10/14/2026
Et si, avant de taper systématiquement sur les éleveurs, on regardait aussi ce qui se passe chez les particuliers et chez les acheteurs eux même ? 🚩🚩🚩
« Les refuges sont pleins, arrêtez de produire. »
Cette phrase revient sous les publications d’éleveurs qui dépistent leurs reproducteurs, réfléchissent aux mariages, socialisent leurs chiots et sélectionnent leurs familles. Je ne parle pas là des élevages usines qui ne devraient pas exister à mon sens.
Mais les portées faites chez les particuliers, qui les remet en question ?
Je suis éleveuse. Les reproductions irréfléchies chez les particuliers, je les vois au quotidien.
Des chiens mis à la reproduction sans dépistages adaptés, sans réflexion sur leur tempérament, sans aucunes connaissances et sans véritable préparation de l’avenir des chiots.
Puis les chiots grandissent. Ils salissent, mordillent, font du bruit, prennent du temps et commencent à faire des dégâts dans le salon. Alors, il faut les faire partir. Vite. Et le choix des familles passe parfois bien après l’urgence de s’en débarrasser.
Faire naître est facile. Assumer chaque vie que l’on fait naître est une tout autre responsabilité.
Selon les données rapportées, plus de 66 % des chiens abandonnés ne sont pas identifiés. Pourtant, l’identification est obligatoire avant toute vente ou tout don, y compris entre particuliers.
Ce chiffre rappelle que le débat doit aussi porter sur les naissances et les cessions réalisées en dehors des règles les plus élémentaires.
Une portée chez un particulier n’est pas automatiquement plus éthique parce qu’elle est née dans un salon.
« Je ne suis pas éleveur » ne dispense pas de responsabilité. « C’est juste une portée » ne dispense pas de dépistages, de soins, de socialisation, d’identification et de sélection des familles.
Et du côté des acheteurs, il faut aussi accepter de se remettre en question.
Chercher uniquement le moins cher, le plus proche, le plus rapidement disponible ou la couleur qui plaît, sans vérifier le reste, c’est entretenir une demande et un marcher de m**** dont profitent les vendeurs peu scrupuleux.
Chaque achat leur donne les moyens de recommencer.
Un prix élevé ne garantit pas le sérieux. Mais une « bonne affaire » ne justifie jamais de fermer les yeux sur les conditions de vie des chiens, leur santé ou leur avenir.
Oui, les mauvais professionnels doivent être dénoncés et sanctionnés. Mais les particuliers qui font reproduire sans précaution et ceux qui achètent sans se poser de questions participent tout autant au problème. Leur responsabilité mérite la même attention. Alors agissez, votre achat est un vote.
Expliquer au repas de famille la connerie qu’a fait « Roger » en achetant son chien de la mauvaise manière, qu’il a participé à tout ce trafic autour des animaux. « Roger » qui va en plus et bien souvent se plaindre de s’être fait arnaquer « en plus », « que les éleveurs sont tous des c*** ». Alors qu’il aura été un acteur majeur et principal dans l’histoire…
Soutenir la cause animale, c’est aussi être exigeant dans ses propres choix, chaque achat est un vote. Tous ces « éleveurs » ne seraient pas aussi nombreux si il n’y avait pas des acheteurs. Ça va dans les deux sens. Alors oui il faut agir contre ça, mais il faut commencer à agir de la bonne manière. Ça aura plus de sens et ça fonctionnera mieux…
Choisir une famille adaptée plutôt que le premier acheteur. Choisir un tempérament plutôt qu’une couleur. Vérifier les dépistages et les conditions d’élevage. Accepter d’attendre. Préparer une vie entière avec le chien.
Les refuges méritent notre soutien. Et les animaux méritent d’avoir des porte-parole qui les protègent. Cependant il est temps de commencer à comprendre ce qu’il ne va pas, réellement, c’est comme ça qu’il y aura du changement.
La remise en question ne peut pas toujours être réservée aux autres.
Photo : EK LINCOLN ✨