01/09/2026
AFFAIRE DU MONCEAU DE BERGENDAL : LA PROCUREURE DU ROI REQUIERT L'INTERDICTION DE DÉTENIR DES ANIMAUX
Ce mardi 1er septembre, Diana Du Monceau de Bergendal de Chastre comparaissait devant le tribunal correctionnel du Tribunal de première instance du Brabant wallon, à Nivelles.
À l’issue des débats, la procureure du Roi a requis une amende de 20 000 euros, le retrait du permis de détention ainsi que l’interdiction de détenir des animaux.
Le Rêve d’Aby, Animaux en Péril et Bonheur Animal, les trois refuges de la Fefracaf intervenus lors de la saisie de décembre 2023, se sont constitués parties civiles dans ce dossier.
Pour les refuges, la demande d’interdiction de détenir des animaux constitue l’enjeu essentiel de cette procédure. Diana Du Monceau de Bergendal a déjà fait l’objet de plusieurs interventions et saisies au cours des années précédentes et avait notamment été condamnée en 2012. Il est aujourd’hui indispensable de mettre un terme à ce cycle.
➡️ 266 animaux saisis, dont 70 équidés
En décembre 2023, 266 animaux, dont 70 équidés, avaient été saisis sur la propriété.
Les refuges avaient découvert un environnement extrêmement dégradé : déjections omniprésentes, accumulation considérable de déchets et d'objets divers, espaces encombrés et prairies transformées en vastes étendues de boue. À cela s’ajoutaient une surpopulation manifeste et une reproduction insuffisamment maîtrisée entre les animaux.
« Depuis des années que je participe à des saisies, c’est la pire à laquelle j’ai été confronté, tant par le nombre d’animaux concernés que par l’état dans lequel certains se trouvaient. Ce que nous avons découvert sur place reste profondément marquant. » — Lucas Maton, responsable du Rêve d’Aby.
Malgré l’ampleur de la saisie et les constats réalisés, Diana Du Monceau de Bergendal n’a, à l’audience, reconnu à aucun moment que ses animaux avaient été détenus dans des conditions inadéquates.
Elle a notamment attribué l’état des prairies aux conditions météorologiques, déclarant : « J’ai été dépassée à cause de la pluie, je l’avoue. »
Mais l’un des moments les plus marquants de l’audience reste ses explications concernant une vidéo à l’origine de l’intervention. Les images montraient un âne attaqué avec une extrême violence par une meute de chiens présents sur la propriété. Interrogée sur ces images, Diana Du Monceau de Bergendal a soutenu que les animaux « jouaient entre eux ».
L’âne est pourtant décédé deux jours plus t**d des suites de ses blessures. Il n’avait pas reçu les soins que son état nécessitait après l’attaque.
Pour les refuges, de telles déclarations illustrent l’absence persistante de prise de conscience quant à la gravité des conditions dans lesquelles certains animaux étaient maintenus.
➡️Des animaux dans des états sanitaires dramatiques
La défense a par ailleurs tenté de mettre en cause la prise en charge des animaux par les refuges en évoquant plusieurs décès survenus après la saisie.
Une telle présentation ne peut être dissociée de l’état dans lequel ces animaux ont été confiés aux structures d’accueil.
Dino, un autre âne présent sur la propriété, avait ainsi été retrouvé agonisant dans un box par les services vétérinaires. Transporté en urgence en clinique vétérinaire, il est décédé deux jours après son admission. Les examens avaient révélé une infestation parasitaire massive ayant provoqué une obstruction de ses intestins.
D’autres animaux ont dû être immédiatement hospitalisés et présentaient notamment des états de malnutrition sévère et d’importantes infestations parasitaires.
Faire porter aux refuges la responsabilité de décès survenus après la saisie revient à occulter l’état sanitaire parfois dramatique dans lequel certains animaux leur ont été confiés et les soins immédiatement mis en place pour tenter de les sauver.
➡️Une interdiction de détention devenue indispensable
Les trois refuges se sont constitués parties civiles afin d’obtenir notamment le remboursement des frais engagés pour nourrir, héberger et soigner les animaux saisis par les autorités.
Mais au-delà de la question financière, l’enjeu principal de cette procédure reste l’avenir.
Après plusieurs interventions et saisies au fil des années, les refuges considèrent qu’il n’est plus acceptable d’attendre qu’une nouvelle situation se dégrade avant de devoir, une fois encore, intervenir dans l’urgence.
La défense a demandé l’acquittement de Diana Du Monceau de Bergendal et, à titre subsidiaire, une suspension du prononcé en invoquant notamment son âge et sa santé psychologique.
Le jugement sera rendu le 22 septembre 2026.
Le Rêve d’Aby, Animaux en Péril et Bonheur Animal espèrent que la décision du tribunal permettra enfin de mettre un terme définitif à cette succession d’interventions.
L’objectif est simple : qu’aucun animal ne doive encore être saisi chez Diana Du Monceau de Bergendal.