10/14/2026
Deux grizzlis ont été abattus illégalement en Alberta en l’espace d’une seule semaine, comme le révèlent des images diffusées par les services de protection de la faune de la province. Pour plusieurs experts, ces mises à mort illégales illustrent à nouveau les difficultés de la cohabitation entre les humains et les animaux sauvages.
« Ça m'a vraiment bouleversé », se désole Kim Titchener, la fondatrice de l'organisme Bear Safety and More, en réaction aux images diffusées sur Facebook montrant les deux cadavres de grizzlis.
« C'est affligeant de voir ce phénomène récurrent [...] qui donne l'impression d'une véritable guerre contre la faune sauvage », ajoute-t-elle.
Le premier grizzli abattu a été découvert le 30 septembre en bordure d'une route, à environ 20 km au nord de Swan Hills.
Le lendemain, la carcasse du second ours a été retrouvée dans un secteur isolé entre Little Smoky et Fox Creek, avec les quatre pattes sectionnées.
Pour le biologiste Mark Boyce, le prélèvement des pattes de cet ours oriente les soupçons vers le braconnage commercial. Ce sont des pièces particulièrement prisées sur le marché noir et en médecine orientale, souligne-t-il.
Ces incidents surviennent après la découverte, en juin dernier, de deux autres grizzlis abattus le long d'une route près de Sundre, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Calgary.
La province invite toute personne disposant d'informations sur ces incidents ou sur d'autres infractions présumées liées à la faune sauvage à les contacter au 1-800-642-3800 ou à remplir un formulaire en ligne sur alberta.ca/report-poacher (nouvelle fenêtre).
Elle précise prendre « très au sérieux l'abattage illégal de tout grizzli ».
La province estime qu'il y a aujourd'hui environ 1000 grizzlis en Alberta, bien qu'aucune étude sur la population provinciale de grizzlis n'ait été menée depuis 2018. Ils sont considérés comme une espèce menacée depuis 2010.
𝐌𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐞𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐮𝐧𝐞
Pour le biologiste Gordon Stenhouse, l'abandon de ces carcasses d’ours est « décevant ».
« 𝐀𝐛𝐚𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐛𝐚𝐧𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐧'𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥, 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐠𝐫𝐢𝐳𝐳𝐥𝐢, 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐬𝐩𝐞̀𝐜𝐞 𝐦𝐞𝐧𝐚𝐜𝐞́𝐞, 𝐭𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐝'𝐮𝐧 𝐦𝐞́𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝐝'𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐞𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐮𝐧𝐞. »
Une citation de Gordon Stenhouse, biologiste.
C’est aussi l’avis du biologiste Mark Boyce : Les grizzlis, qui sont potentiellement plus agressifs et plus dangereux, méritent davantage de respect.
« On ne les trouve généralement pas dans les centres urbains et ils sont assurément craintifs face aux humains », ajoute-t-il.
« Le véritable problème, c'est la multiplication des voies d'accès au territoire principal de cette faune », indique, quant à elle, Kim Titchener.
Selon elle, les communautés riveraines des habitats sauvages devraient investir dans des moyens de prévention concrets, tels que les clôtures électriques, les chiens de protection et les poubelles anti-ours, au lieu de s’attaquer aux grizzlis.
Elle estime qu'« il y a [encore] beaucoup de craintes et peu d'outils. »
Source : Ici Radio-Canada, Mateo Delattre, 11 octobre 2026.
Crédit photo : Radio-Canada / David Gray : Les grizzlis sont une espèce menacée en Alberta depuis 2010 et leur chasse est interdite depuis 2006. (Photo d'archives).