31/07/2026
🌾 𝐁𝐚𝐫𝐨𝐦𝐞̀𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐢𝐧𝐬 𝟐𝟎𝟐𝟔 🌾
Nouvelle année / nouveau printemps, nouvelles conditions climatiques.
🔥 Si notre été est marqué par des successions de canicules et une sécheresse intense qui ont un effet désastreux sur la végétation, les sols, les récoltes, et évidemment les organismes de manière générale, le début de printemps a été marqué, dans la majorité des régions, par des intempéries assez régulières qui ont permis une belle pousse de l’herbe.
🌦 Avec une météo variable au moment des récoltes, qui ont été plus ou moins précoces selon les régions (mais moins que l’année 2025 dans l’ensemble), on aura donc des fourrages ramassés relativement tôt (donc plutôt riches) mais qui ont pour beaucoup subi des épisodes pluvieux avant d’être rentrés (possible développement de mycotoxines avec des températures plutôt hautes), et d’autres fourrages qui ont été fauchés plus t**d (donc théoriquement un peu moins riches) mais plus secs.
🔬 Nous ne sommes qu’au début de cette saison d’analyses de fourrages, mais sur les (déjà) nombreux échantillons analysés, cela se traduit par :
📍 Des fourrages plutôt secs mais – à récolte équivalente l’année dernière – un peu moins verts et appétents dans certains cas.
📍 Des taux de sucre élevés pour certains, mais globalement moins élevés que certains extrêmes relevés en 2025.
📍 Des fourrages souvent un peu plus riches en énergie, mais encore une fois dans des proportions moins extrêmes qu’en 2025.
📍 Des taux de protéines qui restent plutôt bas, même si nous notons (pour l’instant) moins de fourrages vraiment très pauvres en protéines (mais il y en a).
📍 Des taux de calcium/phosphore/magnésium plutôt corrects, avec une légère tendance à la baisse cependant (lessivage des sols tout l’hiver ?).
📍 Des taux de fer/manganèse globalement moins excessifs que les années précédentes, très corrects pour certains (avec toujours des exceptions très hautes)
📍 Cuivre et zinc (mais aussi soufre) : rien ne change, ils sont toujours très bas, voire vraiment très bas !
➡ Les volumes de récoltes semblent corrects, mais il y aura très peu de deuxièmes coupes. Certains récoltants ont donc tendance à couper plus court, ce qui peut entraîner des contaminations à la terre et beaucoup de poussière.
➡ Il faudra anticiper les stocks, la repousse d’automne risque déjà d’être difficile pour les zones préservées et elle sera sûrement très difficiles pour de nombreuses zones pâturées et parfois mises à nu (avec des conséquences en termes de développement de plantes indésirables type porcelle enracinée).
➡ De même, les plantes toxiques et notamment le séneçon de Jacob ont pu arriver à maturité (ou en tout cas à des stades plus avancés) plus tôt et représenter, pour les parcelles non gérées, des volumes plus importants dans les récoltes. S’il est évident qu’il faut utiliser des foins sans séneçon, la réalité sur le terrain est souvent moins simple …
⚠ Il ne s’agit ici que de tendances générales, qui peuvent varier d’une zone à l’autre, selon la météo, les sols, les variétés de graminées, les conditions de récoltes, etc. Mais ces tendances sont précieuses pour ceux ne pouvant pas faire analyser leur fourrage.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐢𝐭 :
➡ Les chevaux sensibles aux sucres devront être surveillés de près encore cette année (en 2025/2026, beaucoup de chevaux qui arrivaient à maigrir pendant la période au foin sont sortis déjà très gros de l’hiver) : rappelons qu’un foin pour cheval SME ne devrait pas dépasser plus de 100g de sucre par kilo de matière sèche (10%).
En 2025, nous étions sur des fourrages autour de 12 voire 16% alors que l’on était plutôt sur une moyenne de 7 ou 8% en 2024.
En 2026, les analyses indiquent fréquemment des valeurs entre 100 et 140g, avec quelques exceptions au-dessus, et heureusement des valeurs entre 70 et 80 de façon plus régulière.
Note : La restriction en quantité peut entraîner un manque de protéines également pour ces chevaux à faibles besoins malgré leur capacité à bien les assimiler.
➡ Les chevaux à forts besoins en énergie risquent d’être encore plus impactés qu’en 2025.
Le manque d’herbe précoce a mis à mal les organismes des chevaux âgés, des poulinières, et parfois de certains jeunes en les faisant puiser bien trop tôt dans ce qui devrait être leurs réserves pour la saison automne/hiver. Il faut donc compenser avec du foin (ce qui a parfois été fait un peu t**d), et les foins de 2025 et 2026 sont loin de faire les mêmes apports qu’une herbe de printemps.
🔴 On observe donc un risque de perte de masse musculaire en premier lieu, dégradation de la qualité des tissus (peau, tendons, mauvaise cicatrisation), fatigue, moins bonne synthèse de nombreuses hormones qui ont besoins d’acides aminés (qui composent les protéines), etc. qui se cumule parfois avec de la déshydratation, un manque de mouvement, etc.
✅ Une complémentation en qualité et quantité plus importante qu’à l’accoutumée (comprendre : mettre en place une ration équivalente ou presque à la ration d’hiver) est indispensable dès maintenant, particulièrement pour les chevaux au travail, les chevaux âgés et les chevaux d’élevage.
Dans certains cas, avoir recours à un (excellent !!) enrubanné peut devenir une solution pour augmenter les apports via le fourrage.
🟧 Petit point sur l’état actuel de l’herbe : les minéraux et oligo-éléments bougent assez peu dans les fourrages, qu’ils soient cuits sur pied ou non (donc on a toujours plus ou moins les mêmes carences et excès que l’herbe soit jaune ou verte). Toutefois, les vitamines et oméga 3 eux sont très sensibles à l’état de l’herbe. Actuellement, il convient donc de complémenter les chevaux qui seraient encore à l’herbe, comme s’ils étaient au foin (vitamine A, E, D et oméga 3 notamment).
N’hésitez pas à nous parler de vos récoltes en commentaires, savoir si elles sont visiblement dans la tendance ou font plutôt exception 💬