23/08/2026
Bonjour à tous 🥰
DYSPLASIE DU COUDE : pourquoi l’UCFAS a choisi d’interdire les ED1 à la reproduction ?
La santé de nos chiens doit rester au cœur de toute démarche de sélection.
C’est dans cette logique que l’UCFAS a fait évoluer sa réglementation concernant la dysplasie du coude.
Depuis le 1er mai 2023, les chiens dont le dépistage officiel confirme une ED1 ne sont plus autorisés à la reproduction.
Les chiens ED1 confirmés et radiographiés avant cette date restent soumis aux dispositions transitoires prévues par le règlement et ne peuvent reproduire qu’avec un chien ED0.
Cette décision repose sur un principe de sélection responsable et de précaution : lorsque l’on dispose d’informations permettant d’identifier un facteur de risque, il nous semble préférable de ne pas l’introduire volontairement dans la reproduction.
🦴 Un résultat ED1 n’est pas nécessairement définitif ->
La dysplasie du coude est une affection complexe et évolutive.
Elle peut associer différentes anomalies, notamment une incongruence articulaire, une fragmentation du processus coronoïde médial, une ostéochondrose ou un processus anconé non uni. Les modifications arthrosiques secondaires peuvent également apparaître et progresser avec le temps.
Cette évolution pose une difficulté particulière lorsqu’on cherche à sélectionner les reproducteurs sur la base d’une radiographie réalisée à un âge donné.
Un chien présentant un résultat ED1 à 12 mois peut voir ses articulations évoluer avec l’âge et présenter ultérieurement des lésions plus importantes.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un ED1 deviendra nécessairement un ED3.
L’évolution n’est pas systématique et chaque chien peut avoir une trajectoire différente. En revanche, nous savons que la dysplasie du coude est une affection évolutive et que certaines lésions peuvent apparaître ou être identifiées plus t**divement.
La littérature montre d’ailleurs que la radiographie standard ne permet pas toujours d’identifier toutes les lésions présentes.
Dans une étude comparant des chiens précédemment classés ED0 ou ED1 à la radiographie avec un examen scanner, des lésions de dysplasie ont été retrouvées au scanner chez une proportion importante des coudes initialement classés ED0 ou ED1, et les auteurs ont observé une progression de l’arthrose lors du suivi.
🔎 Nos observations nous ont également alertés ->
Cette prudence n’est pas uniquement théorique. Plusieurs situations observées dans notre population nous ont confortés dans cette position.
Nous avons notamment rencontré des chiens dont les examens précoces ne révélaient aucune anomalie, alors que les radiographies officielles réalisées à 12 mois ont ensuite mis en évidence une dysplasie sévère.
Par exemple :
• Un chien radiographié à 7 mois, à la suite d’une boiterie, ne présentait aucune anomalie visible au niveau des coudes. Les radiographies officielles réalisées à 12 mois ont pourtant conclu à une ED3, avec une fragmentation du processus coronoïde nécessitant une intervention chirurgicale.
• Un autre chien, radiographié à 6 mois, sans boiterie mais parce que plusieurs frères et sœurs étaient atteints, ne présentait aucune anomalie visible. À 12 mois, les radiographies officielles révélaient une ED3, avec des signes d’arthrose au niveau des coudes.
• Enfin, un chien radiographié à 5 mois ne présentait aucune anomalie. À 12 mois, il était classé ED1. Deux mois plus t**d, en raison d’une boiterie persistante, un scanner a été réalisé et a mis en évidence une ED3, avec fragmentation du processus coronoïde nécessitant une intervention chirurgicale.
Ces observations ne constituent évidemment pas, à elles seules, une étude scientifique.
Elles illustrent cependant une réalité importante : l’absence d’anomalie visible sur une radiographie réalisée très jeune ne permet pas d’écarter avec certitude l’apparition ou l’aggravation ultérieure d’une dysplasie du coude.
🧬 Pourquoi prendre en compte l’ED1 dans la sélection ?
La dysplasie du coude possède une composante génétique.
Une étude menée en Allemagne par Janutta et coll., notamment sur le Berger allemand, avec la participation de B. Tellhelm, a permis d’évaluer la composante génétique de la dysplasie du coude et de montrer que les résultats de dépistage peuvent être pris en compte dans une démarche de sélection.
Une étude portant sur 2 645 Bergers allemands a ainsi estimé l’héritabilité de la dysplasie du coude à environ 0,18 ± 0,04.
Cela signifie que le statut des reproducteurs a une importance dans la gestion du risque à l’échelle d’une population.
📊 Nos propres données vont dans ce sens ->
Parmi les 159 chiens nés d’un parent ED1, 31 ont été dépistés.
Parmi eux :
• 24 étaient ED0
• 4 étaient ED1
• 3 étaient ED3
Cela représente 7 chiens dysplasiques sur 31 testés, soit 22,6 %.
À titre de comparaison, parmi les 3 411 chiots issus de deux parents ED0, 500 ont été dépistés :
• 452 étaient ED0
• 28 étaient ED1
• 6 étaient ED2
• 14 étaient ED3
Soit 48 chiens dysplasiques sur 500 testés, ou 9,6 %.
Dans notre population étudiée, la proportion de dysplasies observées parmi les chiens dépistés est donc plus de deux fois supérieure lorsque l’un des parents est ED1 : environ 22,6 % contre 9,6 %.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, car tous les chiens nés n’ont pas été dépistés et les populations étudiées ne sont pas parfaitement comparables.
Ils ne permettent donc pas de prédire le risque individuel d’un chiot.
Ils constituent néanmoins un élément supplémentaire venant appuyer notre démarche de sélection.
🛡️ Une décision de précaution pour préserver l’avenir de la race ->
L’interdiction de reproduire les ED1 ne signifie donc pas que nous considérons qu’un chien ED1 est « condamné » ou qu’il est nécessairement atteint d’une forme grave de maladie.
Notre position est une position de sélection.
Lorsqu’un chien présente une anomalie radiographique classée ED1, nous disposons d’une information que nous ne pouvons pas ignorer.
Nous savons également que la dysplasie du coude est une affection évolutive et que certaines lésions peuvent être difficiles à détecter précocement avec les seules radiographies conventionnelles.
Dans ce contexte, choisir de ne pas utiliser ces chiens pour la reproduction revient à appliquer un principe simple :
ne pas prendre volontairement un risque supplémentaire lorsque l’objectif est de diminuer progressivement la fréquence de la dysplasie dans la population.
Cette décision s’inscrit dans une démarche globale.
Le dépistage des reproducteurs est indispensable, mais il doit également être accompagné d’une analyse des lignées, des apparentés et, lorsque les informations sont disponibles, de la descendance.
La sélection ne consiste pas à rechercher des chiens « parfaits » sur un seul critère : elle consiste à utiliser toutes les informations disponibles pour prendre les décisions d’élevage les plus responsables possibles.
🎯 Notre objectif ->
L’objectif de l’UCFAS n’est pas de garantir qu’un chien ne développera jamais de dysplasie. Une telle garantie serait impossible.
Notre objectif est de réduire progressivement les facteurs de risque identifiables, d’améliorer les connaissances sur nos lignées et d’encourager les éleveurs à sélectionner leurs reproducteurs en s’appuyant sur des données de santé concrètes.
L’interdiction des ED1 à la reproduction depuis 2023 est donc avant tout un choix de prudence et de responsabilité envers les générations futures.
Parce qu’améliorer une race ne consiste pas seulement à sélectionner son apparence ou son caractère :
c’est aussi préserver sa santé, génération après génération ❤️🐶