05/05/2026
19 : Une journée, une émotion racontée par le corps👉 la colère
" Mais c'est quoi ce bruit ! Elle n'a pas appris le vivre ensemble cette c*** !"
Ma journée commence… ou plutôt, elle s'impose à moi.
Bruit dans le couloir. Quelqu'un qui crie. Porte qui claque. Je n'en peux plus de cette voisine !!
Mes yeux s’ouvrent d’un coup, mon cœur accélère. Pas doucement, non, franchement. Mes mâchoires se serrent et mes épaules se contractent.
Mon corps ne négocie pas. intrusion, alerte , tension !
Sous la do**he, tentative de repartir sur de bonnes bases. Et là, le shampooing est vide.
Silence. Puis, montée en température.
Mes sourcils se froncent. Mon souffle devient plus court. Mes gestes se font plus brusques et mon corps se crispe pour… un flacon vide.
Mais pour mon corps justement, ce n’est pas "juste un flacon", non... C’est la goutte de trop !
Lacolère n’a pas besoin de beaucoup pour s’allumer.
Café. Enfin. Et… renversé sur le chemisier.
Alors là, mon corps ne fait même plus semblant d’être subtil. Pic de chaleur immédiat. Mon cœur tape plus fort. Envie de dire un mot pas très élégant.
Mon corps, lui, est déjà prêt à exploser pour un café.
Sur la route, ça continue.
Personne n’avance. Quelqu’un me coupe la priorité.
Et là, c’est parti. Mes mains agrippent le volant. Mes bras sont tendus, ma mâchoire verrouillée. Mon regard se durcit en mode "Scarface".
Intérieurement (ou extérieurement), je râle, je juge, je lance des injures, je commente...
Mon corps est en mode combat. Prêt à monter sur le ring de boxe.
Même si le seul adversaire, c’est une Clio qui roule à 30km/h
Arrivée au travail. Grosse réunion à animer... Seule.
Et là, la colère change de forme. Moins explosive, plus profonde.
Une tension qui s’installe dans ma poitrine. Une sensation de pression.
J’ai bossé pour quoi, au juste ?
Pourquoi je suis seule là-dedans ?
Mon corps chauffe, mais de l’intérieur.
Mes épaules sont dures, crispées. Mon dos est rigide. L’énergie monte… mais elle ne sort pas vraiment. Elle reste coincée.
Et ça, ça fatigue.
Dans la journée, quelqu’un dépasse mes limite. Une remarque de trop. Un comportement irrespecteux.
Et là, le corps réagit instantanément.
Comme une envie de commettre un meurtre.
La chaleur me monte au visage. Mon cœur accélère. Mon ventre se contracte et mes muscles se tendent comme s’ils se préparaient à répondre.
Parce que la colère, au fond, elle dit STOP.
Mais quand elle déborde, elle ne dit plus… elle attaque.
Et plus la journée avance, plus le corps accumule.
Petites irritations. Frustrations. Injustices.
La respiration reste courte. Les mâchoires serrées deviennent la norme. Les épaules ne redescendent plus vraiment. Le corps garde tout. Il encaisse. Il stocke. Il chauffe.
Et parfois, ça sort n’importe comment : soupir d'agacement, réponse sèche, insulte...
La colère déséquilibrée, ce n’est pas toujours crier.
C’est souvent être constamment sur le fil, irrité, réactif, à bout de nerfs, sans raison proportionnelle.
Et le soir, c'est se sentir épuisé. Pas vidé, non, épuisé.
Parce qu’être en tension toute la journée, ça consomme énormément.
Et pourtant… Sous tout ça, la colère n’est pas une ennemi. C’est un signal puissant.
Un signal de limite, d’injustice, de besoin non respecté.
Mais quand elle déborde, elle ne protège plus…
elle use.
Alors parfois, au milieu de tout ça, il suffit d’un moment pour relâcher les épaules et desserrer la mâchoire. Histoire de rappeler au corps qu’il n’est pas obligé de se battre toute la journée.