avez choisi (par manque de discernement lié à l’absence de connaissance) un élevage qui sélectionne sur l’esthétique, et s’intéresse très peu au comportement.

En l’espace de deux semaines deux chiots sont arrivés à l'étude : l’un craintif d’absolument tout dans l’environnement au point qu’il est impossible pour sa famille de sortir avec lui. L’autre est tour à tour agressif ou fuyant. Il s’élance pour attraper tout ce qui passe à coté de lui ou se sauve…

Les deux chiots ont moins de 4 mois et sont issus d’élevages, tout ce qu’il y a de plus déclarés, primés et/ou reconnus. Les comportements montrent que ces chiots n’ont quasiment rien vu avant de sortir de l’élevage et que l’éleveur-se n’a effectué aucun travail de socialisation précoce. Les petits ont été séparés trop tôt de leur mère, et entre eux, ce qui représente une lacune énorme en terme de socialisation. Mais il paraît que la socialisation ne relève pas de la compétence de l'éleveur-se, mais du devoir de l’acheteur et de son éducateur. La pilule ne passe pas.

Je connais des éleveurs-ses qui pleureraient en constatant comment les chiens sont encadrés dans les lieux, à quel âge ils quittent le nid et ce qui est véritablement recherché dans la sélection.

Au-delà de la sphère comportementale désastreuse, l’un des chiots est issu d’une lignée clairement hypertypée, l’autre d’une lignée ou l’on a augmenté considérablement le prix du chiot sur des critères de couleurs. On recherche la tare génétique à outrance, on joue avec l’ADN et la santé des chiens. Mais peu importe, les chiens sont magnifiques et attirent le chaland.

Le niveau de connaissance de la grande majorité des particuliers n’est pas suffisamment élevé pour qu’ils puissent choisir leur éleveur-se avec lucidité. Naturellement, le commun des mortels est attiré par les prix de beauté et le discours marketing tenu sur le site Internet. Mais dites-vous que lorsque vous repartirez avec le chiot, ce sera pour 10 ou 15 ans. Vous chercherez un professionnel du comportement en le suppliant de faire quelque chose. Nous ferons de notre mieux mais nous n’aurons jamais le pouvoir de modifier l’ADN d’un chien. Alors, contactez-nous AVANT de jeter votre dévolu sur un élevage, et nous le choisirons avec vous.

Il est sain et plein de bon sens de finir par choisir, non pas une race, mais un-e éleveur-se.

L’élevage est un sacerdoce.
La sélection génétique est un art.
Faire naître des chiens équilibrés relève de la virtuosité.
Et comme dans la musique, la virtuosité ne se trouve pas à tous les coins de rue.

Audrey Ventura

« L’éducation du chien · de l’enfant : une analogie taboue? » est sorti ! Dépositaires et boutique ici : shop.cynoconsult.fr

LÉGENDE PHOTO
Élevage du Hogan des Vents : 20 ans de sélection sur la santé et le comportement. Les chiots rejoignent leur nouvelle famille à 12 semaines. Photo publiée avec l'autorisation de Mathieu Mauriès, l'éleveur sélectionneur.

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