04/09/2026
Avant le fil barbelé, on ne clôturait pas avec des poteaux morts. On clôturait avec des arbres vivants.
Les haies du bocage français ont été édifiées progressivement à partir du IXe siècle pour délimiter les parcelles, contenir le bétail et produire du bois. C'est exactement ce que le fil barbelé, inventé au XIXe siècle, a progressivement remplacé.
La différence entre une haie vive et une clôture morte est immense.
La haie vive se renouvelle d'elle-même en grandissant. Elle donne de l'ombre et un abri au bétail. Taillée selon la technique ancienne du têtard, elle fournit du fourrage — le feuillage est directement consommé par les animaux. Elle produit du bois de chauffage et des piquets de châtaignier à chaque taille. Elle sert de brise-vent, freine l'érosion et filtre les polluants entre parcelles. Elle est un corridor pour les oiseaux, les insectes et la faune auxiliaire. Et elle stocke du carbone.
La technique du plessage, documentée par l'OFB, consiste à entailler les jeunes rameaux pour les plier à l'horizontale et former une clôture vivante impénétrable, sans aucun matériau extérieur.
Pour les haies champêtres, les espèces les plus robustes et multifonctionnelles en France sont l'aubépine, le prunellier, le cornouiller sanguin et le sureau noir pour les strates arbustives, le charme et le chêne pédonculé pour les strates arborées.
Depuis les remembrements des années 1960, la France a perdu 70 pour cent de ses haies d'avant-guerre. Il ne resterait aujourd'hui que 30 pour cent des haies présentes à l'apogée du bocage, selon l'OFB.
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