03/09/2026
🚨 AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES À BOUT. VRAIMENT À BOUT. 🚨
Il y a des soirs où l’on se demande pourquoi nous continuons.
Pourquoi nous courons, jour après jour, soir, week-end et jours fériés, pour récupérer des animaux en détresse.
Pourquoi nos bénévoles prennent leur véhicule, leur temps, leur énergie, paient leur essence, passent des heures chez les vétérinaires, avancent des frais, dorment mal, s’inquiètent, pleurent parfois… pour sauver des animaux que certains humains ont laissé souffrir.
Et surtout… pour quel résultat ?
En ce moment, deux situations nous mettent particulièrement en colère.
🐕 Un jeune Malinois retrouvé avec un collier-chaîne profondément incrusté dans les chairs.
Un animal qui doit encore être anesthésié régulièrement pour recevoir des soins. Nous avons déposé plainte le 27 août pour maltraitance et négligence. Nous prenons en charge les soins. Et aujourd’hui, nous attendons toujours de savoir ce qui va être décidé concernant son devenir.
🐈 Et parallèlement, une ch**te Persane d’une dizaine d’années, récupérée dans un état effroyable, avec des plaies infectées et des asticots jusque sur le dos, est hospitalisée depuis plusieurs jours.
Dans les deux cas, nous faisons ce que nous savons faire : nous sauvons, nous soignons, nous payons, nous assumons.
Mais ensuite ?
Ensuite, nous dépendons de décisions administratives, judiciaires et professionnelles sur lesquelles nous n’avons parfois absolument aucune visibilité.
Et c’est là que notre colère devient immense.
Parce qu’aujourd’hui, nous avons parfois le sentiment que celui qui maltraite peut continuer sa vie tranquillement, tandis que ceux qui sauvent doivent se battre pour chaque animal.
Nous ne demandons pas de passe-droit.
Nous demandons simplement que les faits soient regardés sérieusement.
Que les éléments soient examinés.
Que les animaux soient considérés comme des êtres vivants sensibles et non comme de simples biens que l’on peut reprendre et remettre entre les mains de celui qui les a conduits à la souffrance.
Parce qu'il ne suffit pas de voter des lois en faveur de la protection animale.
Encore faut-il qu’elles soient réellement appliquées.
Et pendant ce temps, ce sont nos bénévoles qui encaissent.
La fatigue.
Les nuits courtes.
Les kilomètres.
Les factures.
La détresse des animaux.
Les images que l’on ne parvient plus à oublier.
Et cette terrible impression de devoir sans cesse recommencer.
Nos bénévoles sont épuisés. Certains sont au bord du burn-out. Certains se demandent même s’ils vont pouvoir continuer.
Ils aiment profondément les animaux.
C’est justement parce qu’ils les aiment qu’ils continuent.
Mais combien de temps peut-on tenir lorsque, malgré tout ce que l’on fait, on a parfois le sentiment que la protection de l’animal passe après tout le reste ?
Et puis il y a aussi la question des soins vétérinaires.
Nous avons la chance immense d’avoir, depuis près de 15 ans, une clinique qui nous accompagne et qui connaît notre association, notre fonctionnement et notre engagement. La Clinique de la Parade, à Aix-en-Provence, nous fait confiance. Nous y avons réglé plus de 170 000 € de factures au fil des années.
Chez eux, lorsqu’un animal arrive dans un état critique, la première question n’est pas systématiquement :
« Qui va payer ? »
La priorité, c’est l’animal.
Le soigner.
Le soulager.
Le sauver.
Et nous leur en sommes profondément reconnaissants.
Parce que c’est exactement ce que nous attendons de tous les professionnels auxquels nous confions des animaux en détresse : que la vie et la souffrance de l’animal soient au centre des préoccupations.
Nous ne disons pas que tous les vétérinaires sont les mêmes. Bien évidemment que non.
Mais nous constatons parfois une différence de prise en charge qui nous interroge profondément.
Quand un animal arrive dans un état critique, nous aimerions que sa souffrance soit la priorité avant toute considération financière.
Parce que ces animaux-là ne sont pas responsables.
Ils n'ont pas choisi d'être abandonnés.
Ils n'ont pas choisi d'être attachés pendant des heures.
Ils n'ont pas choisi d'avoir un collier qui s'enfonce dans leur cou.
Ils n'ont pas choisi d'être laissés avec des plaies infectées jusqu'à être infestés d'asticots.
Ils subissent.
Et nous, nous sommes là pour eux.
Alors oui, ce soir, nous sommes en colère.
Nous sommes fatigués.
Nous sommes écœurés de devoir toujours nous battre.
Nous sommes fatigués de devoir expliquer que derrière chaque dossier, chaque plainte, chaque réquisition, chaque facture, il y a un être vivant qui souffre.
Nous ne demandons pas qu'on nous donne raison systématiquement.
Nous demandons simplement que la parole de ceux qui interviennent, constatent, transportent, soignent et prennent financièrement en charge ces animaux soit entendue.
Nous demandons que les faits soient pris au sérieux.
Nous demandons que les décisions soient prises avec une véritable considération pour le bien-être de l’animal.
Et surtout…
NOUS DEMANDONS QUE L’ON SE RÉVEILLE.
Parce qu'un jour, les bénévoles finiront par ne plus avoir la force.
Et ce jour-là, qui ramassera ceux que plus personne ne veut voir ?
Qui prendra en charge les factures ?
Qui fera les kilomètres ?
Qui ouvrira sa porte au prochain animal massacré par l'indifférence humaine ?
Nous, nous continuerons tant que nous le pourrons.
Parce que nous ne savons pas abandonner un animal qui, lui, a déjà été abandonné par quelqu'un.
Mais ce soir, nous avons besoin de vous.
Pas seulement de dons.
Pas seulement de partages.
Nous avons besoin que la société comprenne que la protection animale ne peut pas reposer uniquement sur les épaules de quelques bénévoles épuisés.
Les animaux ont des droits.
Des lois existent.
Alors maintenant, il faut qu'elles soient respectées.
Pour eux.
Et pour tous ceux qui, chaque jour, se battent pour eux. ❤️
100TOITS — Cucuron