18/08/2026
Encore un écrit qui me parle beaucoup...
*** RÉTROSPECTIVE 2025-2026 ***
« PROMENER SON CHIOT »
VERSUS
« SE PROMENER AVEC SON CHIOT »
Le plus souvent, dans ses premières semaines, le chiot se montre docile, attentif, volontaire. Il suit son humain partout, obtempère à tout, impressionne par son écoute. Nous avons l’impression d’être le centre de son univers. Le chiot donne souvent l’illusion d’une obéissance facile, naturelle et surtout durable. Mais ce n’est qu’un bébé dont l’animalité, la génétique, les hormones et les aspirations personnelles sont encore en sommeil.
>>> TENIR CET ÉTAT POUR UN ACQUIS
Ce petit être malléable car timoré ne le restera pas, et heureusement. Vers 5–6 mois, selon les races et les lignées, l’adolescence arrive : la personnalité et la génétique s’installent. Et avec elles, le réveil des motivations qui varieront d’un individu à l’autre.
Mais pour l’essentiel, il s'agira de :
- l’attrait pour l’environnement et la liberté.
- l’aspiration dans les odeurs et le monde inexploré.
- l’intérêt pour les congénères et l’identification par l’autre.
- l’excitation des proies.
- la curiosité en général.
- Etc.
L’humain d’attachement sera alors surpris, souvent démuni : « Mon chiot n’écoute plus » ou « L’obéissance ne fonctionne plus » ou « Mon chiot devient incontrôlable ». Souvent, c’est vrai. Sauf que le problème n’est pas « dans » le chien… mais dans la relation qu’on a commencé à bâtir. Un chiot qu’on n’accompagne pas, ou qu’on élève dans l’obéissance perpétuelle n’apprend pas à choisir son humain d’attachement, à vouloir le suivre pour la personne qu’il est, pour ce qu’elle lui apporte et représente à ses yeux.
Les exercices répétitifs, l’obéissance gratuite, les tricks… ne remplaceront jamais un lien solide construit sur :
> le respect de l’éthologie.
> les sécurités affective, environnementale et personnelle.
> l’autonomie.
> le plaisir d’être ensemble.
« PROMENER LE CHIEN » VERSUS « SE PROMENER AVEC SON CHIEN »
Le chiot a besoin de sécurité et d’espace, et donc d'une liberté maîtrisée par nous dans un environnement naturel régulièrement proposé. Il n’a pas besoin d’une laisse courte, ou d’un contrôle permanent par des ordres qui l’entravent. Un chiot contraint n’apprend pas : il subit. C’est dans ces moments de liberté encadrée que le chiot proposera sans cesse :
> Il se retourne pour vérifier que son humain est toujours là.
> Il fait des pauses et prend le temps d’apprécier sa balade.
> Il revient vers son humain car il en a envie.
> Il observe le monde autour de lui et l’analyse à son rythme.
> Il fait des choix à chaque instant.
Mais le plus souvent, personne ne lui répond, car personne ne l’observe.
Son humain d’attachement pense à autre chose, regarde son téléphone, imagine le prochain exercice à faire avec son chien, fait la liste de tout ce que son chiot à encore à apprendre, etc. Il oublie que c’est maintenant que tout se joue. Plutôt que de gratifier tous ses choix spontanés, il voudrait lui en imposer d’autres qui lui conviennent mieux… Malheureusement pour cet humain pressé, tout ce qui n’est pas vu par lui, et tout ce qui n’existe pas dans ses yeux, son chien les trouvera rapidement ailleurs.
Où ça ?
Dans l’environnement auto-renforçant, auto-gratifiant, auto-constructif, parfois dangereux pour le chien qui n’est pas préparé. Et l’humain regrettera que son chien le quitte souvent, et n’ait aucun rappel. Chez ses congénères inconnus, rencontrés à la va-vite, fréquentations non pérennes, parfois toxiques et agressives. Et l’humain se désespèrera de constater que son chien préfère la compagnie des chiens qu’il ne connaît pas plutôt que la sienne.
CONSTRUIRE UNE RELATION SÉCURISANTE
Rangeons notre téléphone.
Prenons le temps de nous connecter à notre chien.
Observons-le.
Voyons ses initiatives.
Et surtout, gratifions-les :
> Il se retourne pour vérifier que son humain est toujours là, et son humain lui dit « Oui, je suis là ».
> Il fait des pauses et prend le temps d’apprécier sa balade, et son humain lui dit « Tu m’attends, tu es gentil ».
> Il revient vers son humain car il en a envie, et son humain se baisse et lui dit « Merci ».
> Il observe le monde autour de lui, et son humain s’arrête aussi et lui dit, « Tu prends le temps de regarder, je suis fier de toi ».
> Il fait des choix à chaque instant, et son humain lui dit « Tu as raison, bravo ».
Etc.
Les plus belles relations homme-chien sont celles où l’humain d’attachement a accepté de descendre de son piédestal pour comprendre l’espèce en devenir qu’il a choisi d’élever, au lieu de vouloir la façonner.
Ce n’est pas au chien de devenir un humain. C’est à l’humain de redevenir un animal et d’entrer en connexion.
La priorité n’est pas l’obéissance. La priorité sera toujours la relation, la sécurité émotionnelle et environnementale, le plaisir d’être ensemble. Tout le reste peut attendre. Et rien n’est irréversible 🖤
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Audrey Ventura /