10/04/2020
Quand je réussis, c’est grâce à moi ; quand j’échoue, c’est la faute des autres !
Quand on a des difficultés, n’est-ce pas toujours de la faute des autres ?
On sait très bien quand on (se) raconte des histoires ou quand on (se) dit la vérité !
Biais cognitif chez l’humain. Et chez le chien ? Et le chat ?
Biais de confirmation, biais de supériorité illusoire, confabulation, heuristique affective…
Humains :
Croyance : nous nous évaluons objectivement sur nos succès et échecs passés
En réalité : nous excusons nos échecs et survalorisons nos succès, nos compétences, et notre intelligence
Croyance : nous savons quand nous nous mentons, quand nous nous racontons des histoires.
En réalité : nous sommes souvent ignorants de nos motivations (subconscientes) et nous créons une histoire logique (acceptable) pour expliquer nos émotions, sentiments, actions, et toute notre histoire.
Croyance : nos opinions sont le résultat d’analyses rationnelles objectives.
En réalité : nos opinions sont liées à la confirmation de nos croyances (subconscientes), tout en ignorant les informations contradictoires.
Chiens et chats
Aboiements territoriaux : le chien qui aboie les passants qui passent fait-il une analyse statistique de l’effet de ses aboiements ou non-aboiements ?
Non : le chien confirme que les passants s’enfuient quand il aboie ; par contre il ignore que les passants passent de toute façon quand ils n’aboie pas, par exemple quand il ronge un os.
Harcèlements des chiens plus faibles : certains chiens aiment la bagarre, mais ont perdu des conflits avec des chiens plus balaises qu’eux : ils satisfont leur besoin de bagarre en harcelant des chiens plus faibles. Ils confirment leur valeur de champion de la bagarre, ils survalorisent leur succès, tout en évitant de se remémorer leurs défaites.
Malpropreté chez le chat : le chat souffre de cystite, il a mal quand il urine dans le bac à litière : à qui la faute de la douleur ? Le chat semble incapable de concevoir que la douleur vient de lui-même : il met la faute sur un objet / sujet externe : c’est la faute du bac à litière. Dès lors le chat évite le bac à litière et va uriner ailleurs, là où c’est confortable, et non douloureux.
Les biais cognitifs sont des raccourcis infralogiques de la pensée rationnelle. Ce sont des algorithmes d’approximation du computer cérébral. Et c’est tout à fait normal. C’est le subconscient qui travaille à une vitesse f***e, pour obtenir une réponse approximative efficace en urgence. Nous, humains, nous pouvons bien sûr réfléchir (hors crise émotionnelle), pour obtenir des informations plus logiques, plus objectives, plus rationnelles, mais cela prend du temps (des minutes, des heures, des jours) et cela fait chauffer le cerveau qui, par facilité, se contente des biais, des raisonnements approximatifs, d’auto-valorisation.
Ces biais cognitifs sont là pour faire bouger la machine, pour motiver, pour avancer : ils sont là pour valoriser nos compétences, notre intelligence, nos qualifications, nos capacités sociales, notre adaptabilité… et réduire l’impact de nos incompréhensions, nos incompétences, nos échecs, nos malversations, nos antipathies… qui nous conduiraient au freezing dépressif. Certains biais cognitifs sont des antidépresseurs 😉
Photo © Igorr1/Thinkstock