10/18/2026
Sérieux,je me questionne 🤔
Attention ici, je ne blâme personne et encore moins la propriétaire qui fait tout se qu'elle peut pour régler la situation. Je ne fais que partager ma réflexion avec vous. ❤️🩹
Voici Xavier, un mara de Patagonie actuellement en pension chez nous. Son séjour ici est lié au refus de la SPA et de la municipalité de Sherbrooke de le reconnaître comme animal de compagnie ( informations à valider) mais peu importe qu'il le soit ou non, cette situation m’amène à réfléchir.
Pourquoi avons-nous autant besoin de posséder les animaux qui nous fascinent? Pourquoi notre émerveillement se transforme-t-il si souvent en envie d’en avoir un chez soi?
Bon, j'avoue qu'avec sa belle bouille et son côté attachant, Xavier a tout pour faire craquer mais derrière cette apparence, se trouve un animal avec des besoins bien à lui.
Le mara est un herbivore des grands espaces d’Argentine, fait pour marcher, courir, sauter et brouter. Il lui faut de l’espace pour se déplacer librement, une alimentation riche en fibres et un environnement sécurisant. Sa vie sociale repose notamment sur des liens de couple durables et notre présence ne remplace pas simplement celle d’un congénère compatible.
C’est aussi un animal naturellement vigilant, qui peut fuir brusquement lorsqu’il prend peur. Ses longues pattes peuvent se blesser, et ses soins demandent des connaissances ainsi qu’un accès à un vétérinaire compétent pour cette espèce et croyez moi, ces vétérinaires sont rares.
Comment une vie de simple animal de maison pourrait-elle répondre à tout cela? Honnêtement, malgré les meilleurs intentions et conditions du monde, c'est pratiquement impossible pour le commun des mortels.
Avoir été nourri au biberon, être apprivoisé ou rechercher les caresses ne transforme pas une espèce sauvage en espèce domestiquée. Son attachement à l’humain ne fait pas disparaître ses besoins.
C’est là que, pour moi, vouloir faire du mara ou tout autre animal avec des besoins aussi spécifiques, un animal domestique devient un non-sens. Nous voyons sa douceur, sa beauté, le lien qu’il peut créer avec nous mais regardons-nous suffisamment ce que nous lui demandons de laisser de côté pour entrer dans notre quotidien?
Puis une autre question me dérange. Pourquoi chercher à faire entrer toujours plus d’espèces exotiques dans nos maisons alors que, collectivement, nous n’arrivons même pas à assurer la sécurité et le bien-être des animaux domestiques qui dépendent déjà de nous?
Des milliers d’animaux sont recueillis errants ou abandonnés. D’autres restent dehors, loin des regards. Des chats qui se reproduisent sous les galeries, qui cherchent un abri, qui traversent le froid, la faim et la maladie. Des vies entières dans un grand silence, dans l’indifférence, parfois sans que personne remarque leur disparition.
Qu’est-ce qui nous pousse à chercher le prochain animal différent à posséder, pendant que tant d’autres attendent déjà qu’on prenne nos responsabilités?
Je ne cherche pas à pointer une personne du doigt, loin de là. Je questionne simplement notre rapport collectif aux animaux, et je m’inclus également dans cette réflexion.
Accueillir Xavier, prendre soin de lui et m’y attacher ne m’empêche pas de remettre en question ce qui conduit un animal comme lui à devenir un compagnon de maison.
Xavier est là, maintenant. Il mérite des soins, de la stabilité et une vie qui respecte sa nature. Les animaux déjà dépendants de nous ne devraient jamais payer le prix de nos prises de conscience tardives mais pour les prochains, pouvons-nous apprendre à admirer sans posséder?
Avant de nous demander « Est-ce que je peux en avoir un? », demandons-nous : « Pourquoi est-ce que j’en veux un, et quelle vie puis-je réellement lui offrir? »