09/23/2026
🐄 ASTUCE DE LA SEMAINE — LES MYCOTOXINES : DES ENNEMIES PARFOIS INVISIBLES 🍄
Les mycotoxines sont des substances toxiques produites par certaines moisissures qui peuvent contaminer les aliments destinés aux bovins. Et attention : l’absence de moisissure visible ne garantit pas l’absence de mycotoxines!
🔬 Quelles mycotoxines retrouve-t-on?
Plusieurs familles peuvent être rencontrées dans l’alimentation des bovins, notamment :
• DON (vomitoxine) et autres trichothécènes;
• zéaralénone (ZEN);
• fumonisines;
• aflatoxines;
• ochratoxines.
🌽 Où se cachent-elles?
On peut en retrouver dans plusieurs aliments : maïs-grain, ensilage de maïs, céréales, drêches et autres sous-produits, ensilages et parfois le foin.
Certaines moisissures et toxines se développent principalement au champ, alors que d’autres sont davantage associées aux conditions de récolte et d’entreposage.
🌧️ Qu’est-ce qui augmente le risque?
Des conditions météorologiques difficiles pendant la croissance ou la récolte — humidité élevée, pluies importantes, stress des plantes, dommages causés par les insectes ou récolte tardive — peuvent favoriser la contamination.
Après la récolte, une humidité excessive, une mauvaise compaction de l’ensilage, une entrée d’air, un silo mal scellé ou un échauffement des aliments peuvent également favoriser la croissance des moisissures.
⚠️ Quels signes peut-on observer dans le troupeau?
Les effets sont souvent subtils et peu spécifiques et peuvent varier selon la toxine, la concentration, la durée d’exposition et la présence simultanée de plusieurs mycotoxines :
• diminution de la consommation;
• baisse de la production laitière;
• diminution de l’efficacité alimentaire : moins de lait produit pour une même quantité de matière sèche consommée;
• troubles digestifs et fumier plus variable;
• problèmes reproducteurs : baisse de fertilité, retours en chaleur, mortalité embryonnaire et parfois avortements;
• altération de la fonction immunitaire, pouvant rendre les animaux plus susceptibles aux infections et contribuer à une augmentation de certains problèmes infectieux dans le troupeau.
Certaines mycotoxines, comme la zéaralénone, sont particulièrement reconnues pour leurs effets sur la reproduction.
🧪 Comment les détecter?
Lorsqu’on les soupçonne, l’analyse des aliments demeure un outil important. La qualité de l’échantillonnage est essentielle puisque les mycotoxines peuvent être distribuées de façon très inégale dans un silo ou un lot d’aliments. Il peut donc être pertinent d’analyser séparément les aliments les plus suspects et de prélever plusieurs sous-échantillons représentatifs.
👉 Il est également possible de rechercher la DON (vomitoxine) et/ou ses métabolites directement dans le sang des vaches. Cette approche peut être intéressante puisqu’elle permet d’évaluer l’exposition réelle de l’animal, en complément de l’analyse des aliments.
🛡️ Et si on en trouve?
La première étape demeure, lorsque possible, de retirer ou diluer l’aliment contaminé et de corriger les problèmes de conservation ou d’entreposage.
Certains capteurs ou désactivateurs de mycotoxines peuvent également être incorporés à la ration. Leur efficacité varie toutefois selon le produit et le type de mycotoxine : tous les produits ne sont pas efficaces contre toutes les toxines!
👉 Une baisse inexpliquée de consommation, de production ou d’efficacité alimentaire, des problèmes reproducteurs ou encore une augmentation inhabituelle de certains problèmes de santé dans le troupeau? Les mycotoxines peuvent faire partie des pistes à investiguer avec votre vétérinaire et votre nutritionniste. 🌾